2008 log (6)

(1 Jun) Lady in the Water (2006, M. Night Shyamalan) [ review ] 92

(2 Jun) Young People Fucking (2008, Martin Gero) 17
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(4 Jun) Le cèdre penché (2008, Rafaël Ouellet) 74
[ A looser “Once” with a touch of “Morvern Callar”, this impressionistic, semi-improvised, $5000 story of two sisters rekindling about the death of their country singer mother is elevated by the beauty of Viviane Audet, the very present and diverse music and a lot of interesting visual ideas. A small gem of a movie. ]

(5 Jun) Milarepa (2008, Neten Chokling) 5
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(8 Jun) 4 luni, 3 saptamâni si 2 zile (2007, Cristian Mungiu) 66
[ Soberly but effectively shot and cut, the film neatly conveys a sense of the time and place, namely 1987 Romania, back when it was still under Communist rule. Slow-burning tension keeps us somewhat engrossed even though, during the first act at least, nothing much happens. Then we get to the big abortion scene, which might strike you differently depending how you feel about this. One thing that bothered me was that the girl getting it came off like such an idiot: she can’t get the hotel reservation straight, she forgets to bring what’s needed, she doesn’t even know how far into her pregnancy she is (more than halfway through, the title implies), she lies and takes advantage of her friend… The latter is much more engaging and grounded, which comes as a relief. But as a whole, while I can appreciate what the film is going for, I can’t for the life of me understand people calling this a masterpiece or the best film of the year and giving it the Palme d’Or, etc. ]

(10 Jun) The Happening (2008, M. Night Shyamalan) [ review ] 67

(10 Jun) Angel (2008, François Ozon) 76
[ Wonderfully old-fashioned, melodramatic and campy, this story of a poor girl who dreams of becoming a popular writer and living in a great big house with the man she loves is just the kind that would have starred Vivien Leigh back in the day. The next best thing, among contemporary actresses, might be Romola Garai, who is a peach in the lead… A naïve, unpolished, cheeky peach! This cross between “Gone with the Wind” and “Atonement” (sort of) is a visually ravishing, gorgeously scored, highly enjoyable treat. ]

(11 Jun) Stellet Licht (2008, Carlos Reygadas) 91
[ Le film débute avec un plan hypnotisant de près de cinq minutes montrant le lever du soleil, alors qu’on entend les cris insistants des animaux de la ferme. Nous rencontrons ensuite Johan (Cornelio Wall), son épouse (Miriam Toews) et leurs enfants, un clan de mennonites qui semble tout droit sorti d’une autre époque. Nous découvrons toutefois bien vite que certaines choses sont universelles, peu importent nos croyances et nos coutumes, alors que le patriarche révèle à un ami être amoureux d’une autre femme (Maria Pancratz). Le coeur veut ce qu’il veut, et la loi de Dieu et des hommes a bien peu d’influence sur nos sentiments les plus profonds. L’intrigue du film est toute simple, limitée sensiblement à la crise morale d’un homme déchiré entre sa loyauté envers sa famille et le désir incontrôlable qu’il ressent pour sa maîtresse. Là où Lumière silencieuse prend des dimensions mythiques et élégiaques, c’est dans le contexte et l’approche de cette histoire. On a souvent l’impression de se retrouver dans le jardin d’Éden, au sein d’une nature splendide, sous des cieux majestueux illuminés par la lumière divine. Reygadas capte le tout en une succession de tableaux visuellement époustouflants, qui évoquent autant Dreyer que Malick. Lumière silencieuse étant une oeuvre minimaliste et austère, les élans passionnels qu’on y retrouve s’en voient magnifiés. À cet égard, l’exactitude émotionnelle des interprètes est exceptionnelle, particulièrement lorsqu’on sait que ce sont des non-professionnels, recrutés à même la communauté mennonite. Magistral. ]

(11 Jun) La vraie nature de Bernadette (1972, Gilles Carle) 65
(12 Jun) The Apprenticeship of Duddy Kravitz (1974, Ted Kotcheff) meh
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(12 Jun) Cruising Bar 2 (2008, Robert Ménard) 48
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(15 Jun) The Foot Fist Way (2008, Jody Hill) 64
[ Recalling both David Mamet’s recent “Redbelt” and Ricky Gervais’ “The Office”, this sorta-mockumentary is a bit uneven and unpolished, but still works thanks to star Danny McBride and the terrific comic creation that is Fred Simmons. This Tae Kwon Fo instructor is such an asshole! Here’s a guy who barely flinches when little kids or old ladies get knocked out and who carelessly says the most abusive things… Here’s a comedy that seems fuelled purely by frustration and anger, which is quite ironic when the lead character keeps talking about courtesy, self-control and indomitable spirit! ]

(15 Jun) Transit (2008, Christian de la Cortina) 55
[ En 2006, lors du tout premier Festival du Film de Tremblant, Noël Mitrani est arrivé d’un peu nulle part avec un premier long métrage produit indépendamment, Sur la trace d’Igor Rizzi. Cette année, c’est au tour de Christian de la Cortina de nous surprendre avec une production indépendante québécoise dont on n’avait jamais entendu parler avant le dévoilement de la programmation de Tremblant. Transit raconte l’histoire d’un jeune agent double (de la Cortina), d’un vétéran de la police de Montréal (Luc Morissette) et d’une agente de la GRC (Julie Du Page) qui tentent tous de mettre fin aux activités de Ricardo (Deano Clavet), leader d’un gang spécialisé dans le vol de voitures et le transport de cargaisons de drogue. Or, loin de s’aider, les trois policiers se nuiront plus souvent qu’autrement… Christian de la Cortina a eu l’idée pour ce qui allait devenir Transit il y a déjà plusieurs années, presque immédiatement après l’obtention de son diplôme de l’INIS. “J’ai d’abord voulu faire une série télé, se rappelle-t-il, mais on m’a dit que ça prendrait de six à huit ans avant que ce soit financé. Alors j’ai décidé d’en faire un court d’une demi-heure, et ça s’est super bien passé. On l’a présenté dans des festivals, entre autres au FFM en 2005, et les réactions étaient très positives. Sauf que les gens nous disaient que le film avait une faille: il était trop court!” Avec ses coscénaristes Hervé Desbois et Frank Baylis, de la Cortina s’est donc lancé dans l’écriture d’une version long métrage de Transit. Puis, à l’été 2007, il en a entamé le tournage, avec pour tout budget la somme de 75 000 $, investie par Baylis. En convainquant divers commanditaires de lui fournir de l’équipement, des services et des lieux de tournage gratuitement et en négociant avec l’UDA une entente de paiement différé des comédiens, le cinéaste est toutefois parvenu à réaliser un film qui a l’air d’avoir coûté 100 fois plus. “Les gens qui ont vu le film le comparent souvent à Bon Cop Bad Cop [ndlr: budget de 8 millions $] ou Nitro [ndlr: budget de 7,2 millions $], et quand je leur dis que je l’ai fait avec 75 000 $, ils ne me croient pas!” C’est que, mis à part son budget lilliputien, Transit a tout d’une grosse production hollywoodienne, des images léchées à la musique enlevante, sans compter plusieurs poursuites de voitures et fusillades. “Je suis un peu de la mentalité “think big”, comme Elvis Gratton, blague de la Cortina. Mais ça a vraiment été un petit miracle, tout s’est emboîté correctement, tranquillement pas vite, et ça a donné ce que ça a donné.” Sans réinventer le genre, Transit se distingue aussi en étant un des rares films de policiers et de gangsters bien de chez nous. “Les gens aiment ça ici aussi, les films à la Martin Scorsese ou Michael Mann, et on peut en faire. On n’est pas tout le temps obligé de faire des films avec des calèches!” ]

(17 Jun) Truffe (2008, Kim Nguyen) 44
[ Hochelaga-Maisonneuve, 2010. À la suite du réchauffement climatique, des gisements de truffes prolifèrent dans ce quartier de l’est de Montréal. Ayant autant de pif qu’un chien truffier, Charles Tremblay (Roy Dupuis) débusque par centaines ces précieux champignons, que sa femme Alice (Céline Bonnier) vend ensuite à fort prix dans son casse-croûte. Or, les truffes viennent à être si abondantes à travers HoMa que leur valeur chute drastiquement, au point où Charles se voit forcé d’aller travailler pour l’inquiétante madame Kinsdale (Michèle Richard), dont l’entourage inclut un serviteur automate (Jean-Nicolas Verreault) et de féroces cols de fourrure vivants… Jouant avec les codes de différents genres, Truffe se présente comme un croisement improbable entre un drame social à la Grapes of Wrath, un film de série B à la Ed Wood et une comédie noire scandinave. Simplement en réussissant à mener à terme cette audacieuse entreprise, Nguyen a déjà en grande partie remporté son pari. On se demande tout de même quel accueil réservera le public à ce film qu’on pourrait difficilement qualifier de commercial. ]

(18 Jun) The Love Guru (2008, Marco Shnabel) [ review ] 65

(22 Jun) Le Marais (2002, Kim Nguyen) 38
[ A visually arresting but narratively muddled tale set in 19th century Eastern Europe, it features some intriguing fantastical elements and offbeat touches, but suffers from uneven performances and pacing issues. Like Denis Villeneuve and many other québécois filmmakers, Kim Nguyen can certainly shoot a picture, but he could use help in the writing department. ]

(24 Jun) Sukiyaki Western Django (2007, Takashi Miike) meh
(26 Jun) What We Do Is Secret (2007, Rodger Grossman) 56
(29 Jun) Second Skin (2008, Juan Carlos Pineiro Escoriaza) ok
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(28 Jun) Jack Brooks: Monster Slayer (2007, Jon Knautz) 61
[ Dans ce film de Jon Knautz, présenté récemment au festival Fantasia, un plombier (Trevor Matthews) est forcé de confronter ses démons intérieurs et de combattre des monstres bien réels. Jack Brooks: Monster Slayer n’est pas sans rappeler les premières réalisations “splatstick” de Sam Raimi (The Evil Dead 1-2) et de Peter Jackson (Bad Taste, Braindead) ou Big Trouble in Little China de John Carpenter. Quelques longueurs alourdissent le film, mais le dernier tiers est gore à souhait et, dans le rôle d’un professeur possédé par une force maléfique, Robert Englund (Freddy Krueger dans la série des Nightmare on Elm Street) offre une performance formidablement grotesque. Les maquillages et effets spéciaux sont par ailleurs très réussis, ce qui n’est pas négligeable considérant le budget minime de cette production canadienne. ]

(25 Jun) My Winnipeg (2008, Guy Maddin) 77
[ Lauréat du prix du meilleur film canadien au TIFF en 2007, My Winnipeg est une “docu-fantaisie” où Guy Maddin revisite les fantômes de sa ville natale. D’emblée, Winnipeg ne nous apparaît pas comme une ville particulièrement intéressante mais, à travers la caméra de Guy Maddin, le plus singulier de tous les cinéastes canadiens, la capitale du Manitoba révèle soudainement une foule de mystères et de curiosités insoupçonnés. D’un point de vue stylistique à des années-lumière de tous ces téléreportages qui prétendent être du cinéma, My Winnipeg est un documentaire foncièrement original, qui apparaît comme une lettre d’amour-haine adressée par le réalisateur à sa ville. Maddin est clairement fasciné par cet endroit où il a passé la majeure partie de son existence, mais déplore la façon dont sa ville, comme tant d’autres, se voit progressivement amputée de sa couleur locale, alors qu’on démolit les bâtiments historiques et qu’on laisse les fantômes disparaître dans l’oubli. À travers toute son oeuvre, Maddin s’est fait une spécialité de prendre des choses apparemment banales et de leur donner une portée mythique ou surréaliste, et ceci est particulièrement le cas dans My Winnipeg. En effet, les hivers interminables de la ville des Prairies, ses chemins de fer, ses équipes de hockey disparues et même son défunt magasin Eaton s’avèrent fascinants tels que présentés ici. Et que dire de ce parc d’attractions assailli par un troupeau de bisons homosexuels, de ce scandaleux concours de beauté mâle présidé par le maire de l’époque ou de ces chevaux de course qu’on a retrouvés, gelés vivants, après qu’ils aient tenté de traverser la rivière Rouge en plein hiver; trop incroyable pour être vrai? On pourrait tenter de séparer le vrai du faux dans l’étrange portrait historique que le cinéaste nous dresse de sa ville, mais l’ambiguïté de la proposition contribue grandement à son charme.
Le film prend par ailleurs la forme d’un hypnotique voyage dans le subconscient de Maddin, où se mêlent rêveries et réminiscences, légendes urbaines et symbolisme freudien, esthétique de film muet (images en noir et blanc, surimpressions, intertitres, etc.) et narration de film noir… Décidément, cette “docu-fantaisie”, pour reprendre l’expression utilisée par le réalisateur pour décrire My Winnipeg, ne s’apparente en rien à ce à quoi le genre documentaire nous a habitués! ]

(25 Jun) WALL•E (2008, Andrew Stanton) [ review ] 93

May / July