2008 log (4)

(2 Apr) Street Kings (2008, David Ayer) 49
[ Tel un Dirty Harry du 21e siècle, Tom Ludlow (Keanu Reeves) est un policier qui n’hésite pas à contourner les procédures et à se faire juge, jury et bourreau. Après de nombreuses années de ce régime approuvé tacitement par son supérieur (Forest Whitaker), il se heurte au commissaire aux affaires internes (Hugh Laurie), qui est bien décidé à faire le ménage dans le département, où la corruption et les manques à l’éthique pullulent. Ludlow croit avoir été dénoncé par son ancien partenaire mais, avant qu’il puisse le confronter à ce sujet, ce dernier est abattu par des membres d’un gang de rue (les rappeurs Common et The Game)… Comme dans Harsh Times, le film précédent de David Ayer, on découvre dans Street Kings un Los Angeles contemporain semblable au Far West, la ville y étant le théâtre d’incessantes éruptions de violence. Le cinéaste, à qui l’on doit aussi le scénario du tout aussi excessif Training Day, affirme à qui veut l’entendre qu’il a lui-même grandi dans un quartier chaud de L.A. et que sa “vision artistique” n’est que le reflet de ce qui s’y passe; avec Street Kings, on a cependant davantage l’impression de se retrouver dans un film d’action débile que devant un portrait réaliste du chaos urbain. Si l’on ignore toute notion de vraisemblance, les nombreuses altercations brutales et fusillades qu’on retrouve dans Street Kings sont indéniablement intenses, et la réalisation d’Ayer est musclée à souhait. Or, au lieu de s’en tenir à cela, le film se prend beaucoup trop au sérieux et semble convaincu d’avoir un message profond à transmettre à propos du maintien de l’ordre et de la corruption. Mais, malgré le fait que James Ellroy soit l’un des trois scénaristes crédités au générique et qu’on remarque quelques échos narratifs, on est bien loin de L.A. Confidential. Harsh Times possédait plusieurs des défauts du nouveau film d’Ayer, mais il était élevé par la performance explosive de Christian Bale. Avons-nous besoin de préciser que, tel qu’interprété par Keanu Reeves, le protagoniste est cette fois beaucoup moins convaincant? À ses côtés, Forest Whitaker et Hugh Laurie se démènent comme ils peuvent dans des rôles ingrats, mais ceci ne suffit pas à sauver l’ensemble. ]

(3 Sept) Ben X (2007, Nic Balthazar) 82
[ Reviewed for Voir ]

(3 Apr) Forgetting Sarah Marshall (2008, Nicholas Stoller) [ review ] 67

(3 Apr) South Park 12.4 (2008, Trey Parker)
[ PETER GRIFFIN – “Remember that time I sang La Cucaracha for Paul McCartney?” ]

(4 Apr) Shine a Light (2008, Martin Scorsese) 66
[ Part of the Directors Series ]

(6 Apr) Irina Palm (2008, Sam Garbarski) 45
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(9-… Apr) Freaks and Geeks (1999, Judd Apatow)
[ I remember stumbling on an episode or two of this (“Undeclared”, too) on TV back in the day, but finally sitting down to watch this series now is particularly cool, as you can see all these future stars of Apatow productions: Seth Rogen, Jason Segel, James Franco… And Linda Cardellini and John Francis Daley, who are pretty much the leads here, are as endearing as it gets. Samm Levine and Martin Starr are also great, especially the latter, who might just be the funniest guy on the show. ]

(9 Apr) South Park 12.5 (2008, Trey Parker)
[ MR. GARRISON – “Boys, have you seen my penis? If you see it, try to catch it with some cheese!” ]

(10 Apr) The Forbidden Kingdom (2008, Rob Minkoff) 52
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(10 Apr) Dans une galaxie près de chez-vous 2 (2008, Philippe Gagnon) 37
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(14 Apr) Young@Heart (2008, Stephen Walker) 78
[ Vers la fin de sa vie, Johnny Cash a enregistré une relecture de Hurt qui, avec tout le bagage que l’Homme en noir y a insufflé, s’est avérée encore plus poignante que la version originale de Nine Inch Nails. Les choristes qu’on découvre dans Young@Heart, dont l’âge moyen est de 80 ans, n’ont peut-être pas la présence iconique de Cash, mais leurs interprétations de pièces de Prince (Nothing Compares 2 U), The Clash (Should I Stay or Should I Go) ou Talking Heads (Road to Nowhere) sont similairement enrichies par l’expérience de vie qu’ils y apportent. Fondée en 1982 dans une résidence pour personnes âgées de Northampton, Massachusetts, la chorale Young@Heart se distingue par le choix de ne pas se limiter aux hymnes et airs rétro auxquels on pourrait s’attendre de sa part. Le directeur Bob Cilman pousse constamment ses choristes à se dépasser en les faisant sortir de leur zone de confort, n’hésitant pas à leur faire apprendre des chansons exigeantes. Les aînés ont parfois de la difficulté avec certaines paroles (comme les 71 “can” de Yes We Can Can d’Allen Toussaint) ou certaines mélodies (comme la dissonance post-punk de Schizophrenia de Sonic Youth), mais ils parviennent presque toujours à prévaloir. Stephen Walker capte tout ce processus dans son inspirant documentaire, qui nous fait découvrir comment chanter permet à ces vieillards de s’extérioriser, d’oublier momentanément leurs petits et grands maux et, oui, de garder le coeur jeune. De fait, des pièces comme Golden Years (de David Bowie) ou Forever Young (de Bob Dylan) prennent tout leur sens lorsque ces derniers les entonnent. Et que dire de leur interprétation d’I Wanna Be Sedated, dont le refrain semble drôlement plus littéral dans leurs bouches que dans celles des Ramones! Bien sûr, tout n’est pas rose quand on a 70, 80 ou 90 ans, et alors que la date de leur prochain concert approche, la maladie et la mort frappent plusieurs d’entre eux. Or, plutôt que de les décourager, ces revers ne font que motiver encore davantage les membres de la chorale à continuer à vivre pleinement et à chanter tant qu’ils en auront l’énergie. L’exemple le plus mémorable étant certainement la vue de l’auguste Fred Knittle qui, malgré le fait qu’il soit branché à un respirateur artificiel, offre la plus émouvante version imaginable de Fix You de Coldplay. ]

(15 Apr) CJ7 (2008, Stephen Chow) 21
[ Surtout connu pour ses parodies de films d’arts martiaux telles que Shaolin Soccer et Kung Fu Hustle, Stephen Chow s’essaie ici au cinéma pour enfants. Considérant que les réalisations précédentes du cinéaste hongkongais s’apparentaient déjà à des cartoons en chair et en os, cette transition n’est pas si surprenante, quoique l’humour de Chow ne soit souvent pas tant enfantin que carrément débile. Racontant l’histoire d’un gamin qui se lie d’amitié avec une créature extraordinaire, CJ7 est un énième dérivé du E.T.: The Extra-Terrestrial de Steven Spielberg, qui demeure de loin le chef-d’oeuvre du genre (seul The Iron Giant a failli l’égaler). Le petit protagoniste est ici Dicky Chow (Xu Jiao, qui est en fait une fille), un garçon orphelin de sa mère et dont le père (Chow) passe presque tout son temps à travailler afin de pouvoir l’envoyer dans une école privée. N’ayant plus d’argent pour acheter des jouets à son fils, Papa arpente les dépotoirs pour lui en trouver. C’est ainsi qu’un soir, il déniche cette curieuse chose que Dicky baptisera CJ7, et qu’on pourrait décrire comme un croisement entre un poméranien et la substance verte caoutchouteuse dans Flubber. Dotée de pouvoirs magiques, la bestiole, qui s’avère être un petit extra-terrestre oublié sur Terre par les siens lors de la visite d’une soucoupe volante, aidera et amusera le môme de diverses façons, mais lui causera aussi beaucoup d’ennuis… S’ensuit un délire slapstick faisant usage d’innombrables effets spéciaux, ce à quoi Chow nous a habitués, avec quelques trouvailles inspirées (particulièrement la petite brute qui gère la cour d’école comme si c’était une entreprise) mais surtout beaucoup de gags idiots, faciles ou juvéniles. Vers la fin, le film prend un virage mélodramatique, faisant de CJ7 une figure christique de sauveur/martyr, un peu comme dans E.T., mais en beaucoup moins touchant. CJ7 est par ailleurs curieusement moralisateur, le père passant tout le film à répéter que ce n’est pas parce qu’on est pauvre qu’on ne peut pas être intègre, qu’il n’est pas bien de se battre, de mentir ou de voler, que c’est très important d’étudier et d’avoir de bonnes notes à l’école, etc. Dites donc, c’est un film qu’on regarde ou un pamphlet pédagogique? ]

(16 Apr) Le Piège américain (2008, Charles Binamé) 50
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(16 Apr) South Park 12.6 (2008, Trey Parker)
[ RANDY MARSH – “Japanese girls puke in each other’s mouths… Oh, nice! Now, see some bestiality… Ah, yes! Let’s get some Brazilian fart porn in there! Oh, that’s got it!” ]

(20 Apr) Family Motel (2007, Helene Klodawsky) 70
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(22 Apr) Harold & Kumar Escape from Guantanamo Bay (2008, Jon Hurwitz & Hayden Schlossberg) [ review ] 63

(23 Apr) South Park 12.7 (2008, Trey Parker)
[ CARTMAN – “Oh my Jesus Christ monkey balls!” ]

(25 Apr) Extras – The Extra Special Series Finale (2007, Ricky Gervais & Stephen Merchant) 65
[ A surprisingly sober closer to the series. Well, it’s not that surprising, as there’s always been more serious undertones in the show, about the nature (and pointlessness) of fame and the such. But getting laughs is clearly not the priority here, which can be kind of a bummer. Still, there are some major guffaws here and there, particularly during that one Clive Owen scene. ]

(28 Apr) Fugitive Pieces (2007, Jeremy Podeswa) 36
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(30 Apr) Redbelt (2008, David Mamet) 81
[ Propriétaire d’une école de jiu-jitsu au bord de la faillite, Mike Terry (Chiwetel Ejiofor) refuse de déroger à ses principes pour améliorer sa situation financière, ce qui déplaît considérablement à son épouse (Alice Braga). Ainsi, bien que son beau-frère (Rodrigo Santoro), un promoteur de combats extrêmes, lui fasse miroiter des sommes mirobolantes, Mike n’a jamais accepté de se joindre au circuit professionnel, estimant que la compétition compromet l’intégrité d’un combattant. Or, une combinaison de circonstances imprévisibles impliquant un policier (Max Martini), une avocate (Emily Mortimer) et une vedette hollywoodienne (Tim Allen) le forcera à se remettre en question…Avouons-le d’emblée, l’annonce que David Mamet allait réaliser un film d’arts martiaux avait de quoi laisser perplexe. Il s’avère toutefois que le renommé dramaturge et cinéaste américain étudie le jiu-jitsu depuis cinq ans avec le maître brésilien Renato Magno, qui a chorégraphié les scènes de combat de Redbelt. De surcroît, Mamet considère cette discipline, dont la pratique remonte à l’époque des samouraïs, comme étant l’incarnation parfaite de l’héroïsme moral. En faisant adhérer à un tel code d’honneur le protagoniste de son film, par ailleurs en continuité avec le reste de son oeuvre, où règnent la cupidité et la manipulation, Mamet met la table pour une fascinante étude de contrastes. Redbelt flirte avec les clichés du genre (certains éléments du récit ne sont pas si différents de ceux d’un film de Steven Seagal, par exemple), pour ensuite adroitement les détourner, un peu comme aime le faire Quentin Tarantino. Le film se démarque d’autre part en dénonçant la commercialisation des événements sportifs, dont les promoteurs semblent être devenus les véritables gagnants, eux qui se remplissent souvent les poches en exploitant les athlètes. Élégamment mis en images par Robert Elswit (récemment oscarisé pour la direction photo de There Will Be Blood), Redbelt est aussi doté d’une distribution impeccable, menée par le toujours aussi charismatique et nuancé Chiwetel Ejiofor qui, découvre-t-on avec étonnement, peut botter des culs de façon drôlement convaincante, à l’écran du moins! Mentionnons enfin la présence bienvenue de plusieurs habitués des films de Mamet, notamment Joe Mantegna, Rebecca Pidgeon (madame Mamet à la ville) et Ricky Jay. ]

(30 Apr) Iron Man (2008, Jon Favreau) 74
[ Créé en 1963 par Stan Lee et Jack Kirby, Iron Man se distingue en mettant en scène un protagoniste défini avant tout par ses lacunes, autant physiques que morales. D’abord, le plastron électromagnétique de l’armure hi-tech qui donne ses pouvoirs à Tony Stark n’a pas été conçu pour casser du super-vilain, mais en fait pour lui sauver la vie après que des éclats d’obus se soient logés près de son coeur. Stark n’est par ailleurs pas un jeune homme idéaliste, mais plutôt un fabricant d’armes quadragénaire riche et cynique, qui boit trop et multiplie les conquêtes sexuelles. Tout ceci faisait du casting de Robert Downey Jr. un choix en apparence drôlement judicieux, considérant les frasques passées de l’acteur. Et dès la séquence d’ouverture, alors que Stark lance boutade après boutade, apparemment insouciant du fait qu’il soit assis à l’arrière d’un Humvee blindé traversant une zone dangereuse de l’Afghanistan, cette impression ne fait que se confirmer. Même si on en retirait les scènes d’action, le film vaudrait le détour pour la savoureuse performance de Downey Jr., c’est tout dire! N’allez toutefois pas croire que les moments de bravoure d’Iron Man sont banals. Le réalisateur Jon Favreau (Made, Elf) ne possède peut-être pas le génie d’un Sam Raimi (la trilogie Spider-Man) ou d’un Christopher Nolan (Batman Begins et The Dark Knight, qui prendra l’affiche cet été), mais il fait un boulot efficace derrière la caméra, orchestrant des affrontements super-héroïques souvent époustouflants. À cet égard, soulignons aussi les effets spéciaux conçus par ILM et Stan Winston, qui sont tout simplement irréprochables. Certains pourraient toutefois déplorer la façon dont, comme c’est souvent le cas dans le premier film d’une franchise, Iron Man se termine tout juste quand les choses deviennent vraiment intéressantes. La majeure partie du récit est en effet consacrée à dépeindre l’origine de Tony Stark, la construction et le perfectionnement de son armure et, finalement, sa décision de devenir un super-héros. En d’autres mots, ses exploits les plus extraordinaires sont encore devant lui. Mais, comme nous le mentionnons, ceci n’est pas vraiment un problème car, même lorsqu’il est en train de bidouiller dans son atelier, de bavarder avec ses proches (Gwyneth Paltrow, Terrence Howard et Jeff Bridges, dans des rôles unidimensionnels) ou de donner une conférence de presse, Downey Jr. est aussi divertissant que toutes les bagarres et les explosions du monde. ]

March / May