2008 log (10)

(1 Oct) Heaven on Earth (2008, Deepa Mehta) 59
[ My interview with Deepa Mehta ]

(2 Oct) À l’Ouest de Pluton (2008, Henry Bernadet & Myriam Verreault) 54
[ Reviewed for Voir ]

(3 Oct) Le Déserteur (2008, Simon Lavoie) 68
[ Reviewed for Voir ]

(6 Oct) La Mémoire des anges (2008, Luc Bourdon)
[ Faisant usage d’extraits et de chutes de tournage de 120 films produits par l’ONF, Luc Bourdon et son monteur Michel Giroux dressent un portrait impressionniste du Montréal des années 1950 et 1960, tel que capturé par des cinéastes comme Gilles Groulx, Hubert Aquin, Gilles Carle, Denys Arcand, Claude Jutra et de nombreux autres au fil des ans. L’assemblage de ces images en couleur ou en noir et blanc, en 35 ou en 16 mm, tirées de fictions ou de documentaires, est étonnamment homogène, alors que des liens géographiques ou thématiques se tissent entre elles. Exercice un brin académique, La Mémoire des anges comporte néanmoins de véritables moments de grâce, incidemment souvent associés aux chansons du vénérable Raymond Lévesque (Les trottoirs, À Saint-Henri, Bozo-les-culottes). ]

(6 Oct) Body of Lies (2008, Ridley Scott) 49
[ Déjà dans les années 1990, après la fin de la guerre froide, les terroristes islamistes étaient devenus les méchants de service du cinéma hollywoodien. Mais depuis les attentats du 11 septembre, il est rendu presque inévitable de faire de la guerre contre le terrorisme un des enjeux centraux de tout thriller géopolitique. Or, pour chacun de ces films qui entendent vraiment explorer l’état présent du monde, trop d’autres ne font que réitérer de vieux clichés en les enrobant d’une couche d’actualité. De fait, le coeur du récit de Body of Lies est avant tout le contraste entre les méthodes de deux agents de la CIA, qu’on pourrait aisément imaginer se disputant de la sorte alors qu’ils étaient aux prises avec les Soviétiques 20 ans auparavant. Solidement interprété par Leonardo DiCaprio, Roger Ferris est un homme de terrain qui connaît intimement le Moyen-Orient, parlant couramment l’arabe et tentant autant que possible de collaborer avec les autorités locales lorsqu’il mène des opérations. Joué de façon convaincante par Russell Crowe, Ed Hoffman est tout le contraire, soit un bureaucrate bedonnant, grisonnant et arrogant qui ne quitte généralement même pas les États-Unis, se contentant de regarder des images satellite et d’envoyer des directives par téléphone, sans se soucier de froisser lesdites autorités locales ou de mettre des vies en danger. Bref, le conflit entre Ferris et Hoffman est sensiblement le même que celui entre Rambo et Murdock dans First Blood Part II, sauf qu’il est enchevêtré dans une intrigue inutilement compliquée, qui s’étale de l’Irak à la Jordanie, en passant par les Émirats arabes unis, la Turquie et même les Pays-Bas. Une amourette entre le personnage de DiCaprio et une infirmière d’origine iranienne (Golshifteh Farahani) vient compliquer encore davantage les choses et rendre le film encore plus conventionnel. Adaptation d’un livre du journaliste David Ignatius, Body of Lies avance bien quelques idées valables à propos de la guerre contre le terrorisme, mais l’impression dominante demeure que le réalisateur Ridley Scott semble plus intéressé par l’orchestration d’explosions spectaculaires, de scènes de violence extrême et d’engueulades machos que par les nuances de la situation au Moyen-Orient. ]

(8 Oct) South Park 12.8 (2008, Trey Parker)
[ CARTMAN – “It’s not okay! Defeating the Chinese won’t mean anything if we do it by going around shooting people in the dick!” ]

(9 Oct) W. (2008, Oliver Stone) 60
[ Avec ce nouveau film consacré à un président américain, on ne s’attendait pas à ce qu’Oliver Stone nous livre un autre portrait opératique à la Nixon. Bien que George W. Bush soit autant vilipendé qu’a pu l’être Richard Nixon, ce dernier avait des tourments et des obsessions beaucoup plus dramatiques, alors qu’on a souvent l’impression que Bush junior n’est qu’un fainéant, une marionnette, un bouffon… Bref, un idiot. Tel qu’interprété par Josh Brolin, qui disparaît complètement dans le rôle, le Président semble perdu dans sa propre Maison-Blanche, entouré de conseillers qui sont clairement plus intelligents que lui et qui profitent de sa quasiment attendrissante naïveté pour tenter de le manipuler. Ceci peut être plutôt amusant mais, le film se déroulant principalement pendant les mois précédant l’invasion de l’Irak en 2003, alors que l’entourage de Bush tente par tous les moyens de trouver un prétexte pour enclencher cette opération militaire, on se demande souvent si on doit en rire ou en pleurer. W. comporte par ailleurs de nombreux flashbacks dépeignant comment une tête brûlée n’étant intéressée que par le baseball en est venue à occuper le poste le plus prestigieux des États-Unis. Prenant alors la forme d’un biopic traditionnel, le film chronique les problèmes d’alcoolisme de Bush, la rencontre avec sa future épouse Laura (Elizabeth Banks), ses difficultés à conserver un emploi, comment il est devenu un born-again Christian… L’élément le plus engageant du récit est probablement la relation entre “Dubya” et son père, George Bush senior (James Cromwell). Dans une dynamique qui n’est pas sans rappeler celle entre Michael Corleone et Don Vito dans The Godfather, le fils n’a fondamentalement aucun désir de suivre les traces de son père, mais est paradoxalement tenaillé par la volonté de faire honneur à sa famille. Malgré une surabondance d’exposition narrative, un manque de constance au niveau du ton et une réalisation plus conventionnelle que ce à quoi Stone nous a habitués, W. vaut néanmoins le détour,si ce n’est que pour l’impeccable distribution qui, outre Cromwell, Banks et l’extraordinaire Brolin, inclut aussi Richard Dreyfuss en Dick Cheney, Toby Jones en Karl Rove, Thandie Newton en Condoleeza Rice, Scott Glenn en Donald Rumsfeld et Jeffrey Wright en Colin Powell. ]

(10 Oct) 3 saisons (2008, Jim Donovan) 35
(11 Oct) JCVD (2008, Mabrouk El Mechri) 63
(13 Oct) Le premier jour du reste de ta vie (2008, Rémi Bezançon) 84
(13 Oct) Elle veut le chaos (2008, Denis Côté) 67
(14 Oct) Rachel Getting Married (2008, Jonathan Demme) 90
[ Part of our Nouveau Cinéma coverage ]

(15 Oct) Max Payne (2008, John Moore) 39
[ Reviewed for Voir ]

(16 Oct) Happy-Go-Lucky (2008, Mike Leigh) 62
[ Reviewed for Voir ]

(16 Oct) Zack and Miri Make a Porno (2008, Kevin Smith) [ review ] 65

(19 Oct) South Park 12.9 (2008, Trey Parker)
[ WENDY – “I’m finished!” ]

(21 Oct) Filth and Wisdom (2008, Madonna) 13
[ Guy Ritchie might have put some of him in Madonna for a few years, but his filmmaking talent wasn’t it. Not that the English director is a genius or anything, but he’s certainly nowhere near as inept as his ex-wife proves to be here. Gogol Bordello’s Eugene Hutz stars as a male dominatrix who doubles as Madonna’s mouthpiece, addressing the audience directly to express the singer’s life philosophy, which amounts to a bunch of platitudes about how one needs to embrace filth in order to achieve wisdom, or something to that effect. Also featuring Holly Weston as a stripper and Vicky McClure as a woman obsessed with saving African kids orphaned by AIDS, the movie is neither provocative or profound, and whatever inspiration Madonna got from «the films of Goddard [sic], Visconti, Passolini [sic] and Fellini» (as per her director’s statement in the press notes), it doesn’t show on screen. ]

(22 Oct) Lovecraft: Fear of the Unknown (2008, Frank H. Woodward) 57
[ Reviewed for Voir ]

(23 Oct) Patti Smith: Dream of Life (2008, Steven Sebring) 74
[ Rockeuse, poétesse et activiste: Patti Smith est tout ça et plus encore, comme le prouve ce documentaire fait à son image, avec passion, originalité et intelligence. Ce premier long métrage du photographe Steven Sebring est un portrait impressionniste d’une artiste à part entière, qu’il a suivie pendant 11 ans, autant chez elle que chez ses parents, en tournée à travers le monde, au Chelsea Hotel, au CBGB, de la tombe de William Blake à celle d’Arthur Rimbaud… Filmé en 16 mm, majoritairement en noir et blanc, Dream of Life est une oeuvre inspirée et inspirante qui nous donne l’illusion d’être plongés dans la tête de Patti Smith, où s’entrechoquent souvenirs, poèmes et chansons. On est bien loin du film de têtes parlantes ou de la simple captation de concert. ]

(23 Oct) Cul-de-$ac (2008, Jib & Carlo) 25
[ I expected this to be a B-movie, but man!, this is some pretty cheap and botched nonsense! There’s way too much pointless exposition and back-story, the visuals are unappealing, the editing is packed with AVID farts, the performances are rotten… There’s some dumb fun to be found in the ninja action, gore and Serge Laprade scenery-chewing, but even those grow tiresome. ]

(27 Oct) Real Time (2008, Randall Cole) 52
[ Reviewed for Voir ]

(28 Oct) La Vie d’artiste (2008, Marc Fitoussi) 66
[ Une chanteuse (Émilie Dequenne), un écrivain (Denis Podalydès) et une actrice (Sandrine Kiberlain) rêvent de gloire, mais connaissent surtout les échecs et la désillusion. Porté par trois comédiens en grande forme, ce premier long métrage de Marc Fitoussi regorge de moments à la fois pitoyables et amusants. On y rit jaune, mais on rit! ]

(29 Oct) Ca$h (2008, Eric Besnard) 47
[ Annoncée comme un Ocean’s Eleven français, cette histoire d’arnaqueurs et d’arnaqués fait plus ou moins le poids. Jean Dujardin peut rivaliser avec George Clooney côté charisme, mais Eric Besnard est loin d’avoir le talent d’un Soderbergh derrière la caméra. Mettant aussi en vedette Alice Taglioni, Jean Reno et Valeria Golino, le film demeure tout de même plutôt divertissant. ]

(31 Oct) Survivre avec les loups (2008, Véra Belmont) 42
[ Ce film de Véra Belmont n’est évidemment pas le premier à dépeindre le sort des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, mais c’est probablement le premier où la protagoniste se retrouve à, oui, vivre avec des loups. Malgré la performance maniérée de la petite Mathilde Goffart, le film trouve une certaine grâce dans la froide beauté des images de Pierre Cottereau et de la musique d’Émilie Simon. ]

(29 Oct) South Park 12.11 (2008, Trey Parker)
[ RANDY – “Hold on, I need to get a shot of it from outside!” ]

September / November