2018 log (11)

(3 Nov) The Other Side of the Wind (2018, Orson Welles)
[ Un glorieux fourre-tout d’idées et d’images, tourné sur des années, monté sur des décennies. Un hommage satirique au cinéma par le plus emblématique cinéaste hollywoodien, Orson Welles, qui raconte la dernière journée d’un alter ego incarné par un autre imposant cinéaste, John Huston. Un genre de faux documentaire kaléidoscopique, multipliant les points de vue, avec un film-dans-le-film de surcroît. Assurément l’événement cinéphile de l’année. ]

(3 Nov) They’ll Love When I’m Dead (2018, Morgan Neville)
[ Ce documentaire sur Orson Welles et son dernier film si longtemps inédit renforce encore plus l’impression que c’est un miracle qu’on puisse aujourd’hui finalement voir The Other Side of the Wind. La longue gestation du projet détaillée ici est presque aussi fascinante que le film lui-même.
]

(4 Nov) A Final Cut for Orson: 40 Years in the Making (2018, Ryan Suffern)
[ Dernier morceau du puzzle The Other Side of the Wind assemblé par Netflix, ce court documentaire se concentre sur le processus entourant la récupération du négatif, les questions légales, et surtout la longue et complexe post-production d’abord analogique, puis numérique. Aussi, la musique de Michel Legrand, et le looping de certains dialogues par, notamment, Danny Huston, le fils de John. ]

(4 Nov) Eight Grade (2018, Bo Burnham)
[ La culture YouTube m’ennuie, mais ce premier long métrage de Bo Burnham est parvenu à m’intéresser à la vie d’une ado qui y est plongée. Parce que tout semble crédible, que la réalisation est dynamique, et surtout, qu’Elsie Fisher incarne parfaitement tout l’inconfort qu’on ressent quand on n’est pas un cool kid. Gucci. ]

(5 Nov) Game Night (2018, John Francis Daley & Jonathan M. Goldstein)
[ Version comique de The Game, ce film se distingue non seulement par ses nombreux gags réussis, mais aussi par sa réalisation proprement Fincheresque. C’est drôle, mais de plus, les scènes de suspense ou d’action fonctionnent vraiment. ]

(6 Nov) Quincy (2018, Alan Hicks & Rashida Jones)
[ Quincy Jones a joué/arrangé/réalisé pour tout le monde, de Count Basie à Ray Charles, Frank Sinatra et Michael Jackson, en plus de composer des musiques de films, et de produire pour le cinéma et la télé. Ce documentaire s’attarde aussi à la vie personnelle de Q, sa famille, ses mariages, ses enfants, ses problèmes de santé, son travail humanitaire, et de façon plus générale, son rôle historique dans l’évolution de la place des Afro-Américains au fil des décennies. ]

(7 Nov) The Greatest Showman (2017, Michael Gracey)
[ Ce film sur P.T. Barnum (l’irrésistible Hugh Jackman) est une fantaisie sirupeuse qui n’a pas grand-chose à voir avec la réalité, soit. C’est aussi une production somptueuse avec plein de chansons pop anachroniques, mais accrocheuses, et même si les ficelles sont grosses, j’ai eu les yeux humides par moments. ]

(8 Nov) Sorry to Bother You (2018, Boots Riley)
[ Satire mordante et militante du capitalisme et de comment un Afro-Américain (Lakeith Stanfield) doit s’effacer (le changement de voix) ou s’abaisser (le rap!) pour avancer dans un milieu blanc, ce premier long métrage de Boots Riley est étonnant, énergique et éclaté. Un peu comme un film de Spike Jonze, mais au dernier acte, à partir du party d’Arnie Hammer, c’est encore plus dément! ]

(9 Nov) Outlaw King (2018, David Mackenzie)
[ Suite indirecte de Braveheart, ce film sur Robert the Bruce (Chris Pine) est assez épique (champs, chevaux, châteaux), mais avec moins de ferveur et de brutalité que le film de Mel Gibson, à part quelques moments. Surtout, le récit est mollement mené, sans qu’on s’attache aux personnages. ]

(10 Nov) Bohemian Rhapsody (2018, Bryan Singer)
[ Peut-être faut-il être fan de Queen et fasciné par le rock des années 1970, mais j’ai absolument adoré ce biopic. Au-delà des inévitables raccourcis et clichés, il y l’histoire touchante de Freddie Mercury (flamboyant Rami Malek) et de jouissives scènes en studio et sur scène. Le tout culmine avec le set de Queen à Live Aid, une de mes séquences préférés de l’année, qui m’a ému aux larmes. ]

(11 Nov) Future World (2018, James Franco & Bruce Thierry Cheung)
[ Dans un monde post-apocalyptique à la Mad Max, James Franco est un salopard à moto qui contrôle une femme-robot (Suki Waterhouse) égarée de Blade Runner. Il y aussi Lucy Liu à l’Oasis, Snoop Dogg à Love Town, et surtout Milla Jovovich à Drug Town, qui vole le film. C’est de la grosse série B cheap, mais ça dure juste 88 minutes et c’est un genre de film poche, mais vaguement distrayant. ]

(12 Nov) Private Life (2018, Tamara Jenkins)
[ Un couple d’intellectuels dans la quarantaine (Paul Giamatti & Kathryn Hahn) tente difficilement d’avoir un enfant : reproduction assistée, adoption, etc. C’est plein de détails aussi crédibles que confondants, d’humour grinçant, de malaises… Kaili Carter est la révélation du film dans le rôle de la nièce du couple. ]

(14 Nov) Highlander (1986, Russell Mulcahy)
[ Le logo de Cannon. La première chanson de Queen (Princes of the Universe). Un match de lutte avec, dans le public, Connor MacLeod (ténébreux Christophe Lambert), qui a des flash-backs d’un champ de bataille en Écosse médiévale. Le palpitant combat d’épées dans le stationnement et sa conclusion surnaturelle. Tout ça en 10 minutes! Highlander, c’est Braveheart avant l’heure, mixé avec un film d’action post-Terminator (l’homme du passé remplace l’homme du futur), avec une réalisation dynamique et stylisée, presque bédéesque. La mythologie est incroyablement riche, Sean Connery joue le mentor qui a entraîné Connor à l’époque, la musique de Michael Kamen incorporant les chansons de Queen (dont Who Wants to Live Forever lors des scènes romantiques) est fabuleuse, et le combat final contre le Kurgan est si cool qu’il a été immortalisé dans Prank. ]

(15 Nov) Highlander 2: The Quickening (1991, Russell Mulcahy)
[ Au début du premier film, Connor MacLeod (Christophe Lambert) est à la lutte; au début du deuxième, il est à l’opéra. Oh, et on est en 2024, et un flash-back nous apprend que le Highlander était originalement un guerrier de l’espace avant d’être banni sur Terre par le général Katana (Michael Ironside). Bref, on est en pleine science-fiction ou carrément dans un film de super-héros mythologique à la Thor, avec un peu de comédie fish-out-water impliquant Ramirez (Sean Connery), mystérieusement ressuscité et propulsé dans le futur. Le scénario est pas mal n’importe quoi, mais c’est parfois amusant, comme la délirante scène du métro hors de contrôle. (Note : j’ai vu le director’s cut de 2004.) ]

(17 Nov) The Ballad of Buster Scruggs (2018, Joel & Ethan Coen)
[ Extra Beurre ]

(17 Nov) Speed Kills (2018, Jodi Scurfield)
[ La carrière de John Travolta est en montagnes russes. Mais même dans ses plus mauvais films, il dégage assez de charisme pour maintenir notre intérêt. Ainsi, même si ses plus récents projets, le diptyque sous-Scorsese formé de Gotti et Speed Kills, sont parmi les pires de l’année, j’ai eu plus de plaisir à les regarder que certains bons films. Cette histoire de magnat des “sexy” speedboats frayant avec la pègre est ridiculement maladroite à tous égards, mais il y a toujours une lueur dans le regard et un éclat dans le sourire de Travolta qui nous rappellent pourquoi on l’aime. ]

(18 Nov) Cam (2018, Daniel Goldhaber)
[ Se déroulant dans le monde apparemment très compétitif des camgirls, ce film commence comme un genre de Showgirls virtuel, puis glisse graduellement vers le troublant techno-thriller à la Black Mirror. L’actrice Madeline Brewer est une révélation. ]