2010 log (12)

(1 Dec) À quelle heure le train pour nulle part (2009, Robin Aubert) 67
[ Full with the sights and sounds of India, this free form, quasi-documentary experimental feature shows Aubert working without a net, throwing himself in just about the most chaotic shooting imaginable and coming out of a it with a vibrant and surreal exercise in style. Ostensibly about search quest of a man (Luis Bertrand) for his twin brother, this flawed but fascinating film often seems to get lost, but that’s kind of the point. ]

(4 Dec) RENT (2005, Chris Columbus) [ review ] 83

(5 Dec) Greenberg (2010, Noah Baumbach) 85
[ Ben Stiller starts as the titular Greenberg, a smart but neurotic New York (half) Jew who, after having a nervous breakdown, is “trying to do nothing right now”, which he ends up doing in L.A. in the house of his brother, who’s gone on a trip. Greenberg also ends up sorta dating his brother’s personnal assistant Florence, a pretty, quirky and interesting yet insecure, unassertive and nerdy young woman played by the utterly endearing Greta Gerwig, who’s the absolute revelation of this film. Stiller’s great too, but I figured a while ago that while his comic persona can be tiresome, he’s a truly gifted dramatic actor (see also: “Your Friends & Neighbors”, “Permanent Midnight”, “The Royal Tenenbaums”, etc.). Oh, he’s funny here at times, but less in a broad comedic way, and more in a cynical, self-deprecating way à la Woody Allen or Larry David. Together, Gerwig and Stiller they share the awkward relationship to end all awkward relationships, which can be a bit befuddling because Florence is such a sweetheart and Greenberg is a borderline sociopath… But somehow it works and, by the time the “The Apartment”-style ending rolls along, we feel good about it, more or less. “Greenberg” is an observant, pointed, harsh, oddly charming film, with bright cinematography and a cool James Murphy soundtrack, but mostly some memorable characters played by some wonderful actors. ]

(6 Dec) L’Appât (2010, Yves Simoneau) 52
[ De 48 Hrs. à Rush Hour, en passant par Lethal Weapon, Hollywood nous a offert de nombreuses comédies policières dans lesquelles deux partenaires dépareillés tentent de mener à terme une enquête sans se laisser distraire par leur manque d’affinités. Depuis quelques années, le genre est aussi florissant chez nous: on n’a qu’à penser à Bon cop, bad cop et De père en flic, incidemment les deux longs métrages les plus populaires de l’histoire du box-office québécois.
L’appât connaîtra-t-il un succès similaire? “J’aime le croire”, affirme Guy A. Lepage, rencontré avec les autres membres de l’équipe du film au resto Accords, dont il est copropriétaire avec Chantal Fontaine. “Je l’ai vu hier pour la première fois et j’ai été pas mal impressionné. Il y a beaucoup d’action, et je ne trouve pas qu’il y ait de ruptures de ton majeures. Moi, c’est ça qui me fait décrocher d’un film, quand je sens que les comédiens deviennent ironiques par rapport à leur personnage.”
Ainsi, même si le lieutenant de la police de Montréal Prudent Poirier est un crétin digne d’un sketch de RBO, Lepage tenait à l’humaniser: “Que ce soit un film ou un sketch, faut que tu regardes le personnage et que la proposition soit claire instantanément. Dans un film, faut aussi que tu le rendes humain, faut qu’il vive, faut qu’il soit touchant. Tandis que tu ne te poses pas de questions sur Madame Brossard, par exemple. Qu’est-ce qu’elle faisait avant, pourquoi elle est rendue de même? On s’en torche!”
Lorsqu’on lui fait remarquer que ladite Madame Brossard a néanmoins quelque chose de touchant, Guy A. répond du tac au tac: “C’est parce que tu l’as vue dans 25 sketchs, puis c’est toi qui lui as fait une backstory, pas moi. Moi, je te garantis qu’elle n’en avait pas!”
Aperçu l’été dernier dans Y’en aura pas de facile, Rachid Badouri trouve son premier grand rôle au cinéma dans L’appât, où il incarne Ventura, un agent d’élite français forcé bien malgré lui de faire équipe avec Poirier. “C’est un fantasme qui se réalise, c’est un rêve d’enfant”, confie celui qui a intitulé son premier spectacle Arrête ton cinéma.
Bien qu’il aurait préféré faire le bouffon plutôt que de jouer le straight man, l’humoriste, qui aimerait aussi un jour se glisser dans la peau d’un personnage tordu comme le Joker dans The Dark Knight ou Tony Montana dans Scarface, n’a pas hésité à accepter le rôle de Ventura. “Ma devise, c’était: “Farme ta yeule et vas-y, commence pas à faire ton difficile. Quand t’auras 170 films à ton actif, y compris deux Oscars, tu pourras peut-être avoir un droit de regard sur ce qu’on te propose!””
Action!
Un des plaisirs de L’appât est de retrouver Yves Simoneau à la barre d’un long métrage québécois, son premier depuis Dans le ventre du dragon, il y a plus de 20 ans. Mais même s’il a passé la majorité de son temps depuis à travailler sur des projets internationaux (le téléfilm lauréat de six prix Emmy Bury My Heart at Wounded Knee et la minisérie Napoléon, notamment), Simoneau estime être toujours demeuré un cinéaste québécois.
“Quand je tourne à l’étranger, j’amène une vision qui est un héritage de ce que j’ai fait ici, et non pas un désir de me fondre dans le milieu dans lequel je me trouve. J’y amène mon point de vue, et quand je reviens ici, ce point de vue là est enrichi d’une expérience d’ailleurs. De tourner dans des environnements différents, sur des sujets différents, dans des genres différents, ça te nourrit énormément.”
L’appât a été l’occasion pour le réalisateur de renouer avec plusieurs collaborateurs de longue date, dont le directeur photo Guy Dufaux et le directeur artistique Michel Proulx: “Imaginez le plaisir de retrouver ces gens-là! Non seulement ce sont de grands créateurs, mais aussi des gens humainement fabuleux. L’aventure a été d’autant plus agréable à cause de ça.”
Pour Guy A. Lepage, la présence d’Yves Simoneau à la réalisation et à l’écriture (il a cosigné le scénario avec William Reymond) était cruciale. “En comédie, si ça marche, c’est parce que le scénario est bon et que la réalisation est efficace. Les comédiens ne peuvent pas sauver un film. Ils peuvent être drôles dans un film plate, mais à la fin, tu vas quand même dire que c’était plate”, souligne l’animateur de Tout le monde en parle. “Mais dans L’appât, même si tu enlèves les deux humoristes et toutes les jokes, tu as une vraie histoire, une vraie mécanique de film policier et de vraies scènes d’action.”
“On veut compétitionner avec des films qui ont beaucoup plus de budget, sans que ça paraisse, poursuit Simoneau. Dans L’appât, on passe de la comédie à l’action et vice-versa. Réussir à le faire de façon fluide, c’était ça le défi, afin que ce soit pour les spectateurs ce qu’on appelle une ride.”
À suivre?
Pour les deux têtes d’affiche de L’appât, une des conséquences les plus heureuses du tournage est l’amitié qui est née entre eux. “C’est mon frère, insiste Badouri au sujet de Lepage. C’est quelqu’un qui m’a vraiment appris beaucoup, qui est devenu un mentor pour moi.”
Guy A. renchérit: “On n’a rien en commun, Rachid et moi. Il est jeune, moi je suis plus âgé. Il ne boit pas, je bois. Il ne joue pas, je joue au poker. Il est bien élevé, il a des convictions familiales et religieuses que je n’ai pas pantoute… Mais on ne se juge pas, il accepte que je sois de même et j’accepte qu’il soit comme il est. Le mot “tolérance” est inscrit en grosses lettres entre nous deux.”
On devine que le duo aimerait bien se retrouver dans une suite à L’appât, une possibilité que la scène finale du film semble annoncer ouvertement. “Ça paraît, hein! s’exclame Badouri. C’est comme dans Back to the Future, quand Doc Brown débarque à la fin: “Marty! Tes enfants, dans le futur!” On a voulu laisser entendre que si vous aimez ça, soyez nombreux à le manifester et on va en faire un deuxième.”
Pourquoi ne pas avoir carrément inscrit “À suivre” à l’écran? “On ne l’a pas fait par pudeur! Ç’aurait été présomptueux… Car au final, c’est le public qui décide”, rappelle Lepage.
“Une suite à L’appât, est-ce nécessaire? Non. Est-ce possible? Oui. Est-ce souhaitable? On verra”, conclut Simoneau en souriant. ]

(7 Dec) The Fighter (2010, David O. Russell) [ review ] 90

(7 Dec) Rocky III (1982, Sylvester Stallone) 56
[ One of the lesser movies in the franchise, this third flick deals with cheap melodrama involving Paulie, Mickey and Adrienne, fights with goofy opponents (Hulk Hogan and Mr. T), and the homoerotic training Apollo Creed puts Rocky through. It’s still watchable enough, but beyond that badass Eye of the Tiger song and the general idea it embodies (“So many times, it happens too fast / You change your passion for glory / Don’t lose your grip on the dreams of the past / You must fight just to keep them alive / It’s the eye of the tiger, it’s the thrill of the fight”, etc.), it’s really not all that good. ]

(10 Dec) Tiny Furniture (2010, Lena Dunham) 23
[ Here’s a self-indulgent, boring indie flick -a glorified student film, really- about a frumpy young college graduate (writer-director Lena Dunham) who just moved back into her family’s spacious Tribeca loft. We follow her as she gets a job as a hostess in a restaurant, hangs out with her BFF, dates some guys (more or less), fights with her artist mother and teenage sister… You can tell the film is trying to be hip and witty but in this very understated, deadpan way, but none of it really connects. In sorta kinda the same range, Sook-Yin Lee’s “Year of the Carnivore”, while not a very good film either, is still a whole lot better than this. ]

(13 Dec) Tron: Legacy (2010, Joseph Kosinski) [ review ] 44

(13 Dec) Carlos (2010, Olivier Assayas) [ review ] 88

(15 Dec) Valhalla Rising (2010, Nicolas Winding Refn) 55
[ I’d never heard of this one until it got released straight to DVD here in Quebec and I read a blurb in the Montreal Mirror that claimed this was what a Herzog-directed “Conan the Barbarian” would be like, which instantly made it a must-see for me. Alas, even though that description is not inaccurate, the actual film is a letdown. Oh, the cinematography is gorgeously stark, Mads Mikkelsen cuts a striking figure as the one-eyed, mute Norse slave/warrior hero, there are some brutally intense bursts of violence… And in theory, the bare-bones storytelling, contemplative tone, otherworldly feel, sparse dialogue and minimalist score should have turned this tale of Vikings, men of God and New World primitives into a mesmerizing experience. But while it starts out promisingly enough, “Valhalla Rising” never builds any kind of momentum and ultimately, it’s slow, uneventful and glum to a fault, with characters spending practically the whole movie just standing around. You get the feeling Nicolas Winding Refn is going for some kind of mythical allegory, but it beats me what exactly it could be. ]

(16 Dec) Staying Alive (1983, Sylvester Stallone) 32
[ Wait, was Tony Manero such a douche bag in “Saturday Night Fever”? I mean, I’ve rarely seen a beloved movie icon come off like such a jackass than John Travolta’s character does in this spectacularly misguided sequel to the 1977 classic. Here, Tony spends the whole film dicking around between his too-nice blonde girlfriend and a rich brunette bitch, like Archie double-timing Betty and Veronica. Meanwhile, he’s still dancing, but instead of moving like a sexy and dangerous creature of the night, now he’s trying to make it on Broadway in Satan’s Alley, the campiest show this side of Goddess (that’s the show in “Showgirls”, but you knew that already, right?). Oh, and following up on a movie which featured one of the best soundtracks of all time is quite an ordeal and, obviously, the Bee Gees leftovers and the cheesy ’80s numbers by Frank Stallone don’t cut it. Yep, Frank Stallone, whose music is a staple of the flicks directed by his brother. Because yeah, for some reason, Sylvester Stallone helmed the “Saturday Night Fever” sequel which, among other things, means it’s full of “Rocky”-style montage sequences! You almost have to see “Staying Alive” just to try to understand how a ridiculous film like this can even exist… “You know what I wanna do? Strut.” ]

(18 Dec) Rabbit Hole (2010, John Cameron Mitchell) [ review ] 91

(18 Dec) Hugh Hefner: Playboy, Activist and Rebel (2010, Brigitte Berman)
[ An old bastard in a bathrobe surrounded with big-titted girls wearing bunny ears and celebrities partying in the Playboy Mansion: this is the image we generally have of “Playboy” founder Hugh Hefner. But through this very interesting documentary, we realize that he was an integral part of the sexual revolution, also getting involved with the Civil Rights movement, pushing forward anti-establishment politics, fighting for Freedom of speech and denouncing McCarthyism, the Vietnam war, the War on drugs, the religious right and so on. Cutting back and forth between talking-heads segments and archival footage, plus cartoon sequences and jazz music performances, Brigitte Berman’s film is a truly rewarding watch. Oh, and in case you wonder, yeah, we do get to see big-titted girls and celebrities partying in the Mansion as well! ]

(19 Dec) Starship Troopers (1997, Paul Verhoeven) [ review ] 93

(20 Dec) Pierre Falardeau (2010, German Gutierrez & Carmen Garcia)
[ Le 25 septembre 2009, le Québec a perdu un de ses plus ardents défenseurs, un homme qui s’est battu toute sa vie pour la liberté et l’indépendance, pas toujours avec élégance, mais indéniablement avec coeur, courage et conviction. Avec ce magnifique documentaire, German Gutierrez et Carmen Garcia font revivre Pierre Falardeau à travers un judicieux agencement d’entrevues, d’images d’archives et, bien sûr, d’extraits de ses films, des premiers documentaires réalisés avec Julien Poulin (Continuons le combat, Pea Soup, etc.) à la série des Elvis Gratton et aux oeuvres-clés que sont Le Party, Octobre et 15 février 1839. Souvent drôle et inspirant, Pierre Falardeau s’avère aussi des plus émouvants lorsqu’il nous montre l’une des dernières sorties publiques du cinéaste, au côté de ses fils. ]

(20 Dec) MacGruber (2010, Jorma Taccone) 68
[ How do you make a feature out of a silly one-joke SNL skit about a MacGyver-style action hero? By making an almost note-perfect pastiche of 1980s Hollywood action flicks, from the plot to the visuals and music (Eddie Money, Toto, Gerry Rafferty, Mr. Mister, Michael Bolton, etc.). The gags are almost beside the point – it’s all about the macho bullshit, over the top mayhem and the throat-ripping! Will Forte is hit-and-miss in the lead, but he’s well surrounded by straight man Ryan Phillippe and romantic interest Kristen Wiig, and Val Kilmer is awesome as the villainous Dieter Von Cunth. ]

(21 Dec) Exit Through the Gift Shop (2010, Banksy)
[ Featuring deadpan voice-over narration by Rhys Ifans and a dynamic score by Portishead’s Geoffrey Paul Barrow, this film, about the already fascinating world of street art in general and Banksy in particular, is made all the more fun, thought-provoking and memorable by the inclusion of a (fictional?) narrative about how the documentary maker becomes the documentary subject and vice-versa. Furthermore, when Banksy inspires goofy-looking Frenchman-with-a-camera Thierry Guetta to transform himself into pseudo-street artist Mister Brainwash, “Exit Through the Gift Shop” evolves into a brilliant satire of how hype can turn the works of an untalented unknown into a phenomenon, how the underground can quickly end up being mass-produced for the mainstream and how, as such, art can be a bit of a joke. ]

(22 Dec) True Grit (2010, Ethan & Joel Coen) [ review ] 47

(27 Dec) Gainsbourg (vie héroïque) (2010, Joann Sfar) 36
[ A shapeless narrative, full of forced whimsy (most notably, a puppet doppelganger who follows the protagonist around) and hit-and-run celebrity cameos (Lucy Gordon as Jane Birkin, Laetitia Casta as Brigitte Bardot, Anna Mouglalis as Juliette Gréco, Sara Forestier as France Gall, Philippe Katerine as Boris Vian, Yolande Moreau as Fréhel, Mylène Jamanoï as Bambou, etc.), that will only appeal to people who already know and love the notorious French artist. Eric Elmosnino is fine as Serge Gainsbourg, I guess, but what do we really learn about the man beside the obvious superficial traits, e.g. that he wrote some great songs, that he enjoyed pretty women, and that he smoked and drank too much in this thoroughly self-indulgent feature? Precious little, I’m afraid. ]

(29 Dec) Black Swan (2010, Darren Aronofsky) [ review ] 94

November / December