2007 log (9)

(3 Sept) Ben X (2007, Nic Balthazar) 82
[ Grand Prix des Amériques au dernier Festival des films du monde de Montréal, ce premier long métrage de l’ancien critique de cinéma Nic Balthazar raconte l’histoire de Ben, un adolescent autiste (bouleversant Greg Timmermans) qui vit replié sur lui-même, sensible (souvent à l’excès) à ce qui l’entoure mais incapable d’y interagir “normalement”. Pire, comme ce semble être le cas dans toutes les écoles du monde, ceux qui sont différents sont souvent cruellement harcelés et ridiculisés par les autres jeunes, et Ben ne fait malheureusement pas exception. Balthazar nous fait partager de façon presque insoutenable l’angoisse et la frustration que ressent l’adolescent face à sa difficulté – et surtout celle des autres – à accepter son état. L’autre élément extraordinaire de Ben X est l’utilisation des codes et de l’esthétique des jeux vidéo. D’autres films ont déjà accompli cela avec brio auparavant, notamment Run Lola Run, mais il est plus audacieux de le faire dans un drame que dans un film d’action. De plus, ce n’est pas un exercice de style gratuit: le coeur du récit se trouve dans l’échappatoire que trouve Ben en évoluant dans l’univers virtuel d’ArchLord, où il peut non seulement être qui il veut, mais aussi devenir un héros et gagner le respect et l’amour d’une princesse. Le plus intéressant est que même quand Ben ne joue pas, Balthazar continue d’incorporer des images du jeu, qui reflètent ce que Ben vit à chaque moment.
Autant sur le plan de la thématique que de la forme, Ben X impressionne et surprend. À ne pas manquer! ]

(3 Sept) The Short Life of José Antonio Gutierrez (2007, Heidi Specogna) 60
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(4 Sept) Goya’s Ghosts (2007, Milos Forman) 64
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(4 Sept) Le voyage d’une vie (2007, Maryse Chartrand) all my sympathies
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(5 Sept) Still Life (2007, Jia Zhang-ke) 67
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(5 Sept) The Brothers Solomon (2007, Bob Odenkirk) 2
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(10 Sept) The Brave One (2007, Neil Jordan) 47
[ This is basically a Steven Seagal vigilante flick, only with a female protagonist played by Jodie Foster which, granted, makes this a more emotional piece. She plays a radio host who, after being beaten and left for dead by thugs, buys herself a gun and goes on a killing spree of criminals. Numerous apparent lifts from “Taxi Driver” (the black market gun seller, the liquor store attack which gives her a chance to shoot a mofo for the first time, the attempt to rescue a whore, the chance meeting with an authority figure, the bloody climax followed by a series of overhead shots, etc.) and what seems like an allegory for post-9/11, Iraq-“liberating” America (attack-> fear/paranoia -> questionable violent retaliation) are intriguing, but the movie still often goes for the cheap thrills. And what’s with the racist undercurrent, which has the Aryan Foster wasting away black gangbangers, Latino cholos and shady Arab fellas? Then again, her boyfriend is Indian and she cosies up with a black cop (played by the always engaging Terrence Howard), so I guess this isn’t a fascist wet dream. Or is it? ]

(11 Sept) Across the Universe (2007, Julie Taymor) 83
[ En 1978, les Bee Gees et Peter Frampton tiennent la vedette dans Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, une comédie musicale inspirée de la musique des Beatles. Le film s’avère un échec retentissant sur presque tous les plans. Une trentaine d’années plus tard, voici que Julie Taymor (Titus, Frida) tente une expérience similaire, heureusement avec beaucoup plus de succès. Across the Universe raconte l’histoire de Jude (Jim Sturgess), un artiste de Liverpool qui se rend en Amérique pour retrouver son père, mais qui y découvre plutôt l’amour auprès de Lucy (Evan Rachel Wood), une adolescente idéaliste. Les deux tourtereaux emménagent dans une commune avec des musiciens (dont Dana Fuchs et Martin Luther McCoy en émules de Janis Joplin et Jimi Hendrix), où ils font l’expérience de l’effervescence des années soixante. Mais lorsque le frère de Lucy, Maxwell (Joe Anderson), est appelé à aller combattre au Viêt Nam, ils perdent rapidement leurs illusions. Tous ces développements passent à travers les chansons des Beatles, ce qui se fait de façon très naturelle, car après tout, elles ont en grande partie défini leur époque. Ce ne sont évidemment pas les hymnes à l’amour qui manquent (If I Fell, All You Need Is Love), ni les pièces faisant écho aux bouleversements sociaux (Come Together, Revolution). En fait, leur répertoire est si riche qu’il en vient presque à faire basculer le film. La plupart du temps, les numéros musicaux font avancer le récit et révèlent la vie intérieure des différents personnages. Mais à l’occasion, particulièrement lors du long passage psychédélique (I Am the Walrus, For the Benefit of Mr. Kite), on a l’impression que toute considération narrative est évacuée et que les chansons ne font plus que s’aligner aléatoirement. Toutefois, même à ces moments, Across the Universe demeure visuellement éblouissant, Taymor faisant preuve d’une inventivité apparemment intarissable à la fois en ce qui a trait aux techniques cinématographiques mais aussi à la scénographie et aux chorégraphies, ce qui nous rappelle qu’elle a débuté comme metteur en scène sur Broadway. D’autre part, l’interprétation et les arrangements des chansons des Beatles sont souvent surprenants, comme dans le spectacle Love du Cirque du Soleil. Enfin, les fans du Fab Four s’amuseront à repérer les innombrables clins d’oeil à son oeuvre et sa carrière. ]

(11 Sept) Un cri au bonheur (2007, 11 directors) hit and miss, but when it hits, whoa
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(14 Sept) In the Shadow of the Moon (2007, David Sington) 80
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(14 Sept) Death Proof (2007, Quentin Tarantino) [ review ] 93

(15 Sept) A History of Violence (2005, David Cronenberg) [ review ] 93

(17 Sept) Le Ring (2007, Anaïs Barbeau-Lavalette) 66
[ La ligne est mince entre réalisme brut et misérabilisme mais, dans l’ensemble, cette production de l’INIS tombe dans la première catégorie. Racontant sans fla-fla le quotidien d’un garçon d’Hochelaga-Maisonneuve qui rêve de devenir lutteur professionnel, Le Ring s’apparente à un film des frères Dardenne. Les idées exprimées dans le scénario ne sont pas toujours abouties, mais la mise en scène d’Anaïs Barbeau-Lavalette et le jeu des comédiens (surtout le jeune Maxime Desjardins-Tremblay) sont admirablement naturels. ]

(18 Sept) Commando – Director’s Cut (1985, Mark L. Lester) [ review ] 100

(19 Sept) December Boys (2007, Rod Hardy) 32
[ Daniel Radcliffe ain’t a kid no more. We’ve seen him grow up from film to film, now here he is in his first post-“Harry Potter”, non-fantasy role. “December Boys” has Radcliffe playing the eldest of four orphans from the Australian Outback who are sent on vacation to a coastal village, where they discover the adult world, girls and disillusion. This coming-of-age story is rather trite and generic, like “Les choristes” minus the songs. It’s nicely helmed and watchable enough, but instantly forgettable. And despite the fact that he gets to make out with and finger Teresa Palmer, Radcliffe doesn’t break his image of a harmless nice boy too much. ]

(20 Sept) Brand Upon the Brain! (2007, Guy Maddin) 74
[ Maladie, vengeance, inceste, ballet, hockey, avortement, bière, résurrection… Bienvenue dans l’univers de Guy Maddin. Étant originaire de Winnipeg, on peut imaginer que ses films apparaissaient comme de véritables ovnis quand il a commencé à y tourner au milieu des années 1980. Avec Brand Upon the Brain!, Maddin persiste et signe, continuant de développer sa vision singulière sans se soucier du goût du jour. Le film se déroule sur une île dont le phare est aussi un orphelinat, dirigé par une femme autoritaire (Gretchen Krich) et son mari (Todd Jefferson Moore), un scientifique affairé à de mystérieuses expérimentations. Un jour, Wendy (Katherine Scharhon), une adolescente détective déguisée en garçon, y vient pour enquêter sur la nature des trous que tous les orphelins ont derrière la tête et, un peu malgré elle, séduit la fille (Maya Lawson) et le fils (Sullivan Brown) des directeurs de l’orphelinat. Élément non négligeable, le fils s’appelle… Guy Maddin. De fait, malgré tous les éléments fantaisistes qu’il renferme, Brand Upon the Brain! est un film autobiographique. Regorgeant de trouvailles surprenantes et alternant entre candeur et cruauté, Brand Upon the Brain! s’apparente à un conte des frères Grimm, ce qui s’applique aussi aux jeunes années de Maddin. La facture visuelle de Brand Upon the Brain! est, comme c’est généralement le cas chez Maddin, inspirée du cinéma muet (noir et blanc, intertitres, effets d’iris). D’ailleurs, lors des premières représentations, le film était présenté sans aucune bande sonore préenregistrée, l’accompagnement musical, la narration et le bruitage étant performés en direct. Mais même sans toute cette mise en scène, Brand Upon the Brain! demeure une expérience cinématographique fascinant. ]

(21 Sept) Shake Hands with the Devil (2007, Roger Spottiswoode) 69
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(23 Sept) Commando – Director’s Cut (1985, Mark L. Lester) [ review ] 100

(24 Sept) Into the Wild (2007, Sean Penn) 88
[ Dans une des scènes de Five Easy Pieces, le personnage de Jack Nicholson rencontre une autostoppeuse désirant s’exiler en Alaska parce qu’elle veut vivre dans un environnement plus propre, c’est-à-dire moins empoisonné par l’industrialisation et la surconsommation. En 1992, un jeune homme du nom de Christopher McCandless a entrepris de faire la même chose, pour sensiblement les mêmes raisons. Avec seulement une carabine, de l’équipement de camping et quelques bouquins, il s’est rendu dans un coin inhabité de l’état arctique et y a vécu pendant des mois, isolé du reste du monde. Son expérience a inspiré Into the Wild, un livre de Jon Krakauer basé sur le journal que McCandless a tenu pendant ses aventures, et maintenant ce film, réalisé par Sean Penn et mettant en vedette Emile Hirsch. Ce dernier, même s’il est souvent seul à l’écran, capture toujours notre attention avec sa vivacité et la façon dont il gère l’ambiguïté de son personnage, qu’on sent sincère dans sa volonté d’effectuer un retour à la nature, mais qui semble aussi vouloir désespérément fuir un passé orageux et un avenir étouffant. Quelques flashbacks de son enfance, alors que sa soeur (Jena Malone) et lui observaient tristement les incessantes disputes entre leurs parents (William Hurt et Marcia Gay Harden), en disent long à cet égard. Le scénario de Penn est habilement construit de façon non chronologique, alternant entre la découverte par McCandless des périls de la vie en région sauvage lors de son ermitage en Alaska, et les deux années passées préalablement à vagabonder à travers l’Amérique. Ceci donne lieu à toute une variété de nouvelles expériences et de personnages colorés, alors qu’on voit celui qui s’était rebaptisé Alexander Supertramp (!) se lier d’amitié avec un couple de hippies (Catherine Keener et Brian Dierker), travailler avec un fermier (Vince Vaughn) au Dakota, se rendre jusqu’au Mexique en kayak, vivre une amourette avec une adolescente (Kristen Stewart) dans un camp de roulottes dans le désert du Colorado, crécher avec un militaire à la retraite (Hal Holbrook), et ainsi de suite. Porté par les chansons d’Eddie Vedder, Into the Wild est un film riche et lyrique, avec lequel Penn s’impose plus que jamais comme un véritable cinéaste et non pas juste un “acteur qui réalise”. ]

(26 Sept) The Kingdom (2007, Peter Berg) 28
[ After a terrorist attack in which a number of Americans are killed, four FBI agents go to Saudi Arabia, but they’re constantly blocked by the local police and by their own superiors. Hence, nothing happens for nearly half the movie, which is made particularly dull by the fact that the agents played by Jamie Foxx, Jennifer Garner, Chris Cooper and Jason Bateman are all non-characters. Even once they manage to start their investigation, it’s still boring; as it’s been assessed elsewhere, beyond the exotic locale, this is as generic and inconsequential as an episode of CSI. The last act is more explosive, literally, with a lot of shit blowing up, shoot-outs, fights and a car chase. But while technically efficient, the action scenes aren’t extraordinary or anything (a Bourne flick this isn’t) and, most damningly, it feels like they’re milking the violent mayhem in the Middle East for cheap thrills, like “Team America: World Police” minus the satire. ]

(26 Sept) Hotel Chevalier (2007, Wes Anderson) 79
[ Part of the Directors Series ]

(27 Sept) We Own the Night (2007, James Gray) 77
[ Bobby (Joaquin Phoenix) gère le El Caribe, un club de Brooklyn appartenant à un riche importateur russe (Moni Moshonov) dont le neveu (Alex Veadov) est impliqué dans le trafic de narcotiques. Cela n’inquiète pas trop Bobby, jusqu’à ce que la police s’en mêle et fasse une descente au club. Surtout que le commissaire est son père (Robert Duvall), et l’officier en charge de l’enquête, son frère (Mark Wahlberg). Bobby se retrouve donc pris entre deux feux, déchiré entre sa loyauté envers son entourage peu recommandable et la force des liens du sang. We Own the Night est en quelque sorte une version inversée de The Godfather. Plutôt que de présenter un protagoniste qui, comme Michael Corleone, tente de faire sa vie hors du milieu criminel dans lequel baigne sa famille mais réalise qu’il est impossible d’y échapper, le film de James Gray (Little Odessa, The Yards) s’intéresse à un homme issu d’un clan de policiers dont il tente de s’éloigner autant que possible, mais que les évènements poussent à joindre à nouveau. De surcroît, comme le chef-d’oeuvre de Coppola (dont faisait d’ailleurs partie Duvall), We Own the Night est avant tout un drame familial, que les scènes d’action, aussi intenses soient-elles (la scène du laboratoire de cocaïne et la poursuite de voitures sous une pluie battante sont particulièrement mémorables), ne viennent que ponctuer. Le coeur du film est la rivalité entre les deux frères, l’un ayant suivi les traces de leur père, et l’autre ayant fait son propre chemin, au risque de s’égarer. Le scénario de Gray ne les étiquette pas comme étant le “bon fils” et le “mauvais fils”, choisissant plutôt de montrer comment tous deux évoluent dans des zones grises. Le récit est habité par un sentiment de fatalité, la vie de presque tous les personnages étant en danger à travers le film. Et comme c’est généralement le cas, chaque acte de violence en engendre un autre, ce qui crée un climat très tendu, flics et bandits surveillant constamment leurs arrières en attendant le prochain coup d’éclat du côté adverse. Sans réinventer le genre ni éviter les clichés, We Own the Night demeure un film policier bien ficelé. ]

(28 Sept) Les plus beaux yeux du monde (2007, Charlotte Laurier) 14
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(29 Sept) Notes on a Scandal (2006, Richard Eyre) 71
[ Somehow hadn’t seen this one until one. It is indeed a pretty great yarn, with impeccable performances from Judi Dench and Cate Blanchett, but it’s not quite the bitchy fun I was expecting. It’s actually mostly sad, the story of a lonely old lesbian spinster who tries to find companionship in all the wrong ways, and a younger woman who has a happy enough family life but who for some reason still feels the need to compromise it all for a little bit of teen hunk ass. Basically, it’s less “All About Eve” than “The Hours”… or maybe it’s just the Philip Glass score that’s giving me that impression? One way or the other, good show. ]

August / October