2008 log (1)

(1 Jan) Back to the Future part II (1989, Robert Zemeckis) 69
[ Part of the Directors Series ]

(1 Jan) My Kid Could Paint That (2007, Amir Bar-Lev) 85
[ Du jour au lendemain, une artiste passe de l’anonymat à une renommée internationale, les collectionneurs se bousculant pour acheter ses toiles. Rien de si extraordinaire là-dedans, sauf que l’artiste en question, Marla Olmstead, a 4 ans! En plus de documenter l’incroyable montée vers la gloire de la jeune prodige, My Kid Could Paint That offre une fascinante réflexion sur l’art moderne, sur la façon dont certains parents vivent à travers leur enfant et sur la manière dont les médias créent des stars puis les font dégringoler de leur piédestal. Par ailleurs, l’évolution de l’affaire influence la nature même du film d’Amir Bar-Lev, qui en vient à se questionner sur ses propres motivations, déchiré entre le lien de confiance développé avec ses sujets et son désir d’aller au fond des choses. ]

(2 Jan) The Godfather (1972, Francis Ford Coppola) [ review ] 100 [ previously: 95 ]

(3 Jan) The Godfather part II (1974, Francis Ford Coppola) [ review ] 86

(6 Jan) Boogie Nights (1997, Paul Thomas Anderson) [ review ] 91

(7 Jan) La belle empoisonneuse (2008, Richard Jutras) 46
[ Lorsqu’il était gamin, Homère Angelopoulos Lacroix (Maxime Denommée) a reçu de son père un livre regroupant les tragédies de Sophocle. Maintenant âgé de 25 ans, il ne s’est jamais vraiment remis de l’impact qu’ont eu ces souvent malsaines histoires d’amour, de trahison et de meurtre sur son jeune esprit. Ainsi, lorsque son chemin croise un jour celui de la belle Roxane (Isabelle Blais), l’esprit de ses lectures se retrouve à influencer sa propre existence… Avec son étourdissant mélange des genres et les tournures ésotériques de son intrigue, La Belle Empoisonneuse ne fera sûrement pas l’unanimité. Or, c’est justement ce côté éclaté qui donne au film de Richard Jutras son charme. Sans être parfaitement réussie, cette tragicomédie romantique a au moins le mérite d’être originale et de prendre des risques, au lieu de se contenter de recycler des clichés éculés. En plus de jouer avec certains éléments des tragédies grecques et de l’oeuvre et la vie de Dostoïevski, Jutras multiplie les références à la mycologie. Les champignons jouent ainsi un rôle important dans le récit, que ce soit ceux qui empoisonnent ou ceux qui font halluciner. L’ensemble du film semble d’ailleurs parfois se dérouler sous l’influence des champignons magiques, à commencer par la séquence d’ouverture, qui nous montre Homère étant transporté d’urgence en ambulance alors qu’il pleut du sang sur la ville de Québec! Si la première scène du film est visuellement saisissante, elle introduit par contre aussi l’insistante narration en voix hors champ qui, bien qu’occasionnellement distrayante, s’avère en général plus agaçante qu’enrichissante. A-t-on vraiment besoin de se faire prendre par la main et tout expliquer en détail? Quand Homère a le coup de foudre pour Roxane, par exemple, les images et le langage corporel des acteurs suffisent pourtant à nous le faire comprendre; que la narration le souligne est superflu. Parlant des comédiens, la chimie entre ces derniers compense grandement les quelques maladresses de ce premier long métrage. Maxime Denommée et Isabelle Blais, en plus d’être charismatiques, communiquent bien le caractère nébuleux de leurs personnages, qui ne révèlent leur vraie nature qu’au compte-gouttes. Dans le rôle du beau-père de Roxane, Benoît Gouin, le fameux “Michel Gauvin-Mike Gauvin” de Québec-Montréal, offre aussi une performance plus complexe qu’elle n’en a l’air initialement. Soulignons enfin l’hilarante apparition de Robert Lepage en humoriste déchu et amer, un coup de casting génial. ]

(7 Jan) There Will Be Blood (2007, Paul Thomas Anderson) [ review ] 95

(8 Jan) 27 Dresses (2008, Anne Fletcher) 18
[ Reviewed for Voir ]

(9 Jan) De l’autre côté du pays (2008, Catherine Hébert) 70
[ Récipiendaire du Prix du public aux dernières Rencontres internationales du documentaire, ce film de Catherine Hébert lève le voile sur un coin du monde vers lequel trop peu de regards sont dirigés, malgré la crise humanitaire s’y déroulant depuis 20 ans. Filmé de façon clandestine, De l’autre côté du pays présente le drame qui perdure en Ouganda du Nord de l’intérieur, à travers les bouleversants témoignages des individus qui le vivent au quotidien. La caméra, alerte, saisit autant l’horreur de la situation que la beauté du pays et des gens. Ne faisant pas usage de narration, le film comporte plusieurs passages purement visuels, Hébert étant consciente que les images sont souvent plus évocatrices que les paroles. Les brefs extraits de discours du président Museveni, qui puent la mauvaise foi, confirment cette idée. ]

(9 Jan) In the Name of the King: A Dungeon Siege Tale (2008, Uwe Boll) [ review ] 2

(12 Jan) Assassins: A Film Concerning Rimbaud (1985, Todd Haynes) 44
(12 Jan) Superstar: The Karen Carpenter Story (1987, Todd Haynes) 71
(12 Jan) Dottie Gets Spanked (1993, Todd Haynes) 67
[ Part of the Directors Series ]

(14 Jan) definitely, maybe (2008, Adam Brooks) 65
[ Exaspéré par les questions insistantes de sa fille Maya (Abigail Breslin) sur la façon dont il a connu sa mère, Will (Ryan Reynolds) accepte enfin de le lui raconter, mais en changeant les noms et en la mettant au défi de deviner qui est sa maman dans son histoire. C’est que, pendant la majeure partie des années 90, Will a été déchiré entre trois femmes allant et venant continuellement dans sa vie, l’une après l’autre et parfois simultanément. Definitely, Maybe est donc en quelque sorte une comédie romantique à relais, doublée d’un mystère et d’un brin d’autoréférence, la mécanique du récit dans le récit étant ouvertement commentée par la petite Maya. Évidemment, même si un film relève ses propres clichés, ceci ne change pas le fait que ce sont des clichés… L’autre élément qui distingue Definitely, Maybe est que la période pendant laquelle on suit les déboires amoureux de Will, de 1992 à 1998, est marquée par la présidence de Bill Clinton. Et ceci n’est pas qu’un détail, mais bien un point de référence qui revient tout au long du film. En 1992, Will travaille pour la campagne du futur président; en 1994, il organise un souper où Clinton est l’invité d’honneur; et en 1998, il est désillusionné par l’affaire Monica Lewinsky. Ceci donne lieu à plusieurs gags mordants et toujours d’actualité. Dans le rôle central, Ryan Reynolds s’en tire assez bien, mais ce sont assurément (pas de peut-être ici!) les femmes incarnant les trois amours de Will qui font la plus vive impression. Adam Brooks (The Invisible Circus) n’est pas le plus extraordinaire des cinéastes, mais il fait preuve d’un goût impeccable pour les actrices. Rachel Weisz, Isla Fisher et Elizabeth Banks sont en effet toutes trois irrésistibles, ce qui contribue grandement à mêler les cartes et à faire en sorte qu’on ne sait plus trop avec qui le protagoniste devrait finir. Considérant à quel point les comédies romantiques sont habituellement prévisibles, ceci n’est pas négligeable. Par ailleurs, Abigail Breslin est presque aussi amusante et touchante qu’elle l’était dans Little Miss Sunshine et, dans le rôle d’un écrivain hédoniste qui croit pouvoir apprendre à Will ce qu’est un vrai homme, Kevin Kline donne au film plusieurs de ses meilleurs moments. Un film parfait pour une sortie d’amoureux. ]

(16 Jan) The Edge of Heaven (2008, Fatih Akin) 68
[ Tour à tour, six personnages prennent l’avant-scène: Ali (Tuncel Kurtiz), un Turc veuf et retraité qui s’occupe en allant aux courses et aux putes; Yeter (Nursel Köse), une prostituée qui accepte d’emménager avec le vieil homme mais ne veut pas devenir sa possession; le fils d’Ali, Nejat (Baki Davrak), professeur dans une université allemande; la fille de Yeter, Ayten (Nurgül Yesilçay), membre d’un groupuscule qui conteste le gouvernement turc; Lotte (Patrycia Ziolkowska), une Allemande lesbienne qui s’éprend d’Ayten et est prête à tout pour elle; et la mère de Lotte, Susanne (Hanna Schygulla), qui se retrouve impliquée malgré elle dans tous ces chassés-croisés. Ouf!
Surchargé est un euphémisme en ce qui concerne De l’autre côté, un film qui déborde d’idées intéressantes, d’émotions à vif et de rebondissements inattendus, mais qui manque sérieusement de ligne directrice. Prises une à une, les différentes intrigues sont généralement captivantes, grâce à la mise en scène assurée de Fatih Akin et à la qualité de l’interprétation. Mais à tenter d’inclure trop d’éléments dans son scénario, le cinéaste en brouille le propos et en dilue quelque peu l’impact. ]

(16 Jan) Cloverfield (2008, Matt Reeves) 57
[ Part “Godzilla” knockoff, part 9/11 allegory, with a touch of urban apocalypse cinema (“End of the Line”, “Mulberry Street”) and a whole lot of “Blair Witch Project”: quite a tall order! I dug the simple but effective character set-up, there are some good scares and the found footage gimmick mostly works… Mostly. I mean, intellectually, I appreciated what they were going for but, sometimes, I wished I could actually see what was going on, you know? Ultimately, I’ll always be more of a “Sixth Sense” guy than a “Blair Witch” guy and, as far as post-9/11 disaster movies go, I much prefer Spielberg’s masterful mise en scène in “War of the Worlds” to Reeves’ more enjoyable in theory than in practice approach here. ]

(17 Jan) Imitation (2008, Federico Hidalgo) 64
[ Reviewed for Voir ]

(18 Jan) As You Like It (2007, Kenneth Branagh) 88
[ If you’ve always thought Shakespeare’s plays could use some ninjas, kung fu and sumo wrestling, this is the movie for you! Seriously, Branagh’s transposition of this classic pastoral comedy to 19th century Japan works surprisingly well. The writing, of course, is brilliant, with endlessly fascinating wordplay and wonderfully intricate storytelling, and it all extraordinarily comes alive here. Branagh’s brilliantly confident direction has to be praised for that, but also the casting of two of my favorite actresses, Bryce Dallas Howard and Romola Garai, who are joined by the very enjoyable Kevin Kline and Alfred Molina, plus the powerful David Oyelowo and Brian Blessed. What a treat! ]

(21 Jan) Borderline (2008, Lyne Charlebois) 69
[ Entrevues pour Voir ]

(22 Jan) Les chansons d’amour (2007, Christophe Honoré) 75 [ first viewing: 70 ]
[ N’est-il pas ravissant de voir deux personnes unir leurs voix pour exprimer leur amour? Pas selon nombre de cinéphiles qui semblent accepter tous les artifices du cinéma, mais qui rechignent dès qu’un acteur ouvre la bouche pour chanter. Par conséquent, on aura beau vanter les mérites des Chansons d’amour avec tout l’enthousiasme du monde, si vous êtes d’emblée allergique aux comédies musicales, vous n’y trouverez pas votre compte. Pivotant d’abord autour d’un ménage à trois (entre le charmant Louis Garrel, l’adorable Ludivine Sagnier et la rigolote Clotilde Hesme) et semblant plutôt léger, voire inconséquent, le scénario de Christophe Honoré comporte plusieurs revirements inattendus et s’avère beaucoup plus complexe émotionnellement qu’on ne l’aurait cru. De même, la mise en scène, faussement nonchalante, est en fait calibrée avec soin et Honoré jongle avec les tons avec une aisance impressionnante, relevant la mélancolie qui peut se cacher derrière les moments de joie et l’humour qui vient à l’occasion alléger les grandes tristesses. Se déployant dans un Paris nuageux mais lumineux, le film multiplie par ailleurs les clins d’oeil à la Nouvelle Vague, tout en demeurant franchement contemporain. Enfin, il y a ces fameuses chansons d’amour, composées par Alex Beaupain, qui se marient parfaitement aux chassés-croisés sentimentaux du récit. Peut-on résister à Je n’aime que toi chantée par le trio Garrel-Sagnier-Hesme, aux différentes pièces interprétées par le mignon Grégoire Leprince-Ringuet ou à Chiara Mastroianni murmurant la touchante Au parc? Probablement, mais ce serait bien dommage. ]

(23 Jan) Le scaphandre et le papillon (2007, Julian Schnabel) 84
[ A lot has been written about this film already, from when it premiered at Cannes almost a year ago to this week, when it was nominated for three Oscars: Best Adapted Screenplay, which is well deserved, Best Direction, mos def, and Best Cinematography, which it MUST win! I mean, Schnabel put it all together and he had a great script to work with, plus I loved star Mathieu Amalric and his beauties (Marie-Josée Croze, Emmanuelle Seigner, Marina Hands, Anne Consigny, etc.), but the visuals! You probably know that the movie’s about the true story of this man who got struck with locked-in syndrome, i.e. being fully intellectually aware but paralysed from head to toe, save for one eye. For the longest time (I might be way off, but it felt like half the movie), we’re locked in along with him and can only see what he does from that left eye. This sounds maddeningly claustrophobic, which it is, and boring, which it’s nothing but. In fact, it’s some of the most fascinating use of the camera I’ve ever seen because, on top of fitting the subject perfectly, it fascinatingly reflects the nature of cinematography itself, as the limited point of view of the protagonist mirrors the limited point of view of a camera, people having to move into the frame so he (we) can see them, his blinking acting a bit like editing… It’s brilliant, I tell you. Eventually (halfway through?), the film starts to let go of this singular POV and goes for more conventional shot composition, moving around the hospital room and other locations, and there are a bunch of extended flashbacks, too. It remains compelling and well crafted, it’s just not as extraordinary… But this is a small complaint, “Le scaphandre et le papillon” remains a must-see. And give cinematographer Janusz Kaminski the Oscar! ]

(24 Jan) Rambo (2008, Sylvester Stallone) [ review ] 75

(26 Jan) The Queen (2006, Stephen Frears) 61
[ How the hell did this get nominated for Best Picture last year? Sure, Helen Mirren’s brilliant and there are a few interesting or amusing tidbits about the peculiar ways the Royal Family behaves… But the story is as thin and inconsequential as it gets, hinging on the blown out of proportion tragedy of Princess Diana’s death and the ridiculous controversy surrounding the Queen’s non-response to it. Worse, this is shot like the most generic TV movie. So yeah, worth seeing only for Mirren’s performance. ]

(27 Jan) Kurt Cobain – About a Son (2007, AJ Schnack) 67
[ Figure mythique de la génération X, Kurt Cobain continue à ce jour d’incarner le mal de vivre pour ses contemporains. Par sa musique, le chanteur et guitariste de Nirvana offrait un défouloir collectif, où le cynisme côtoyait la sincérité et où toutes les frustrations pouvaient être exprimées haut et fort, comme un cri primal. Déjà le sujet de spéculations diverses de son vivant, l’existence de Cobain a été entièrement livrée aux lions après son suicide en 1994, tous pouvant l’interpréter comme bon leur semble. Kurt Cobain – About a Son permet en quelque sorte à celui qui chantait Smells Like Teen Spirit de faire taire les rumeurs et de raconter lui-même son histoire d’outre-tombe. Pour créer cette illusion, le réalisateur AJ Schnack (Gigantic: A Tale of Two Johns) a entièrement construit son film à partir d’extraits des 25 heures d’entrevues que Cobain a données en 1992 et 1993 à Michael Azerrad, qui en a tiré le livre Come As You Are: The Story of Nirvana. Ces enregistrements audio n’étant pas originellement destinés à être diffusés publiquement, le défunt musicien s’y confie comme on l’a rarement entendu le faire, lui qui préférait souvent adopter une attitude blasée ou antagoniste face aux médias. On se retrouve donc plongés presque directement dans la psyché de Cobain, dont les propos sont parfois troublants ou confus, mais toujours fascinants. À travers ses propres mots, on redécouvre le parcours de cet enfant du divorce, devenu adolescent inadapté puis musicien anticonformiste, et star planétaire malgré lui. Cobain se remet constamment en question et on sent la souffrance qui l’habite, non seulement celle dérivée de ses maux de ventre chroniques et de sa dépendance à l’héroïne, mais aussi, et surtout, celle reliée à un perpétuel sentiment d’aliénation qui, on présume, l’a mené à vouloir quitter ce monde. Pour illustrer les paroles de Cobain, Schnack a choisi une approche impressionniste, se rendant dans les différentes villes où le musicien a évolué (Aberdeen, Olympia, Seattle) et filmant des images évocatrices et hypnotiques, un peu comme celles de Koyaanisqatsi. On peut regretter l’absence de chansons de Nirvana (la trame sonore regroupe plutôt des bands ayant influencé Cobain), mais Kurt Cobain – About a Son demeure un incontournable pour les fans de l’artiste. ]

(29 Jan) Americano (2007, Carlos Ferrand) 80
[ Reviewed for Voir ]

(31 Jan) Tout est parfait (2008, Yves Christian Fournier) 89
[ Après le suicide de ses quatre meilleurs amis, Josh (Maxime Dumontier) se retrouve seul à faire face aux aléas de l’adolescence dans une banlieue industrielle anonyme. Peu réceptif aux tentatives insistantes de ses parents (Claude Legault et Marie Turgeon) et du psychologue de l’école (Pierre-Luc Brillant) de le faire s’ouvrir à eux, Josh trouve toutefois un certain réconfort dans les bras de sa camarade de classe Mia (Chloé Bourgeois)… Malgré la lourdeur du sujet, Tout est parfait n’est pas assommant. Triste, certes, mais aussi lumineux, chaleureux… Vivant. Bref, Tout est parfait ne s’attarde pas tant à la mort qu’à la beauté, l’amour, l’espoir, toutes ces choses qui rendent inexplicable le fait qu’on puisse vouloir quitter ce monde. D’ailleurs, le film se refuse à tenter de mettre le doigt sur les motivations des suicidés, préférant s’attarder sur ce qui fait que la vie mérite d’être vécue, plutôt que le contraire. En signant le scénario de Tout est parfait, Guillaume Vigneault s’inscrit dans une tradition de romanciers québécois s’étant essayés avec brio à écrire pour le cinéma, comme Michel Tremblay (Parlez-nous d’amour) ou Réjean Ducharme (Les Bons Débarras). Cette première tentative de l’auteur de Carnets de naufrage est particulièrement admirable pour la façon dont il réussit à rendre son écriture parfaitement cinématographique, les images prenant le dessus sur les envolées littéraires et les personnages se dessinant surtout à travers leurs actions. Tout en subtilité, Vigneault et le réalisateur Yves-Christian Fournier parviennent à créer un univers complexe et authentique. Tout est parfait fait un usage remarquable des diverses possibilités du cinéma, tout en n’oubliant jamais d’ancrer la forme au fond, de s’assurer que le style ne prenne pas le dessus sur le propos. D’autre part, l’apport de la musique composée par Patrick Lavoie (et des pièces empruntées, entre autres, à Set Fire to Flames et Cat Power) est inestimable. Mentionnons aussi la grande qualité de l’interprétation, surtout de la part des jeunes comédiens, notamment la touchante Chloé Bourgeois et, dans les rôles des suicidés, qu’on voit brièvement en flash-back, Niels Schneider, Jean-Noël Raymond Jetté, Maxime Bessette et Sébastien Bergeron Carranza. Enfin, Maxime Dumontier, dont le jeu intériorisé révèle un trop-plein d’émotions refoulées, est bouleversant. Tous contribuent à faire de Tout est parfait le meilleur film québécois depuis plusieurs années. ]

December / February