2008 log (5)

(1 May) L’Atelier de mon père (2008, Jennifer Alleyn) 73
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(3 May) Raiders of the Lost Ark (1981, Steven Spielberg) [ review ] 93

(4 May) Territories (2008, Mary Ellen Davis) ok
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(5 May) Indiana Jones and the Temple of Doom (1984, Steven Spielberg) [ review ] 94

(6 May) Speed Racer (2008, Andy & Larry Wachowski) [ review ] 52

(7 May) Homo Toxicus (2008, Carole Poliquin) blech
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(7 May) Son of Rambow (2008, Garth Jennings) 64
[ Au risque de paraître nostalgique, on se rappellera affectueusement notre enfance pendant les années 80, dans le temps où les gamins pouvaient regarder des films ultraviolents, puis passer d’innombrables heures à jouer à la guerre en se prenant pour Rambo. C’était bruyant, salissant et parfois casse-cou, mais surtout tellement amusant! Son of Rambow est en quelque sorte une capsule temporelle de cette époque. Peut-être pour faire un parallèle avec les enfants surprotégés d’aujourd’hui, le protagoniste du film, Will (Bill Milner), est issu d’une famille faisant partie de la communauté religieuse des Plymouth Brethren, qui lui interdit de regarder la télévision, d’aller au cinéma et d’écouter de la musique populaire. Aussi improbable que touchante, l’amitié qu’il développera avec Lee (Will Poulter), un camarade de classe délinquant, l’exposera à toutes ces “mauvaises” influences. L’élément déclencheur de l’émancipation de Will sera le visionnement d’une copie piratée de First Blood, qui inspirera Lee et lui à tourner une vidéo amateur s’inspirant des aventures du soldat dur à cuire interprété par Sylvester Stallone. Ceci s’apparente un peu à Be Kind Rewind, mais en beaucoup plus senti. Contrairement au film de Michel Gondry, qui semblait faire l’apologie du cinéma bâclé, la démarche des jeunes héros de Son of Rambow, aussi naïve et maladroite soit-elle, est indéniablement sincère et pleine de créativité. S’inspirant de sa propre enfance marquée par les films de gros bras et l’avènement de la vidéo, le scénariste et réalisateur Garth Jennings (The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy) s’est aussi amusé en donnant un aspect fantaisiste au récit. Sans pousser la stylisation aussi loin que dans Rushmore, par exemple, l’influence de Wes Anderson se fait tout de même parfois sentir, particulièrement lors des scènes impliquant Didier, un étudiant français en échange incarné par Jules Sitruk, le môme dans Monsieur Batignole et Moi César, méconnaissable en adolescent looké comme un chanteur new wave androgyne! En fin de parcours, Jennings semble ne plus trop savoir comment conclure le film et se rabat sur un excès de sentimentalité. Malgré tout, Son of Rambow demeure un regard rafraîchissant sur l’enfance, une période de la vie qui n’est pas toujours aussi proprette que dans les films de Walt Disney. ]

(8 May) Au pays des colons (2008, Denys Desjardins) 71
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(9 May) Indiana Jones and the Last Crusade (1989, Steven Spielberg) [ review ] 85

(12 May) Les Animaux amoureux (2008, Laurent Charbonnier) cute
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(14 May) Le monde selon Monsanto (2008, Marie-Monique Robin) heavy, man
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(18 May) Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull (2008, Steven Spielberg) [ review ] 91

(19 May) Knocked Up (2007, Judd Apatow) [ review ] 69

(21 May) Les plus beaux yeux du monde (2007, Charlotte Laurier) 14
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(26 May) You Don’t Mess with the Zohan (2008, Dennis Dugan) 38
[ Croisement improbable entre Munich et Shampoo, You Don’t Mess with the Zohan met en vedette Adam Sandler dans le rôle de Zohan, un soldat commando israélien qui, afin de réaliser son rêve de devenir coiffeur-vedette à New York, simule sa propre mort aux mains de son ennemi mortel, l’ignoble terroriste palestinien Phantom (John Turturro, hilarant). Les 20 premières minutes du film, qui se déroulent dans un Israël aussi caricatural que le Kazakhstan dépeint dans Borat, sont plutôt amusantes. D’autre part, Zoran apparaît d’abord comme un personnage assez savoureux, lui qui affectionne l’hummus, la musique dance des années 90 et les shorts mettant en valeur son entrejambe. La séquence où il infiltre le repaire du Phantom, multipliant les acrobaties impossibles, arrêtant les balles de ses ennemis avec ses doigts et ainsi de suite, tel un véritable cartoon humain, est aussi réjouissante. C’est lorsque l’action se déplace aux États-Unis que les choses se gâtent, alors que le film cesse d’être une parodie de film d’action teintée d’un “exotisme” volontairement ringard pour devenir une banale comédie de situation. Zohan réussit tant bien que mal à se faire engager dans un salon de coiffure d’un quartier new-yorkais où cohabitent Juifs et Arabes, ce qui donne lieu à beaucoup de gags jouant sur les stéréotypes raciaux. Mais pour ne pas trop froisser ces communautés, le film les fait s’unir contre un antagoniste que tous peuvent détester confortablement, soit un promoteur immobilier vieux, riche et surtout blanc, qui veut raser tous les petits commerces du coin pour bâtir un centre commercial. Par ailleurs, peut-être parce qu’ils se sont rendu compte que les rires ne fusaient pas nécessairement à la vue d’un gars qui coupe des cheveux, même si c’est un super-soldat, Sandler et ses coscénaristes Robert Smigel et Judd Apatow ont fait de Zohan un obsédé sexuel qui passe plus de temps à “zigner” ses clientes qu’à les coiffer. L’introduction d’un tournoi d’aki et l’apparition inutile de Mariah Carey ne viennent pas améliorer les choses. You Don’t Mess with the Zohan reprend du mieux lorsque le Phantom débarque à New York et qu’on a enfin droit à une autre scène d’action délirante, mais c’est malheureusement trop peu, trop tard. ]

(27 May) Standard Operating Procedure (2008, Errol Morris) 79
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(28 May) The Children of Huang Shi (2008, Roger Spottiswoode) 22
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(29 May) Girls Rock! (2008, Arne Johnson & Shane King) 67
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(31 May) Helvetica (2008, Gary Hustwit) 60
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April / June

2008 log (4)

(2 Apr) Street Kings (2008, David Ayer) 49
[ Tel un Dirty Harry du 21e siècle, Tom Ludlow (Keanu Reeves) est un policier qui n’hésite pas à contourner les procédures et à se faire juge, jury et bourreau. Après de nombreuses années de ce régime approuvé tacitement par son supérieur (Forest Whitaker), il se heurte au commissaire aux affaires internes (Hugh Laurie), qui est bien décidé à faire le ménage dans le département, où la corruption et les manques à l’éthique pullulent. Ludlow croit avoir été dénoncé par son ancien partenaire mais, avant qu’il puisse le confronter à ce sujet, ce dernier est abattu par des membres d’un gang de rue (les rappeurs Common et The Game)… Comme dans Harsh Times, le film précédent de David Ayer, on découvre dans Street Kings un Los Angeles contemporain semblable au Far West, la ville y étant le théâtre d’incessantes éruptions de violence. Le cinéaste, à qui l’on doit aussi le scénario du tout aussi excessif Training Day, affirme à qui veut l’entendre qu’il a lui-même grandi dans un quartier chaud de L.A. et que sa “vision artistique” n’est que le reflet de ce qui s’y passe; avec Street Kings, on a cependant davantage l’impression de se retrouver dans un film d’action débile que devant un portrait réaliste du chaos urbain. Si l’on ignore toute notion de vraisemblance, les nombreuses altercations brutales et fusillades qu’on retrouve dans Street Kings sont indéniablement intenses, et la réalisation d’Ayer est musclée à souhait. Or, au lieu de s’en tenir à cela, le film se prend beaucoup trop au sérieux et semble convaincu d’avoir un message profond à transmettre à propos du maintien de l’ordre et de la corruption. Mais, malgré le fait que James Ellroy soit l’un des trois scénaristes crédités au générique et qu’on remarque quelques échos narratifs, on est bien loin de L.A. Confidential. Harsh Times possédait plusieurs des défauts du nouveau film d’Ayer, mais il était élevé par la performance explosive de Christian Bale. Avons-nous besoin de préciser que, tel qu’interprété par Keanu Reeves, le protagoniste est cette fois beaucoup moins convaincant? À ses côtés, Forest Whitaker et Hugh Laurie se démènent comme ils peuvent dans des rôles ingrats, mais ceci ne suffit pas à sauver l’ensemble. ]

(3 Sept) Ben X (2007, Nic Balthazar) 82
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(3 Apr) Forgetting Sarah Marshall (2008, Nicholas Stoller) [ review ] 67

(3 Apr) South Park 12.4 (2008, Trey Parker)
[ PETER GRIFFIN – “Remember that time I sang La Cucaracha for Paul McCartney?” ]

(4 Apr) Shine a Light (2008, Martin Scorsese) 66
[ Part of the Directors Series ]

(6 Apr) Irina Palm (2008, Sam Garbarski) 45
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(9-… Apr) Freaks and Geeks (1999, Judd Apatow)
[ I remember stumbling on an episode or two of this (“Undeclared”, too) on TV back in the day, but finally sitting down to watch this series now is particularly cool, as you can see all these future stars of Apatow productions: Seth Rogen, Jason Segel, James Franco… And Linda Cardellini and John Francis Daley, who are pretty much the leads here, are as endearing as it gets. Samm Levine and Martin Starr are also great, especially the latter, who might just be the funniest guy on the show. ]

(9 Apr) South Park 12.5 (2008, Trey Parker)
[ MR. GARRISON – “Boys, have you seen my penis? If you see it, try to catch it with some cheese!” ]

(10 Apr) The Forbidden Kingdom (2008, Rob Minkoff) 52
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(10 Apr) Dans une galaxie près de chez-vous 2 (2008, Philippe Gagnon) 37
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(14 Apr) Young@Heart (2008, Stephen Walker) 78
[ Vers la fin de sa vie, Johnny Cash a enregistré une relecture de Hurt qui, avec tout le bagage que l’Homme en noir y a insufflé, s’est avérée encore plus poignante que la version originale de Nine Inch Nails. Les choristes qu’on découvre dans Young@Heart, dont l’âge moyen est de 80 ans, n’ont peut-être pas la présence iconique de Cash, mais leurs interprétations de pièces de Prince (Nothing Compares 2 U), The Clash (Should I Stay or Should I Go) ou Talking Heads (Road to Nowhere) sont similairement enrichies par l’expérience de vie qu’ils y apportent. Fondée en 1982 dans une résidence pour personnes âgées de Northampton, Massachusetts, la chorale Young@Heart se distingue par le choix de ne pas se limiter aux hymnes et airs rétro auxquels on pourrait s’attendre de sa part. Le directeur Bob Cilman pousse constamment ses choristes à se dépasser en les faisant sortir de leur zone de confort, n’hésitant pas à leur faire apprendre des chansons exigeantes. Les aînés ont parfois de la difficulté avec certaines paroles (comme les 71 “can” de Yes We Can Can d’Allen Toussaint) ou certaines mélodies (comme la dissonance post-punk de Schizophrenia de Sonic Youth), mais ils parviennent presque toujours à prévaloir. Stephen Walker capte tout ce processus dans son inspirant documentaire, qui nous fait découvrir comment chanter permet à ces vieillards de s’extérioriser, d’oublier momentanément leurs petits et grands maux et, oui, de garder le coeur jeune. De fait, des pièces comme Golden Years (de David Bowie) ou Forever Young (de Bob Dylan) prennent tout leur sens lorsque ces derniers les entonnent. Et que dire de leur interprétation d’I Wanna Be Sedated, dont le refrain semble drôlement plus littéral dans leurs bouches que dans celles des Ramones! Bien sûr, tout n’est pas rose quand on a 70, 80 ou 90 ans, et alors que la date de leur prochain concert approche, la maladie et la mort frappent plusieurs d’entre eux. Or, plutôt que de les décourager, ces revers ne font que motiver encore davantage les membres de la chorale à continuer à vivre pleinement et à chanter tant qu’ils en auront l’énergie. L’exemple le plus mémorable étant certainement la vue de l’auguste Fred Knittle qui, malgré le fait qu’il soit branché à un respirateur artificiel, offre la plus émouvante version imaginable de Fix You de Coldplay. ]

(15 Apr) CJ7 (2008, Stephen Chow) 21
[ Surtout connu pour ses parodies de films d’arts martiaux telles que Shaolin Soccer et Kung Fu Hustle, Stephen Chow s’essaie ici au cinéma pour enfants. Considérant que les réalisations précédentes du cinéaste hongkongais s’apparentaient déjà à des cartoons en chair et en os, cette transition n’est pas si surprenante, quoique l’humour de Chow ne soit souvent pas tant enfantin que carrément débile. Racontant l’histoire d’un gamin qui se lie d’amitié avec une créature extraordinaire, CJ7 est un énième dérivé du E.T.: The Extra-Terrestrial de Steven Spielberg, qui demeure de loin le chef-d’oeuvre du genre (seul The Iron Giant a failli l’égaler). Le petit protagoniste est ici Dicky Chow (Xu Jiao, qui est en fait une fille), un garçon orphelin de sa mère et dont le père (Chow) passe presque tout son temps à travailler afin de pouvoir l’envoyer dans une école privée. N’ayant plus d’argent pour acheter des jouets à son fils, Papa arpente les dépotoirs pour lui en trouver. C’est ainsi qu’un soir, il déniche cette curieuse chose que Dicky baptisera CJ7, et qu’on pourrait décrire comme un croisement entre un poméranien et la substance verte caoutchouteuse dans Flubber. Dotée de pouvoirs magiques, la bestiole, qui s’avère être un petit extra-terrestre oublié sur Terre par les siens lors de la visite d’une soucoupe volante, aidera et amusera le môme de diverses façons, mais lui causera aussi beaucoup d’ennuis… S’ensuit un délire slapstick faisant usage d’innombrables effets spéciaux, ce à quoi Chow nous a habitués, avec quelques trouvailles inspirées (particulièrement la petite brute qui gère la cour d’école comme si c’était une entreprise) mais surtout beaucoup de gags idiots, faciles ou juvéniles. Vers la fin, le film prend un virage mélodramatique, faisant de CJ7 une figure christique de sauveur/martyr, un peu comme dans E.T., mais en beaucoup moins touchant. CJ7 est par ailleurs curieusement moralisateur, le père passant tout le film à répéter que ce n’est pas parce qu’on est pauvre qu’on ne peut pas être intègre, qu’il n’est pas bien de se battre, de mentir ou de voler, que c’est très important d’étudier et d’avoir de bonnes notes à l’école, etc. Dites donc, c’est un film qu’on regarde ou un pamphlet pédagogique? ]

(16 Apr) Le Piège américain (2008, Charles Binamé) 50
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(16 Apr) South Park 12.6 (2008, Trey Parker)
[ RANDY MARSH – “Japanese girls puke in each other’s mouths… Oh, nice! Now, see some bestiality… Ah, yes! Let’s get some Brazilian fart porn in there! Oh, that’s got it!” ]

(20 Apr) Family Motel (2007, Helene Klodawsky) 70
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(22 Apr) Harold & Kumar Escape from Guantanamo Bay (2008, Jon Hurwitz & Hayden Schlossberg) [ review ] 63

(23 Apr) South Park 12.7 (2008, Trey Parker)
[ CARTMAN – “Oh my Jesus Christ monkey balls!” ]

(25 Apr) Extras – The Extra Special Series Finale (2007, Ricky Gervais & Stephen Merchant) 65
[ A surprisingly sober closer to the series. Well, it’s not that surprising, as there’s always been more serious undertones in the show, about the nature (and pointlessness) of fame and the such. But getting laughs is clearly not the priority here, which can be kind of a bummer. Still, there are some major guffaws here and there, particularly during that one Clive Owen scene. ]

(28 Apr) Fugitive Pieces (2007, Jeremy Podeswa) 36
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(30 Apr) Redbelt (2008, David Mamet) 81
[ Propriétaire d’une école de jiu-jitsu au bord de la faillite, Mike Terry (Chiwetel Ejiofor) refuse de déroger à ses principes pour améliorer sa situation financière, ce qui déplaît considérablement à son épouse (Alice Braga). Ainsi, bien que son beau-frère (Rodrigo Santoro), un promoteur de combats extrêmes, lui fasse miroiter des sommes mirobolantes, Mike n’a jamais accepté de se joindre au circuit professionnel, estimant que la compétition compromet l’intégrité d’un combattant. Or, une combinaison de circonstances imprévisibles impliquant un policier (Max Martini), une avocate (Emily Mortimer) et une vedette hollywoodienne (Tim Allen) le forcera à se remettre en question…Avouons-le d’emblée, l’annonce que David Mamet allait réaliser un film d’arts martiaux avait de quoi laisser perplexe. Il s’avère toutefois que le renommé dramaturge et cinéaste américain étudie le jiu-jitsu depuis cinq ans avec le maître brésilien Renato Magno, qui a chorégraphié les scènes de combat de Redbelt. De surcroît, Mamet considère cette discipline, dont la pratique remonte à l’époque des samouraïs, comme étant l’incarnation parfaite de l’héroïsme moral. En faisant adhérer à un tel code d’honneur le protagoniste de son film, par ailleurs en continuité avec le reste de son oeuvre, où règnent la cupidité et la manipulation, Mamet met la table pour une fascinante étude de contrastes. Redbelt flirte avec les clichés du genre (certains éléments du récit ne sont pas si différents de ceux d’un film de Steven Seagal, par exemple), pour ensuite adroitement les détourner, un peu comme aime le faire Quentin Tarantino. Le film se démarque d’autre part en dénonçant la commercialisation des événements sportifs, dont les promoteurs semblent être devenus les véritables gagnants, eux qui se remplissent souvent les poches en exploitant les athlètes. Élégamment mis en images par Robert Elswit (récemment oscarisé pour la direction photo de There Will Be Blood), Redbelt est aussi doté d’une distribution impeccable, menée par le toujours aussi charismatique et nuancé Chiwetel Ejiofor qui, découvre-t-on avec étonnement, peut botter des culs de façon drôlement convaincante, à l’écran du moins! Mentionnons enfin la présence bienvenue de plusieurs habitués des films de Mamet, notamment Joe Mantegna, Rebecca Pidgeon (madame Mamet à la ville) et Ricky Jay. ]

(30 Apr) Iron Man (2008, Jon Favreau) 74
[ Créé en 1963 par Stan Lee et Jack Kirby, Iron Man se distingue en mettant en scène un protagoniste défini avant tout par ses lacunes, autant physiques que morales. D’abord, le plastron électromagnétique de l’armure hi-tech qui donne ses pouvoirs à Tony Stark n’a pas été conçu pour casser du super-vilain, mais en fait pour lui sauver la vie après que des éclats d’obus se soient logés près de son coeur. Stark n’est par ailleurs pas un jeune homme idéaliste, mais plutôt un fabricant d’armes quadragénaire riche et cynique, qui boit trop et multiplie les conquêtes sexuelles. Tout ceci faisait du casting de Robert Downey Jr. un choix en apparence drôlement judicieux, considérant les frasques passées de l’acteur. Et dès la séquence d’ouverture, alors que Stark lance boutade après boutade, apparemment insouciant du fait qu’il soit assis à l’arrière d’un Humvee blindé traversant une zone dangereuse de l’Afghanistan, cette impression ne fait que se confirmer. Même si on en retirait les scènes d’action, le film vaudrait le détour pour la savoureuse performance de Downey Jr., c’est tout dire! N’allez toutefois pas croire que les moments de bravoure d’Iron Man sont banals. Le réalisateur Jon Favreau (Made, Elf) ne possède peut-être pas le génie d’un Sam Raimi (la trilogie Spider-Man) ou d’un Christopher Nolan (Batman Begins et The Dark Knight, qui prendra l’affiche cet été), mais il fait un boulot efficace derrière la caméra, orchestrant des affrontements super-héroïques souvent époustouflants. À cet égard, soulignons aussi les effets spéciaux conçus par ILM et Stan Winston, qui sont tout simplement irréprochables. Certains pourraient toutefois déplorer la façon dont, comme c’est souvent le cas dans le premier film d’une franchise, Iron Man se termine tout juste quand les choses deviennent vraiment intéressantes. La majeure partie du récit est en effet consacrée à dépeindre l’origine de Tony Stark, la construction et le perfectionnement de son armure et, finalement, sa décision de devenir un super-héros. En d’autres mots, ses exploits les plus extraordinaires sont encore devant lui. Mais, comme nous le mentionnons, ceci n’est pas vraiment un problème car, même lorsqu’il est en train de bidouiller dans son atelier, de bavarder avec ses proches (Gwyneth Paltrow, Terrence Howard et Jeff Bridges, dans des rôles unidimensionnels) ou de donner une conférence de presse, Downey Jr. est aussi divertissant que toutes les bagarres et les explosions du monde. ]

March / May

2008 log (3)

(2 Mar) Clint Eastwood, le franc-tireur (2008, Michael Henry Wilson) 65
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(3 Mar) Miss Pettigrew Lives for a Day (2008, Bharat Nalluri) 79
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(5 Mar) Funny Games (2008, Michael Haneke) [ review ] 77

(7 Mar) O Ano em Que Meus Pais Saíram de Férias (2006, Cao Hamburger) 62
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(8 Mar) UPA! Una película argentina (2007, S. Giralt, C. Toker & T. Garateguy) 43

(8 Mar) Stellet Licht (2007, Carlos Reygadas) 91
[ Le film débute avec un plan hypnotisant de près de cinq minutes montrant le lever du soleil, alors qu’on entend les cris insistants des animaux de la ferme. Nous rencontrons ensuite Johan (Cornelio Wall), son épouse (Miriam Toews) et leurs enfants, un clan de mennonites qui semble tout droit sorti d’une autre époque. Nous découvrons toutefois bien vite que certaines choses sont universelles, peu importent nos croyances et nos coutumes, alors que le patriarche révèle à un ami être amoureux d’une autre femme (Maria Pancratz). Le coeur veut ce qu’il veut, et la loi de Dieu et des hommes a bien peu d’influence sur nos sentiments les plus profonds. L’intrigue du film est toute simple, limitée sensiblement à la crise morale d’un homme déchiré entre sa loyauté envers sa famille et le désir incontrôlable qu’il ressent pour sa maîtresse. Là où Lumière silencieuse prend des dimensions mythiques et élégiaques, c’est dans le contexte et l’approche de cette histoire. On a souvent l’impression de se retrouver dans le jardin d’Éden, au sein d’une nature splendide, sous des cieux majestueux illuminés par la lumière divine. Reygadas capte le tout en une succession de tableaux visuellement époustouflants, qui évoquent autant Dreyer que Malick. Lumière silencieuse étant une oeuvre minimaliste et austère, les élans passionnels qu’on y retrouve s’en voient magnifiés. À cet égard, l’exactitude émotionnelle des interprètes est exceptionnelle, particulièrement lorsqu’on sait que ce sont des non-professionnels, recrutés à même la communauté mennonite. Magistral. ]

(9 Mar) El Custodio (2006, Rodrigo Moreno) 46
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(10 Mar) Sleepwalking (2008, William Maher) 0
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(12 Mar) Americano (2007, Carlos Ferrand) 80
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(13 Mar) South Park 12.1 (2008, Trey Parker)
[ CARTMAN – “I’m not just sure, Butters, I’m HIV positive!” ]

(13 Mar) Año uña (2007, Jonás Cuarón) 51
(15 Mar) El Rey de la montaña (2007, Gonzalo López-Gallego) 56
(16 Mar) La Señal (2007, Ricardo Darín) 44
[ Reviewed for Voir ]

(18 Mar) Snow Angels (2008, David Gordon Green) [ review ] 90

(19 Mar) South Park 12.2 (2008, Trey Parker)
[ SOME DUDE – “Britney was chosen a long time ago to be built up and adored, and then sacrificed. For harvest.” ]

(20 Mar) 3:10 to Yuma (2007, James Mangold) 80
[ Based on an Elmore Leonard story, this Western pits the badass Christian Bale against a badass Russell Crowe, in a battle of wills and six-shooters, natch. The story’s pretty classic, part “Rio Bravo”, part “High Noon”, with an outlaw being held prisoner while his gang tries to break him out and the upcoming arrival of a train acting as the movie’s clock. But this is clearly a modern take on the genre, for better or worse, with more flash and action… Mangold’s direction is effective, if not particularly epic, lyrical or distinctive. On the other hand, the acting is less stiff than that of the likes of John Wayne and Gary Cooper — I could watch Bale and Crowe all day. And while some of the plot turns are iffy, that final showdown is pretty damn awesome. ]

(23 Mar) 3 amis (2008, Michel Boujenah) 3
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(25 Mar) Run Fatboy Run (2008, David Schwimmer) 34
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(26 Mar) le fils de l’épicier (2008, Eric Guirado) 75
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(26 Mar) South Park 12.3 (2008, Trey Parker)
[ BOOBAGE KING – “This must be decided at the Breastiary, in Nippopolis.” ]

(28 Mar) The Man Who Shot Liberty Valance (1962, John Ford) 70
[ Fuddy-duddy attorney/dishwasher/professor/senator James Stewart and badass gunslinger John Wayne both want to stop dirty bastard Lee Marvin, but one wants to use the law while the other figures a coupla bullets would do just fine. That’s a potent premise, and it’s a hoot to see these very different movie stars share the screen. But I gotta say, I’m not the biggest John Ford fan. The man was a skilled craftsman, who made perfectly fine pictures, don’t get me wrong. But his movies often feel a bit too staged, with square storytelling and hammy supporting performances. Still, the three leads are solid, and the brilliant last act kicks it up a notch. “This is the west, sir. When the legend becomes fact, print the legend.” ]

(29 Mar) Superhero Movie (2008, Craig Marzin) [ review ] 1

(30 Mar) Travelling Light: Artists on the move (2008, Tamàs Wormser) goddamn hippies…
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(31 Mar) Antonio Gaudí (1984, Hiroshi Teshigahara) 68
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February / April

2008 log (2)

(1 Feb) Into the Sun (2005, mink) 66
[ Um, ok. This is one of those DTV flicks Steven Seagal keeps making (and Vern keeps reviewing) but, surprisingly, it’s not all that cheap and generic. For one, it was shot in Tokyo and is sort of an American take on Asian action cinema, with Yakuza shoot-outs and swordfights. It’s no “Kill Bill”, mind, but still… And while Seagal has grown into a big poppa, he’s still pretty badass. Just that voice! On the not so good side, the plot is a bit too convoluted and there are long stretches without action, but the Japanese flavor mixed with Seagal’s persona went a long way in keeping me interested enough. Plus, there are some unintentionally hilarious bits, like Seagal’s out of the blue romantic interest, and once it really gets going in the third act, it gets pretty bloody and brutal. ]

(3 Feb) Le doigt dans l’oeil (2007, Julien Fréchette) ok
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(4 Feb) Vince Vaughn’s Wild West Comedy Show (2008, Ari Sandel) 43
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(6 Feb) Hard Candy (2006, David Slade) 70
[ A disturbing premise, taut storytelling, skilful direction… Plus, powerful performances from Patrick Wilson as a molester and Ellen Page as his would-be victim, who quickly turns the tables on him and goes all Miike’s “Audition” on him. The movie kind of loses its footing eventually, pulls its punches and multiplies endings like a bad horror movie but, for the most part, it’s pretty damn solid. ]

(7 Feb) Dans une galaxie près de chez vous 2 (2008, Philippe Gagnon) 37
[ Bien que Philippe Gagnon (Premier Juillet) succède à Claude Desrosiers derrière la caméra, Dans une galaxie près de chez vous 2 ne se démarque guère du film précédent ou de la télésérie, ce qui ravira les fans mais ne convaincra pas les détracteurs. La seule différence majeure est l’importance croissante accordée au message environnemental, ce qui peut agacer. On s’attend presque à ce qu’Al Gore fasse une apparition! La priorité demeure tout de même la rigolade, alors que l’équipage du Romano Fafard découvre la planète “Crème hydratante pour le visage – soulage la peau sèche” (!) et se retrouve dans diverses situations loufoques. Moins un film qu’une succession de sketchs d’intérêt inégal, Dans une galaxie près de chez vous 2 aurait pu être resserré, mais l’enthousiasme des comédiens s’avère souvent contagieux. ]

(7 Feb) La rivière aux castors (2008, Philippe Calderon) 51
[ Reviewed for Voir ]

(9 Feb) High Fidelity (2000, Stephen Frears) [ review ] 85 [ previously: 71 ]

(11 Feb) Jumper (2008, Doug Liman) 32
[ Reviewed for Voir ]

(12 Feb) Adagio pour un gars de bicycle (2008, Pascale Ferland) 80
[ Reviewed for Voir ]

(15 Feb) Half Baked (1998, Tamra Davis) [ review ] 63

(16 Feb) Les Désoeuvrés (1959, René Bail) 92
[ An absolutely amazing film, better even than the first features of Jutra, Groulx and Brault, which it predates. Virtuoso B&W cinematography that incorporates elements of the then nascent cinéma direct, remarkably natural non-professional actors, impressionistic storytelling… Also, unlike the seminal works of the aforementioned contemporaries of Bail, it’s purely Québécois, with little of the others’ Nouvelle Vague affectations. “Les Désoeuvrés” perfectly captures the birth of the Révolution Tranquille, when many folks abandoned religion, rural lifestyles and family values. This is lamented by the older generation, but even the young characters seem despondent about it, drifting aimlessly with no real purpose. We’re actually still feeling the aftershocks of this period today, hence the film still feels incredibly actual. Stylistically as well, it shows almost no sign of aging, feeling modern and exhilarating half a century later. I can’t believe how most people (myself included until a year ago) haven’t even heard about this picture, which easily ranks as one of the best ever made in Quebec. ]

(18 Feb) Be Kind Rewind (2008, Michel Gondry) 40
[ Part of the Directors Series ]

(18 Feb) La Ligne brisée (2008, Louis Choquette) 53
[ Reviewed for Voir ]

(20 Feb) The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford (2007, Andrew Dominik) 68
[ Amazing cinematography by Roger Deakins, an evocative score by Nick Cave, desert dry narration by Hugh Ross, a top notch cast (Brad Pitt, Casey Affleck, Sam Rockwell, Sam Shepard, my man Paul Schneider and in his “real girl” Zooey Deschanel)… All the pieces are there for a great film, it seems, but for storytelling that flows and a strong narrative drive. I still enjoyed the picture, but long stretches felt like it was just jerking around, all bumpy and scattered, when it should have just focused on the central, simple storyline suggested by the title. ]

(21 Feb) Penelope (2008, Mark Palansky) 61
[ Reviewed for Voir ]

(21 Feb) Michael Clayton (2007, Tony Gilroy) 55
[ This was the only film nominated for Best Picture I hadn’t seen yet this year. Why did I miss it when it was in theatres? I guess it looked too conventional, like just another John Grisham-style lawyer flick, which in some ways it is… But it’s also a different beast: moody, bleak, oddly paced… It’s well shot and cut, and George Clooney, Tom Wilkinson and Tilda Swindon are fine… But it’s kinda hard to understand why this got the Best Pic nod, as so much of it is so dry and, well, not terribly exciting. Again, it’s competently put together, and somewhat intriguing, plus Clayton’s last play is pretty badass (“I’m Shiva, the God of Death!”). But does that make it one of the year’s best films? Meh. ]

(22 Feb) Le cèdre penché (2007, Rafaël Ouellet) 74
[ A looser “Once” with a touch of “Morvern Callar”, this impressionistic, semi-improvised, $5000 story of two sisters rekindling about the death of their country singer mother is elevated by the beauty of Viviane Audet, the very present and diverse music and a lot of interesting visual ideas. A small gem of a movie. ]

(22 Feb) All the President’s Men (1976, Alan J. Pakula) 90
[ I’m “just” on the film beat, but I still work at a newspaper, so it’s pretty damn inspiring to watch this, maybe the ultimate journalist movie. The phone calls, the scribbling, the late-night meetings, the tenacious typing, the coffee… I mean, yeah, Watergate, dirty politics and all that, but it’s really the “fumes” that got me, Robert Redford and Dustin Hoffman pursuing their story, breaking it one little piece of information at a time… Good stuff. ]

(25 Feb) Les Ennemis du cinema: l’histoire de la censure au Québec (2008, Karl Parent) ok
[ Reviewed for Voir ]

(26 Feb) Semi-Pro (2008, Kent Alterman) 33
[ Reviewed for Voir ]

(27 Feb) Après-ski (1971, Roger Cardinal) 8
[ “On s’amuse pas, on JOUIT!” Gotta love those ’70s French Canadian sexploitation comedies, with their endless dumb jokes, gratuitous nudity and celebrity cameos. Here we have Daniel Pilon with a big moustache, Angèle Coutu, Pierre Labelle, Céline Lomez, Roger Michael, Janine Sutto, Jacques Desrosiers, Francine Grimaldi and even René Angélil! This is actually a pretty inept, boring flick, which makes Denis Héroux’ entries into the genre (“Valérie”, “L’initiation”, etc.) look like masterpieces, but as an oddball curiosity, it’s well worth checking out. ]

(28 Feb) The Bank Job (2008, Roger Donaldson) 19
[ Reviewed for Voir ]

(29 Feb) The Heartbreak Kid (2007, Peter & Bobby Farrelly) 72
[ Part of the Directors Series ]

January / March

2008 log (1)

(1 Jan) Back to the Future part II (1989, Robert Zemeckis) 69
[ Part of the Directors Series ]

(1 Jan) My Kid Could Paint That (2007, Amir Bar-Lev) 85
[ Du jour au lendemain, une artiste passe de l’anonymat à une renommée internationale, les collectionneurs se bousculant pour acheter ses toiles. Rien de si extraordinaire là-dedans, sauf que l’artiste en question, Marla Olmstead, a 4 ans! En plus de documenter l’incroyable montée vers la gloire de la jeune prodige, My Kid Could Paint That offre une fascinante réflexion sur l’art moderne, sur la façon dont certains parents vivent à travers leur enfant et sur la manière dont les médias créent des stars puis les font dégringoler de leur piédestal. Par ailleurs, l’évolution de l’affaire influence la nature même du film d’Amir Bar-Lev, qui en vient à se questionner sur ses propres motivations, déchiré entre le lien de confiance développé avec ses sujets et son désir d’aller au fond des choses. ]

(2 Jan) The Godfather (1972, Francis Ford Coppola) [ review ] 100 [ previously: 95 ]

(3 Jan) The Godfather part II (1974, Francis Ford Coppola) [ review ] 86

(6 Jan) Boogie Nights (1997, Paul Thomas Anderson) [ review ] 91

(7 Jan) La belle empoisonneuse (2008, Richard Jutras) 46
[ Lorsqu’il était gamin, Homère Angelopoulos Lacroix (Maxime Denommée) a reçu de son père un livre regroupant les tragédies de Sophocle. Maintenant âgé de 25 ans, il ne s’est jamais vraiment remis de l’impact qu’ont eu ces souvent malsaines histoires d’amour, de trahison et de meurtre sur son jeune esprit. Ainsi, lorsque son chemin croise un jour celui de la belle Roxane (Isabelle Blais), l’esprit de ses lectures se retrouve à influencer sa propre existence… Avec son étourdissant mélange des genres et les tournures ésotériques de son intrigue, La Belle Empoisonneuse ne fera sûrement pas l’unanimité. Or, c’est justement ce côté éclaté qui donne au film de Richard Jutras son charme. Sans être parfaitement réussie, cette tragicomédie romantique a au moins le mérite d’être originale et de prendre des risques, au lieu de se contenter de recycler des clichés éculés. En plus de jouer avec certains éléments des tragédies grecques et de l’oeuvre et la vie de Dostoïevski, Jutras multiplie les références à la mycologie. Les champignons jouent ainsi un rôle important dans le récit, que ce soit ceux qui empoisonnent ou ceux qui font halluciner. L’ensemble du film semble d’ailleurs parfois se dérouler sous l’influence des champignons magiques, à commencer par la séquence d’ouverture, qui nous montre Homère étant transporté d’urgence en ambulance alors qu’il pleut du sang sur la ville de Québec! Si la première scène du film est visuellement saisissante, elle introduit par contre aussi l’insistante narration en voix hors champ qui, bien qu’occasionnellement distrayante, s’avère en général plus agaçante qu’enrichissante. A-t-on vraiment besoin de se faire prendre par la main et tout expliquer en détail? Quand Homère a le coup de foudre pour Roxane, par exemple, les images et le langage corporel des acteurs suffisent pourtant à nous le faire comprendre; que la narration le souligne est superflu. Parlant des comédiens, la chimie entre ces derniers compense grandement les quelques maladresses de ce premier long métrage. Maxime Denommée et Isabelle Blais, en plus d’être charismatiques, communiquent bien le caractère nébuleux de leurs personnages, qui ne révèlent leur vraie nature qu’au compte-gouttes. Dans le rôle du beau-père de Roxane, Benoît Gouin, le fameux “Michel Gauvin-Mike Gauvin” de Québec-Montréal, offre aussi une performance plus complexe qu’elle n’en a l’air initialement. Soulignons enfin l’hilarante apparition de Robert Lepage en humoriste déchu et amer, un coup de casting génial. ]

(7 Jan) There Will Be Blood (2007, Paul Thomas Anderson) [ review ] 95

(8 Jan) 27 Dresses (2008, Anne Fletcher) 18
[ Reviewed for Voir ]

(9 Jan) De l’autre côté du pays (2008, Catherine Hébert) 70
[ Récipiendaire du Prix du public aux dernières Rencontres internationales du documentaire, ce film de Catherine Hébert lève le voile sur un coin du monde vers lequel trop peu de regards sont dirigés, malgré la crise humanitaire s’y déroulant depuis 20 ans. Filmé de façon clandestine, De l’autre côté du pays présente le drame qui perdure en Ouganda du Nord de l’intérieur, à travers les bouleversants témoignages des individus qui le vivent au quotidien. La caméra, alerte, saisit autant l’horreur de la situation que la beauté du pays et des gens. Ne faisant pas usage de narration, le film comporte plusieurs passages purement visuels, Hébert étant consciente que les images sont souvent plus évocatrices que les paroles. Les brefs extraits de discours du président Museveni, qui puent la mauvaise foi, confirment cette idée. ]

(9 Jan) In the Name of the King: A Dungeon Siege Tale (2008, Uwe Boll) [ review ] 2

(12 Jan) Assassins: A Film Concerning Rimbaud (1985, Todd Haynes) 44
(12 Jan) Superstar: The Karen Carpenter Story (1987, Todd Haynes) 71
(12 Jan) Dottie Gets Spanked (1993, Todd Haynes) 67
[ Part of the Directors Series ]

(14 Jan) definitely, maybe (2008, Adam Brooks) 65
[ Exaspéré par les questions insistantes de sa fille Maya (Abigail Breslin) sur la façon dont il a connu sa mère, Will (Ryan Reynolds) accepte enfin de le lui raconter, mais en changeant les noms et en la mettant au défi de deviner qui est sa maman dans son histoire. C’est que, pendant la majeure partie des années 90, Will a été déchiré entre trois femmes allant et venant continuellement dans sa vie, l’une après l’autre et parfois simultanément. Definitely, Maybe est donc en quelque sorte une comédie romantique à relais, doublée d’un mystère et d’un brin d’autoréférence, la mécanique du récit dans le récit étant ouvertement commentée par la petite Maya. Évidemment, même si un film relève ses propres clichés, ceci ne change pas le fait que ce sont des clichés… L’autre élément qui distingue Definitely, Maybe est que la période pendant laquelle on suit les déboires amoureux de Will, de 1992 à 1998, est marquée par la présidence de Bill Clinton. Et ceci n’est pas qu’un détail, mais bien un point de référence qui revient tout au long du film. En 1992, Will travaille pour la campagne du futur président; en 1994, il organise un souper où Clinton est l’invité d’honneur; et en 1998, il est désillusionné par l’affaire Monica Lewinsky. Ceci donne lieu à plusieurs gags mordants et toujours d’actualité. Dans le rôle central, Ryan Reynolds s’en tire assez bien, mais ce sont assurément (pas de peut-être ici!) les femmes incarnant les trois amours de Will qui font la plus vive impression. Adam Brooks (The Invisible Circus) n’est pas le plus extraordinaire des cinéastes, mais il fait preuve d’un goût impeccable pour les actrices. Rachel Weisz, Isla Fisher et Elizabeth Banks sont en effet toutes trois irrésistibles, ce qui contribue grandement à mêler les cartes et à faire en sorte qu’on ne sait plus trop avec qui le protagoniste devrait finir. Considérant à quel point les comédies romantiques sont habituellement prévisibles, ceci n’est pas négligeable. Par ailleurs, Abigail Breslin est presque aussi amusante et touchante qu’elle l’était dans Little Miss Sunshine et, dans le rôle d’un écrivain hédoniste qui croit pouvoir apprendre à Will ce qu’est un vrai homme, Kevin Kline donne au film plusieurs de ses meilleurs moments. Un film parfait pour une sortie d’amoureux. ]

(16 Jan) The Edge of Heaven (2008, Fatih Akin) 68
[ Tour à tour, six personnages prennent l’avant-scène: Ali (Tuncel Kurtiz), un Turc veuf et retraité qui s’occupe en allant aux courses et aux putes; Yeter (Nursel Köse), une prostituée qui accepte d’emménager avec le vieil homme mais ne veut pas devenir sa possession; le fils d’Ali, Nejat (Baki Davrak), professeur dans une université allemande; la fille de Yeter, Ayten (Nurgül Yesilçay), membre d’un groupuscule qui conteste le gouvernement turc; Lotte (Patrycia Ziolkowska), une Allemande lesbienne qui s’éprend d’Ayten et est prête à tout pour elle; et la mère de Lotte, Susanne (Hanna Schygulla), qui se retrouve impliquée malgré elle dans tous ces chassés-croisés. Ouf!
Surchargé est un euphémisme en ce qui concerne De l’autre côté, un film qui déborde d’idées intéressantes, d’émotions à vif et de rebondissements inattendus, mais qui manque sérieusement de ligne directrice. Prises une à une, les différentes intrigues sont généralement captivantes, grâce à la mise en scène assurée de Fatih Akin et à la qualité de l’interprétation. Mais à tenter d’inclure trop d’éléments dans son scénario, le cinéaste en brouille le propos et en dilue quelque peu l’impact. ]

(16 Jan) Cloverfield (2008, Matt Reeves) 57
[ Part “Godzilla” knockoff, part 9/11 allegory, with a touch of urban apocalypse cinema (“End of the Line”, “Mulberry Street”) and a whole lot of “Blair Witch Project”: quite a tall order! I dug the simple but effective character set-up, there are some good scares and the found footage gimmick mostly works… Mostly. I mean, intellectually, I appreciated what they were going for but, sometimes, I wished I could actually see what was going on, you know? Ultimately, I’ll always be more of a “Sixth Sense” guy than a “Blair Witch” guy and, as far as post-9/11 disaster movies go, I much prefer Spielberg’s masterful mise en scène in “War of the Worlds” to Reeves’ more enjoyable in theory than in practice approach here. ]

(17 Jan) Imitation (2008, Federico Hidalgo) 64
[ Reviewed for Voir ]

(18 Jan) As You Like It (2007, Kenneth Branagh) 88
[ If you’ve always thought Shakespeare’s plays could use some ninjas, kung fu and sumo wrestling, this is the movie for you! Seriously, Branagh’s transposition of this classic pastoral comedy to 19th century Japan works surprisingly well. The writing, of course, is brilliant, with endlessly fascinating wordplay and wonderfully intricate storytelling, and it all extraordinarily comes alive here. Branagh’s brilliantly confident direction has to be praised for that, but also the casting of two of my favorite actresses, Bryce Dallas Howard and Romola Garai, who are joined by the very enjoyable Kevin Kline and Alfred Molina, plus the powerful David Oyelowo and Brian Blessed. What a treat! ]

(21 Jan) Borderline (2008, Lyne Charlebois) 69
[ Entrevues pour Voir ]

(22 Jan) Les chansons d’amour (2007, Christophe Honoré) 75 [ first viewing: 70 ]
[ N’est-il pas ravissant de voir deux personnes unir leurs voix pour exprimer leur amour? Pas selon nombre de cinéphiles qui semblent accepter tous les artifices du cinéma, mais qui rechignent dès qu’un acteur ouvre la bouche pour chanter. Par conséquent, on aura beau vanter les mérites des Chansons d’amour avec tout l’enthousiasme du monde, si vous êtes d’emblée allergique aux comédies musicales, vous n’y trouverez pas votre compte. Pivotant d’abord autour d’un ménage à trois (entre le charmant Louis Garrel, l’adorable Ludivine Sagnier et la rigolote Clotilde Hesme) et semblant plutôt léger, voire inconséquent, le scénario de Christophe Honoré comporte plusieurs revirements inattendus et s’avère beaucoup plus complexe émotionnellement qu’on ne l’aurait cru. De même, la mise en scène, faussement nonchalante, est en fait calibrée avec soin et Honoré jongle avec les tons avec une aisance impressionnante, relevant la mélancolie qui peut se cacher derrière les moments de joie et l’humour qui vient à l’occasion alléger les grandes tristesses. Se déployant dans un Paris nuageux mais lumineux, le film multiplie par ailleurs les clins d’oeil à la Nouvelle Vague, tout en demeurant franchement contemporain. Enfin, il y a ces fameuses chansons d’amour, composées par Alex Beaupain, qui se marient parfaitement aux chassés-croisés sentimentaux du récit. Peut-on résister à Je n’aime que toi chantée par le trio Garrel-Sagnier-Hesme, aux différentes pièces interprétées par le mignon Grégoire Leprince-Ringuet ou à Chiara Mastroianni murmurant la touchante Au parc? Probablement, mais ce serait bien dommage. ]

(23 Jan) Le scaphandre et le papillon (2007, Julian Schnabel) 84
[ A lot has been written about this film already, from when it premiered at Cannes almost a year ago to this week, when it was nominated for three Oscars: Best Adapted Screenplay, which is well deserved, Best Direction, mos def, and Best Cinematography, which it MUST win! I mean, Schnabel put it all together and he had a great script to work with, plus I loved star Mathieu Amalric and his beauties (Marie-Josée Croze, Emmanuelle Seigner, Marina Hands, Anne Consigny, etc.), but the visuals! You probably know that the movie’s about the true story of this man who got struck with locked-in syndrome, i.e. being fully intellectually aware but paralysed from head to toe, save for one eye. For the longest time (I might be way off, but it felt like half the movie), we’re locked in along with him and can only see what he does from that left eye. This sounds maddeningly claustrophobic, which it is, and boring, which it’s nothing but. In fact, it’s some of the most fascinating use of the camera I’ve ever seen because, on top of fitting the subject perfectly, it fascinatingly reflects the nature of cinematography itself, as the limited point of view of the protagonist mirrors the limited point of view of a camera, people having to move into the frame so he (we) can see them, his blinking acting a bit like editing… It’s brilliant, I tell you. Eventually (halfway through?), the film starts to let go of this singular POV and goes for more conventional shot composition, moving around the hospital room and other locations, and there are a bunch of extended flashbacks, too. It remains compelling and well crafted, it’s just not as extraordinary… But this is a small complaint, “Le scaphandre et le papillon” remains a must-see. And give cinematographer Janusz Kaminski the Oscar! ]

(24 Jan) Rambo (2008, Sylvester Stallone) [ review ] 75

(26 Jan) The Queen (2006, Stephen Frears) 61
[ How the hell did this get nominated for Best Picture last year? Sure, Helen Mirren’s brilliant and there are a few interesting or amusing tidbits about the peculiar ways the Royal Family behaves… But the story is as thin and inconsequential as it gets, hinging on the blown out of proportion tragedy of Princess Diana’s death and the ridiculous controversy surrounding the Queen’s non-response to it. Worse, this is shot like the most generic TV movie. So yeah, worth seeing only for Mirren’s performance. ]

(27 Jan) Kurt Cobain – About a Son (2007, AJ Schnack) 67
[ Figure mythique de la génération X, Kurt Cobain continue à ce jour d’incarner le mal de vivre pour ses contemporains. Par sa musique, le chanteur et guitariste de Nirvana offrait un défouloir collectif, où le cynisme côtoyait la sincérité et où toutes les frustrations pouvaient être exprimées haut et fort, comme un cri primal. Déjà le sujet de spéculations diverses de son vivant, l’existence de Cobain a été entièrement livrée aux lions après son suicide en 1994, tous pouvant l’interpréter comme bon leur semble. Kurt Cobain – About a Son permet en quelque sorte à celui qui chantait Smells Like Teen Spirit de faire taire les rumeurs et de raconter lui-même son histoire d’outre-tombe. Pour créer cette illusion, le réalisateur AJ Schnack (Gigantic: A Tale of Two Johns) a entièrement construit son film à partir d’extraits des 25 heures d’entrevues que Cobain a données en 1992 et 1993 à Michael Azerrad, qui en a tiré le livre Come As You Are: The Story of Nirvana. Ces enregistrements audio n’étant pas originellement destinés à être diffusés publiquement, le défunt musicien s’y confie comme on l’a rarement entendu le faire, lui qui préférait souvent adopter une attitude blasée ou antagoniste face aux médias. On se retrouve donc plongés presque directement dans la psyché de Cobain, dont les propos sont parfois troublants ou confus, mais toujours fascinants. À travers ses propres mots, on redécouvre le parcours de cet enfant du divorce, devenu adolescent inadapté puis musicien anticonformiste, et star planétaire malgré lui. Cobain se remet constamment en question et on sent la souffrance qui l’habite, non seulement celle dérivée de ses maux de ventre chroniques et de sa dépendance à l’héroïne, mais aussi, et surtout, celle reliée à un perpétuel sentiment d’aliénation qui, on présume, l’a mené à vouloir quitter ce monde. Pour illustrer les paroles de Cobain, Schnack a choisi une approche impressionniste, se rendant dans les différentes villes où le musicien a évolué (Aberdeen, Olympia, Seattle) et filmant des images évocatrices et hypnotiques, un peu comme celles de Koyaanisqatsi. On peut regretter l’absence de chansons de Nirvana (la trame sonore regroupe plutôt des bands ayant influencé Cobain), mais Kurt Cobain – About a Son demeure un incontournable pour les fans de l’artiste. ]

(29 Jan) Americano (2007, Carlos Ferrand) 80
[ Reviewed for Voir ]

(31 Jan) Tout est parfait (2008, Yves Christian Fournier) 89
[ Après le suicide de ses quatre meilleurs amis, Josh (Maxime Dumontier) se retrouve seul à faire face aux aléas de l’adolescence dans une banlieue industrielle anonyme. Peu réceptif aux tentatives insistantes de ses parents (Claude Legault et Marie Turgeon) et du psychologue de l’école (Pierre-Luc Brillant) de le faire s’ouvrir à eux, Josh trouve toutefois un certain réconfort dans les bras de sa camarade de classe Mia (Chloé Bourgeois)… Malgré la lourdeur du sujet, Tout est parfait n’est pas assommant. Triste, certes, mais aussi lumineux, chaleureux… Vivant. Bref, Tout est parfait ne s’attarde pas tant à la mort qu’à la beauté, l’amour, l’espoir, toutes ces choses qui rendent inexplicable le fait qu’on puisse vouloir quitter ce monde. D’ailleurs, le film se refuse à tenter de mettre le doigt sur les motivations des suicidés, préférant s’attarder sur ce qui fait que la vie mérite d’être vécue, plutôt que le contraire. En signant le scénario de Tout est parfait, Guillaume Vigneault s’inscrit dans une tradition de romanciers québécois s’étant essayés avec brio à écrire pour le cinéma, comme Michel Tremblay (Parlez-nous d’amour) ou Réjean Ducharme (Les Bons Débarras). Cette première tentative de l’auteur de Carnets de naufrage est particulièrement admirable pour la façon dont il réussit à rendre son écriture parfaitement cinématographique, les images prenant le dessus sur les envolées littéraires et les personnages se dessinant surtout à travers leurs actions. Tout en subtilité, Vigneault et le réalisateur Yves-Christian Fournier parviennent à créer un univers complexe et authentique. Tout est parfait fait un usage remarquable des diverses possibilités du cinéma, tout en n’oubliant jamais d’ancrer la forme au fond, de s’assurer que le style ne prenne pas le dessus sur le propos. D’autre part, l’apport de la musique composée par Patrick Lavoie (et des pièces empruntées, entre autres, à Set Fire to Flames et Cat Power) est inestimable. Mentionnons aussi la grande qualité de l’interprétation, surtout de la part des jeunes comédiens, notamment la touchante Chloé Bourgeois et, dans les rôles des suicidés, qu’on voit brièvement en flash-back, Niels Schneider, Jean-Noël Raymond Jetté, Maxime Bessette et Sébastien Bergeron Carranza. Enfin, Maxime Dumontier, dont le jeu intériorisé révèle un trop-plein d’émotions refoulées, est bouleversant. Tous contribuent à faire de Tout est parfait le meilleur film québécois depuis plusieurs années. ]

December / February

2007 log (12)

(1 Dec) Margot at the Wedding (2007, Noah Baumbach) 42
[ Dans une des scènes de Margot at the Wedding, le personnage de Jack Black compose ses voeux de mariage et explique qu’il veut écrire quelque chose de sensible tout en étant drôle, avec de l’humour basé sur les personnalités. Ceci pourrait décrire l’ensemble du plus récent film de Noah Baumbach qui, après The Squid and the Whale, s’intéresse à nouveau à une famille dysfonctionnelle. Le récit gravite autour de deux soeurs en mauvais termes qui se retrouvent lorsque Margot (Nicole Kidman) vient passer quelques jours chez Pauline (Jennifer Jason Leigh), qui s’apprête à se marier avec Malcolm (Black), un musicien raté. La réconciliation est toutefois fragile, chacune s’acharnant à penser qu’elle est la seule à avoir raison et que l’autre est folle. Peut-être le sont-elles un peu toutes les deux? Baumbach prend le pari risqué de centrer son film sur deux femmes complètement névrosées, voire hystériques, auxquelles il est quasi impossible de s’attacher. Pauline et Margot font preuve de cruauté psychologique et d’intransigeance non seulement entre elles mais envers Malcolm, leurs enfants, les voisins, bref, tous ceux qu’elles rencontrent. Comment éprouver de l’empathie pour des personnages qui ne semblent en avoir pour personne? On peut vraisemblablement apprécier Margot at the Wedding en tant qu’étude de cas, comme le portrait de femmes qui auraient grandement besoin de faire un travail d’introspection et de reconsidérer la façon dont elles interagissent avec leur entourage. Sauf que Baumbach semble se complaire dans leur mesquinerie et prendre plaisir à les voir humilier les autres ou elles-mêmes. Son objectif était peut-être de faire une comédie grinçante qui laisse un mauvais arrière-goût; dans ce cas, mission accomplie. Dans les rôles principaux, Nicole Kidman et Jennifer Jason Leigh s’en tirent relativement bien, dans la mesure où elles doivent défendre des personnages antipathiques dont les actions sont souvent incompréhensibles. Mais celui qui ressort le plus positivement de l’ensemble est certainement Jack Black en supposé pauvre type qui, ironiquement, s’avère être la figure la plus sympathique du film. Malcolm manque d’ambition, de bonnes manières et de retenue, mais on sent qu’il est plus intelligent qu’il n’en a l’air et qu’il a le coeur à la bonne place. Par ailleurs, c’est le seul personnage à nous faire rire autrement que jaune, une véritable bouffée d’air frais dans un film souvent étouffant. ]

(4 Dec) There Will Be Blood (2007, Paul Thomas Anderson) [ review ] 95

(5 Dec) The Kite Runner (2007, Marc Forster) 27
[ Rarely have I seen a movie sabotage itself so spectacularly. Not that this was ever gonna be a masterpiece (right from the start it’s rather trite and contrived) but, for the first half hour or so, it felt like a harmless, not unenjoyable slice of faux-foreign melodrama. By faux-foreign, I mean one of those movies which, even though they revolve around non-American characters and are subtitled, are clearly Hollywood products designed to please filmgoers who think they’re sophisticated but really aren’t, like, hint hint, Oscar voters. Anyway, I went along painlessly enough with this tale of two Afghan kids in 1978 Kabul dealing with kite battles (no, really), bullies and the imminent Russian invasion. The first big false note is when one of the children has something disgusting done to him, and is then treated in a wholly incomprehensible and reprehensible way by the other one. Not long following that, the film skips to 1988 California, where one of the now-adult kids has ended up with his dad. This middle part of the story goes for a series key life moments (a graduation, a wedding, a funeral), which seemed to me like we were just killing time until the inevitable reunion of the protagonist with his childhood friend. Wrong. Instead, that’s when the movie starts truly going off the deep end. After another flash-forward, which takes us to 2000, we go back to Kabul, now under Taliban rule, and… I’ll try to be vague but basically, this sentimental journey turns into an utterly dumb thriller full of ridiculous twists: a false beard! A forgotten enemy back from the past! Watch out for that slingshot! I’d make a “Rambo III” joke, but that would be an insult to “Rambo III” to compare it to this. ]

(6 Dec) Des nouvelles du Nord (2007, Benoît Pilon) 60
[ Reviewed for Voir ]

(9 Dec) Unbuckling My Bible Belt (2007, Patricia Tassinari) so-so
[ Après 15 ans passés au Canada, Laura Kathryn Mitchell est retournée visiter les membres de sa famille qui vivent en pleine Bible Belt, expression désignant les États américains où règne le fondamentalisme chrétien. Son amie réalisatrice Patricia Tassinari l’y a accompagnée et en a ramené ce documentaire, un portrait très personnel du Sud des États-Unis. Si personnel en fait qu’on a parfois plus l’impression de regarder un vidéo de famille qu’un film offrant un véritable point de vue ou un souci de la forme. Unbuckling My Bible Belt soulève tout de même plusieurs questions intéressantes par rapport à la place de la religion et la montée de la droite conservatrice dans l’Amérique de George W. Bush, et quelques passages humoristiques viennent agrémenter l’ensemble. ]

(11 Dec) I Am Legend (2007, Francis Lawrence) 56
[ Bien que non sans qualités, cette nouvelle adaptation au grand écran du roman postapocalyptique I Am Legend compromet grandement la vision de Richard Matheson, dont l’intention était de raconter une histoire de vampires inversée, où ces derniers forment la majorité et où, par conséquent, la normalité du protagoniste humain en fait un être étrange, voire légendaire, à leurs yeux. Or, dans le film de Francis Lawrence (Constantine), ce concept est presque entièrement évacué, mis à part la prémisse générale d’un homme semblant être le seul à avoir survécu à une pandémie sans subir de mutation vampirique. Plutôt que de jouer sur l’ambiguïté du protagoniste, on se retrouve ici devant un héros classique qui s’ennuie de sa famille (montrée en flash-back), dont le meilleur ami est plus que jamais son chien et qui, oui, vénère la musique et la philosophie de Bob Marley. Les humains infectés, quant à eux, sont carrément des monstres hyper agressifs, créés par ordinateur de façon plus ou moins convaincante, style Hulk ou The Mummy. Par contre, la vision d’un New York désert est saisissante et Will Smith est fantastique dans le rôle central. Avec le charisme qu’on lui connaît, il parvient sans problème à retenir notre attention par lui-même. De plus, avec très peu de dialogues, il rend bien la détresse et la solitude écrasante qui habitent le personnage. Bref, les meilleurs moments du film sont sans conteste ceux où il est seul à l’écran avec son chien, alors que les bruyantes et frénétiques scènes d’action et d’horreur s’avèrent passables. ]

(12 Dec) Walk Hard: The Dewey Cox Story (2007, Jake Kasdan) 53
[ Dans cette parodie des biopics musicaux, John C. Reilly interprète un croisement entre Johnny Cash, Ray Charles et Brian Wilson, qui passe à travers tous les clichés des musicographies (enfance difficile, problèmes conjugaux, enfer de la drogue). Ce film est inégal, voire bâclé par moments, mais certaines séquences sont drôles à mourir. ]

(13 Dec) Charlie Wilson’s War (2007, Mike Nichols) 78
[ Après COULEURS PRIMAIRES, Mike Nichols réalise ici une autre savoureuse satire centrée sur un politicien hédoniste. Se basant sur l’histoire vraie de Charles Wilson, le scénariste Aaron Sorkin a fignolé une comédie screwball où les gags fusent de toutes parts, livrés par un trio de stars drôlement en forme. ]

(14 Dec) Tous à l’Ouest (2007, Olivier Jean-Marie) 9
[ Dans cette adaptation douteuse de La Caravane, Lucky Luke mène un convoi d’immigrants et les Dalton jusqu’en Californie. Malgré les voix de Stéphane Rousseau et des mecs de RBO, l’animation sommaire et l’humour balourd de ce pénible film d’Olivier Jean-Marie ne plairont qu’aux tout-petits. Pour les autres… ]

(14 Dec) Starting Out in the Evening (2007, Andrew Walker) 45
[ I’m a sucker for movies about writers, and Frank Langella plays a compelling one here, you know, the kind that publishes a few great novels then seems to disappear into semi-reclusion… Lauren Ambrose’s a peach as young woman writing her master’s thesis about him, but I wish they’d kept her admiration intellectual and not go for the May-December thing. Plus, as much as I like Lili Taylor, who play’s Langella’s daughter, he whole subplot is rather passable. All in all, kind of a missed opportunity ]

(16 Dec) Sharkwater (2007, Rob Stewart) 67
[ This documentary starts a bit like “Grizzly Man”, but with a dude with a thing for sharks instead of bears. Interestingly, it seems that sharks aren’t the man-killers they’ve been made to be, but virtually harmless to humans. The movie then moves on to the illegal poaching of sharks and, Michael Moore-style, aggressively investigates this. But it goes further than that, when the shark-lovers seemingly risk their lives by confronting high seas pirate fishing boats, corrupted South American officials and the Asian shark-finning mafia! An eye-opener in many ways. ]

(17 Dec) Atonement (2007, Joe Wright) 86
[ Okay, now I’m convinced. I wasn’t a fan of Joe Wright’s “Pride & Prejudice”, but I did admit that it was exquisitely crafted. “Atonement” is similarly gorgeously shot, gracefully edited and wonderfully scored (typewriting as music!), but it also has a much more engrossing plot and, while I still don’t get what people see in Keira “tomboy beanpole” Knightley, she thankfully has a relatively small part here and she’s not too bad in it, like in “Silk”. I’m not starting to like her, mind, but my distaste for her is softening somewhat. Maybe. Anyway, what I was getting at was that the lead character is actually the younger sister of Knightley’s character, evil little cunt Briony, who’s played though this decades-spanning story by three different actresses: the surprisingly great Saoirse Ronan, who’s like a British Dakota Fanning (I mean this as a compliment), my beloved Romola Garai and, in a show-stopping, cathartic cameo, Vanessa Redgrave. One thing though: much has been made of the 5 minute Steadicam shot, but it’s spectacularly pointless. The movie would have been better without it. In fact, all of James McAvoy’s war-less war scenes are underwhelming, they’re just filler until we finally go back to England and Briony. Every scene with her (all three incarnations of her): genius. ]

(18 Dec) Youth Without Youth (2007, Francis Ford Coppola) 39
[ Reviewed for Voir ]

(20 Dec) Darkman (1990, Sam Raimi) [ review ] 93

(22 Dec) Darkman II: The Return of Durant (1994, Bradford May) [ review ] 35

(22 Dec) Drop Dead Gorgeous (1999, Michael Patrick Jann) 62
[ Somehow, despite my crush on Kiki Dunst, I’d never seen this until now. She’s a peach in this mockumentary about beauty pageants which, while not on the level of Christopher Guest’s best flicks, is still a pretty funny romp. And that’s quite a cast of bright young female stars this film had with, in addition to Kiki, Denise Richards, Amy Adams and Brittany Murphy, who all contribute to making this an enjoyable treat. ]

(23 Dec) Darkman III: Die Darkman Die (1995, Bradford May) [ review ] 33

(23 Dec) True Lies (1994, James Cameron) [ review ] 85

(26 Dec) Superbad (2007, Greg Mottola) [ review ] 84

(26 Dec) Extras Season Two (2006, Ricky Gervais & Stephen Merchant) 76
[ Well, what I wrote when I reviewed Season One still stands, only Ricky Gervais’ character is the star of a broad, idiotic sitcom now and new famous folks show up for hilarious guest appearances: LOTR stars Ian McKellen and Orlando Bloom, pop stars Chris Martin and David Bowie, Daniel “Harry Potter” Radcliffe and even Robert De Niro. Plus, more hilariously awkward moments than ever! ]

(27 Dec) Ace in the Hole (1951, Billy Wilder) 93
[ Part of the Directors Series ]

(28 Dec) Sweeney Todd: The Demon Barber of Fleet Street (2007, Tim Burton) 74
[ Part of the Directors Series ]

(30 Dec) Moulin Rouge! (2001, Baz Luhrmann) [ review ] 98
Twelfth viewing. Still my favorite picture of the decade (obviously). So simple and so complex at the same time, it’s pure cinema in all the varieties available… Perfect? Oh, maybe not, but it delivers in all the essential ways. (note: the visual above was made by Nate Rogers)

November / January

2007 log (11)

(1 Nov) Lars and the Real Girl (2007, Craig Gillespie) 59
[ Reviewed for Voir ]

(2 Nov) Fred Claus (2007, David Dobkin) 22
[ Reviewed for Voir ]

(2 Nov) South Park 11.12 (2007, Trey Parker)
[ CARTMAN – “Oh Kyle! You are gobbling those balls, aren’t you?” ]

(4 Nov) Le Candidat (2007, Niels Arestrup) 37
[ Reviewed for Voir ]

(5 Nov) Sur la trace d’Igor Rizzi (2006, Noël Mitrani) 73
[ Brilliantly shot, lots of atmosphere, an awesome score of country-folk songs… An intriguing dichotomy between Laurent Lucas’s on-screen character, a lowlife wandering around Montreal, and the one he describes in voice-over, a successful French foot player in love. Maybe it could have used a tighter plot… Then again, maybe it’s fine as is, moody, somewhat disconnected, oddly captivating. ]

(8 Nov) South Park 11.13 (2007, Trey Parker)
[ VIDEO GAME STORE GUY – “Aww, come on! Once you start playing Guitar Hero, you can’t stop till you hit the top!” ]

(8 Nov) Jonas: La Quête (2007, Jean-François Pilon)
[ “Let’s rock out with our cocks out!” Tel est le mantra que Jonas répète à travers sa «quête», qui l’emmène de Montréal à Los Angeles, en passant par le Festival de la truite mouchetée de Saint-Alexis-des-Monts! This is Spinal Tap sans le second degré, Jonas: La Quête, de Jean-François Pilon, est au mieux une musicographie, au pire une infopub pour la musique d’aréna, la bière cheap et les pitounes. Le rockeur montréalais y apparaît comme un ours mal léché et, incroyablement, on le voit moins à l’écran que sa gérante (aussi productrice du film) Janie Duquette, une version féminine d’Elvis Gratton qui rêve de faire de Jonas une star mondiale ou, dans les mots de Duquette, de «licencier le produit à l’internationale». ]

(10 Nov) No Country for Old Men (2007, Ethan & Joel Coen) [ review ] 77

(10 Nov) nos vies privées (2007, Denis Côté) 69
[ Un film à micro-budget, en quasi-huis clos, où les acteurs principaux parlent bulgare… On pouvait s’attendre à quelque chose de lourd et d’exigeant. Or, le deuxième long métrage de Denis Côté étonne de plusieurs façons. D’abord, parce que c’est un film souvent amusant et sexy, qui dépeint la naissance d’un amour inusité et la découverte d’un Québec pittoresque du point de vue d’étrangers, remarquablement interprétés par Anastassia Liutova et Penko Gospodinov. L’autre surprise vient non pas du fait que la relation meurt aussi vite qu’elle est née, mais de la façon dont Côté met ceci en scène. On passe ainsi d’un style se rapprochant du cinéma direct à quelque chose de plus stylisé et énigmatique. Sans être “commercial”, Nos vies privées s’avère divertissant et prenant. ]

(11 Nov) Itty Bitty Titty Committee (2007, Jamie Babbit) 65
(11 Nov) The Bubble (2007, Eytan Fox) 72
(11 Nov) Suffering Man’s Charity (2007, Alan Cumming) meh
[ Reviewed for Voir ]

(12 Nov) Juno (2007, Jason Reitman) 76
[ Lorsque les nominations aux Oscars ont été annoncées la semaine dernière, plusieurs ont été bien étonnés de voir Juno en lice dans plusieurs catégories de pointe (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleure actrice). Comment donc une petite comédie d’ados a-t-elle pu se tailler une place aux côtés d’oeuvres ambitieuses, complexes et troublantes telles que No Country for Old Men et There Will Be Blood? Une fois qu’on a vu le film, ce n’est pas si étonnant, car Juno, en plus d’être un des films les plus drôles de la dernière année, présente une intelligence et une sensibilité qui plairont tout autant aux adultes qu’à ceux qui ont l’âge du personnage éponyme. Campée avec brio par la Canadienne Ellen Page (qu’on a vue entre autres dans X-Men: The Last Stand, où elle incarnait Kitty Pryde), Juno est une jeune fille de 16 ans qui, quelques semaines après avoir été dépucelée par son ami Paulie (Michael Cera, une des vedettes de l’hilarant Superbad), s’aperçoit qu’elle est enceinte. Bien que son père et sa belle-mère (J. K. Simmons et Allison Janney) réagissent plutôt bien face à cette grossesse imprévue, la jeune fille ne se sent pas disposée pour la maternité. Elle décide donc de trouver à l’enfant qu’elle porte des parents adoptifs, ce qui l’amène à rencontrer Vanessa (Jennifer Garner, juste mais un brin trop larmoyante) et Mark (Jason Bateman, sympathique), un couple infertile qui désire ardemment un bébé. Une des grandes forces de Juno est la finesse avec laquelle le réalisateur montréalais d’origine Jason Reitman (Thank You for Smoking) balance humour et émotion. En effet, bien que les répliques mordantes fusent de toutes parts et déclenchent souvent les rires, ceci n’est jamais aux dépens de la trame dramatique et du développement des personnages. À cet égard, Juno, telle qu’imaginée par Diablo Cody (une ex-stripteaseuse qui signe ici son premier scénario) et interprétée par Page, est particulièrement attachante et fascinante. Vivant et coloré, Juno n’est peut-être pas un «film à Oscars», mais ça demeure un film charmant comme tout. ]

(13 Nov) Before the Devil Knows You’re Dead 87
[ Reviewed for Voir ]

(14 Nov) Beowulf (2007, Robert Zemeckis) [ review ] 94

(16 Nov) South Park 11.14 (2007, Trey Parker)
[ CARTMAN – “Fuck you, Bebe!” ]

(20 Nov) Blade Runner (1982, Ridley Scott) 75
[ Part of Les Chefs-d’oeuvre ]

(25 Nov) The Cemetery Club (2007, Tali Shemesh) meh
[ Reviewed for Voir ]

(26 Nov) Le dernier continent (2007, Jean Lemire) 70
[ Reviewed for Voir ]

(27 Nov) Awake (2007, Joby Harold) 34
[ Reviewed for Voir ]

(28 Nov) Breakfast with Scot (2007, Laurie Lynd) 53
[ Reviewed for Voir ]

(29 Nov) The Golden Compass (2007, Chris Weitz) 71
[ Reviewed for Voir ]

(30 Nov) Jonas: La Quête (2007, Jean-François Pilon)
[ “Let’s rock out with our cocks out!” Tel est le mantra que Jonas répète à travers sa «quête», qui l’emmène de Montréal à Los Angeles, en passant par le Festival de la truite mouchetée de Saint-Alexis-des-Monts! This is Spinal Tap sans le second degré, Jonas: La Quête, de Jean-François Pilon, est au mieux une musicographie, au pire une infopub pour la musique d’aréna, la bière cheap et les pitounes. Le rockeur montréalais y apparaît comme un ours mal léché et, incroyablement, on le voit moins à l’écran que sa gérante (aussi productrice du film) Janie Duquette, une version féminine d’Elvis Gratton qui rêve de faire de Jonas une star mondiale ou, dans les mots de Duquette, de «licencier le produit à l’internationale». ]

October / December

2007 log (10)

(1 Oct) Québec sur ordonnance (2007, Paul Arcand)
[ Reviewed for Voir ]

(2 Oct) Dainipponjin (2007, Hitoshi Matsumoto) 50
(2 Oct) Up the Yangtze (2007, Yung Chang) 54
(5 Oct) Fugitive Pieces (2007, Jeremy Podeswa) 36
[ Reviewed for Voir ]

(3 Oct) The Darjeeling Limited (2007, Wes Anderson) [ review ] 90

(8 Oct) South Park 11.8 (2007, Trey Parker)
[ CARTMAN – “I’ve got a golden tickeeeeet! I’ve got a golden twinkle in my eeeeeeye!” ]

(8 Oct) Steel Toes (2007, David Gow) 37
[ Reviewed for Voir ]

(9 Oct) Continental, un film sans fusil (2007, Stéphane Lafleur) 44
(9 Oct) Poor Boy’s Game (2007, Clément Virgo) 68
(9 Oct) Les chansons d’amour (2007, Christophe Honoré) 70
(10 Oct) Persepolis (2007, Marjane Satrapi) 79
(10 Oct) Daisy Diamond (2007, Simon Staho) 93
(11 Oct) I’m Not There. (2007, Todd Haynes) 92
[ Part of our FNC coverage ]

(11 Oct) Durs à cuire (2007, Guillaume Sylvestre) 57
[ Reviewed for Voir ]

(11 Oct) Ice Cream (2007, Jean Deadwolf Leclerc) 15
[ Tourné au Viêt Nam avec une petite caméra, quelques amis comédiens et peu de budget, Ice Cream est censément fait selon les règles du “Freedogme”, ce qui semble être une façon détournée de dire, en bon québécois, “à la botche”. Le résultat est une soupe expérimentale qui, avec ses pastiches insignifiants du cinéma asiatique, ses scènes dramatiques ridicules et son déconnage de cégépien, est franchement pénible. Jean Deadwolf Leclerc (sa signature à l’écran) a au moins le mérite de se planter spectaculairement… Ou peut-être n’avons-nous tout simplement pas compris sa vision, étant, comme il nous accuse, trop “scolaires”. ]

(12 Oct) Redacted (2007, Brian De Palma) 68
[ Like his Vietnam film, “Casualties of War”, De Palma’s latest is not so much a war movie than a story about deshumanization. Inspired by the rape and murder of an Iraki teenage girl by American soldiers, “Redacted” takes the form of a series of amateur videos, news reports, security camera footage, and excerpts from a documentary with slick visuals and pompous music (De Palma borrowed the “Barry Lyndon” score). Hardly subtle, but an effective exercise in style. ]

(13 Oct) Et toi, t’es sur qui? (2007, Lola Doillon) 53
[ La prémisse, deux adolescentes de 15 ans (Christa Theret et Lucie Desclozeaux) décidant de perdre leur virginité avant les vacances, peut faire croire à un American Pie français, mais ce premier long métrage de Lola Doillon (fille du réalisateur de Ponette et ancienne assistante de Cédric Klapisch) n’est ni vulgaire, ni même vraiment une comédie. C’est plutôt un film doux-amer sur la jeunesse, réalisé sobrement, un peu comme L’Esquive ou Zim and co. ]

(13 Oct) Voleurs de chevaux (2007, Micha Wald) 39
[ Reviewed for Voir ]

(14 Oct) South Park 11.9 (2007, Trey Parker)
[ BONO – “Lat night, at 20 past eight, I took a crap weighing 9 and a half Courics. As you can see, it is one solid piece, it is my biggest crap to date, and I swear to its authenticity. Thank you, and God bless.” ]

(15 Oct) Gone Baby Gone (2007, Ben Affleck) 72
[ Après la disparition d’une fillette d’un quartier défavorisé de Boston, un jeune couple de détectives privés (Casey Affleck et Michelle Monaghan) est engagé par la famille pour la retrouver, ce qui déplaît aux policiers officiellement chargés de l’enquête (Ed Harris et Morgan Freeman). Malgré quelques effets racoleurs, un étrange hoquet narratif et certaines invraisemblances, Ben Affleck fait des débuts prometteurs comme réalisateur avec cette adaptation d’un roman de Dennis Lehane (Mystic River). Gone Baby Gone saisit bien le milieu social dans lequel l’action se déroule, soulève des questions morales complexes et regorge de confrontations d’acteurs intenses. Le public québécois remarquera aussi plusieurs échos troublants à la disparition de la petite Cédrika et au cirque médiatique l’ayant entourée. ]

(15 Oct) Love in the Time of Cholera (2007, Mike Newell) 56
[ Reviewed for Voir ]

(16 Oct) District! (2007, Aron Gauder) 52
[ Reviewed for Voir ]

(17 Oct) The Tracey Fragments (2007, Bruce McDonald) 65
[ Part of our FNC coverage ]

(17 Oct) American Gangster (2007, Ridley Scott) [ review ] 84

(19 Oct) L’âge des ténèbres (2007, Denys Arcand) 0
[ Part of our FNC coverage ]

(20 Oct) South Park 11.10 (2007, Trey Parker)
[ JUDGE – “The Court has no choice but to order you to put Mr. Cartman’s pubical sack in your mouth and draw upon them succulently for no less than 30 seconds.” ]

(20 Oct) Santo en el tesoro de Drácula (1969, René Cardona) 33
[ La dernière trouvaille de DJ XL5 pour sa soirée mensuelle de cinéma psychotronique est ce film de 1969 mettant en vedette Rodolfo Guzman Huerta, le légendaire lutteur mexicain ayant interprété Santo, le héros au masque argenté, dans une cinquantaine de films. Dans cette aventure, il invente une machine à voyager dans le temps, part à la recherche du trésor de Dracula et doit faire face à un gang criminalisé mené par un mystérieux homme à la cagoule noire. Scénario bancal, effets spéciaux douteux, acteurs médiocres… On est plus près d’une production d’Ed Wood que d’un classique du film de vampires, mais Santo contre le trésor de Dracula possède un charme rétro indéniable, les moments d’humour non intentionnel sont nombreux et les scènes de bagarre, distrayantes. ]

(23 Oct) L’héritage (2007, Géla Babluani) 41
[ Reviewed for Voir ]

(25 Oct) Man in the chair (2007, Michael Schroeder) 29
[ Reviewed for Voir ]

(26 Oct) South Park 11.11 (2007, Trey Parker)
[ CARTMAN – “By the way, I should tell you that I haven’t had a chance to shower while making my way up here; my balls are extra vinegary.” ]

(27 Oct) Pardonnez-moi (2007, Maïwenn) 70
[ Dans son premier long métrage, Maïwenn se met en scène dans le rôle d’une actrice qui décide de faire un documentaire sur sa famille dysfonctionnelle pour montrer à l’enfant qu’elle porte d’où il vient. Mêlant fiction et éléments autobiographiques, notamment des images d’archives d’elle-même quand elle était gamine, Maïwenn livre ici un film aussi débraillé qu’exaltant, traversé par des émotions extrêmes et une bonne rasade de rire jaune. ]

(28 Oct) Ceux qui restent (2007, Anne Le Ny) 62
[ Un professeur (Vincent Lindon) et une graphiste (Emmanuelle Devos) dont les conjoints respectifs ont le cancer se lient d’amitié alors qu’ils se croisent quotidiennement à l’hôpital pendant les heures de visite. Cette première réalisation d’Anne Le Ny aborde la comédie romantique sous un angle inusité, qui lui procure une sobriété et une gravité inhabituelles. Devos et Lindon, réunis à nouveau après La Moustache, y forment un duo d’acteurs inspirant. ]

(29 Oct) La Brunante (2007, Fernand Dansereau) 78
[ Reviewed for Voir ]

(29 Oct) A Mighty Heart (2007, Michael Winterbottom) 55
[ This is about the kidnapping and murder of Daniel Pearl, a Jewish-American New York Times journalist based in Pakistan, as experienced by his pregnant wife Mariane, also a journalist. The whole thing is well put together, with lots of locale flavour, and Angelina Jolie does fine work (as do Dan Futterman, Archie Panjabi, Will Patton and others), but I don’t know… Maybe this is the problem with true stories as opposed to fiction, like how you know beforehand how things are going to end, there are no big twists and turns, this is just messy, frustrating life… Then again, “United 93”, for instance, made the docudrama thing work: was that just a more potent story, or is it about Greengrass being better at making real events gripping than Winterbottom? In any case, “A Mighty Heart” is still worth seeing, I guess, but it’s missing a certain something that would have made all it more than the sum of its parts. ]

(30 Oct) Lions for Lambs (2007, Robert Redford) 71
[ Rarement le cinéma américain a-t-il été aussi engagé que ces dernières années. Alors qu’il a fallu plusieurs années après la guerre du Viêt Nam avant qu’on y consacre des films, depuis le début des conflits en Afghanistan et en Irak, une suite quasi ininterrompue de productions s’y attardent, souvent de façon très virulente. La dernière en lice est Lions for Lambs, première réalisation de Robert Redford depuis The Legend of Bagger Vance en 2000. Le titre fait référence à une citation attribuée à un général allemand qui, au sujet des soldats britanniques et de leurs supérieurs hiérarchiques pendant la Première Guerre mondiale, aurait déclaré n’avoir “jamais vu de tels lions dirigés par de tels agneaux”. Ce qui s’applique évidemment encore de nos jours aux forces armées occidentales, qui ont le courage d’aller risquer leur vie au front alors que les politiciens qui les y envoient ne quittent généralement jamais le confort et la sécurité de leurs bureaux. Redford et le scénariste Matthew Michael Carnahan illustrent ceci en opposant deux actions parallèles: la tentative par un membre du Congrès américain (Tom Cruise) de convaincre une journaliste (Meryl Streep) de la validité d’un nouveau déploiement de troupes en Afghanistan, et la lutte pour leur survie de deux soldats américains (Derek Luke et Michael Peña) malencontreusement échus en plein territoire taliban. À cela s’ajoute un troisième segment, où un professeur de sciences politiques idéaliste (Redford) discute avec un étudiant cynique (Andrew Garfield) qui considère que le gouvernement est irrémédiablement corrompu. Lions for Lambs pourrait facilement être transposé au théâtre, le récit étant très bavard et plutôt statique. Il y a bien tentative d’inclure un peu plus d’action avec la portion militaire mais, ironiquement, cette dernière est la moins stimulante; les formidables duels d’acteurs Redford-Garfield et Cruise-Streep causent beaucoup plus d’étincelles. Du lot, Cruise se démarque particulièrement, avec une prestation qui pervertit son image de beau parleur confiant et charismatique, un peu comme dans Magnolia. Sauf qu’au lieu de véhiculer des sottises machos comme son personnage dans ce film, le politicien qu’il interprète ici tente de vendre une salade potentiellement beaucoup plus dangereuse. Et si cette salade parvient à passer, c’est à cause du manque d’engagement de la population, ce que le film de Redford dénonce plus que tout. Espérons qu’il réussisse à réveiller quelques consciences. ]

(31 Oct) Mr. Magorium’s Wonder Emporium (2007, Zach Helm) 26
[ Reviewed for Voir ]

September / November

2007 log (9)

(3 Sept) Ben X (2007, Nic Balthazar) 82
[ Grand Prix des Amériques au dernier Festival des films du monde de Montréal, ce premier long métrage de l’ancien critique de cinéma Nic Balthazar raconte l’histoire de Ben, un adolescent autiste (bouleversant Greg Timmermans) qui vit replié sur lui-même, sensible (souvent à l’excès) à ce qui l’entoure mais incapable d’y interagir “normalement”. Pire, comme ce semble être le cas dans toutes les écoles du monde, ceux qui sont différents sont souvent cruellement harcelés et ridiculisés par les autres jeunes, et Ben ne fait malheureusement pas exception. Balthazar nous fait partager de façon presque insoutenable l’angoisse et la frustration que ressent l’adolescent face à sa difficulté – et surtout celle des autres – à accepter son état. L’autre élément extraordinaire de Ben X est l’utilisation des codes et de l’esthétique des jeux vidéo. D’autres films ont déjà accompli cela avec brio auparavant, notamment Run Lola Run, mais il est plus audacieux de le faire dans un drame que dans un film d’action. De plus, ce n’est pas un exercice de style gratuit: le coeur du récit se trouve dans l’échappatoire que trouve Ben en évoluant dans l’univers virtuel d’ArchLord, où il peut non seulement être qui il veut, mais aussi devenir un héros et gagner le respect et l’amour d’une princesse. Le plus intéressant est que même quand Ben ne joue pas, Balthazar continue d’incorporer des images du jeu, qui reflètent ce que Ben vit à chaque moment.
Autant sur le plan de la thématique que de la forme, Ben X impressionne et surprend. À ne pas manquer! ]

(3 Sept) The Short Life of José Antonio Gutierrez (2007, Heidi Specogna) 60
[ Reviewed for Voir ]

(4 Sept) Goya’s Ghosts (2007, Milos Forman) 64
[ Reviewed for Voir ]

(4 Sept) Le voyage d’une vie (2007, Maryse Chartrand) all my sympathies
[ Reviewed for Voir ]

(5 Sept) Still Life (2007, Jia Zhang-ke) 67
[ Reviewed for Voir ]

(5 Sept) The Brothers Solomon (2007, Bob Odenkirk) 2
[ Reviewed for Voir ]

(10 Sept) The Brave One (2007, Neil Jordan) 47
[ This is basically a Steven Seagal vigilante flick, only with a female protagonist played by Jodie Foster which, granted, makes this a more emotional piece. She plays a radio host who, after being beaten and left for dead by thugs, buys herself a gun and goes on a killing spree of criminals. Numerous apparent lifts from “Taxi Driver” (the black market gun seller, the liquor store attack which gives her a chance to shoot a mofo for the first time, the attempt to rescue a whore, the chance meeting with an authority figure, the bloody climax followed by a series of overhead shots, etc.) and what seems like an allegory for post-9/11, Iraq-“liberating” America (attack-> fear/paranoia -> questionable violent retaliation) are intriguing, but the movie still often goes for the cheap thrills. And what’s with the racist undercurrent, which has the Aryan Foster wasting away black gangbangers, Latino cholos and shady Arab fellas? Then again, her boyfriend is Indian and she cosies up with a black cop (played by the always engaging Terrence Howard), so I guess this isn’t a fascist wet dream. Or is it? ]

(11 Sept) Across the Universe (2007, Julie Taymor) 83
[ En 1978, les Bee Gees et Peter Frampton tiennent la vedette dans Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, une comédie musicale inspirée de la musique des Beatles. Le film s’avère un échec retentissant sur presque tous les plans. Une trentaine d’années plus tard, voici que Julie Taymor (Titus, Frida) tente une expérience similaire, heureusement avec beaucoup plus de succès. Across the Universe raconte l’histoire de Jude (Jim Sturgess), un artiste de Liverpool qui se rend en Amérique pour retrouver son père, mais qui y découvre plutôt l’amour auprès de Lucy (Evan Rachel Wood), une adolescente idéaliste. Les deux tourtereaux emménagent dans une commune avec des musiciens (dont Dana Fuchs et Martin Luther McCoy en émules de Janis Joplin et Jimi Hendrix), où ils font l’expérience de l’effervescence des années soixante. Mais lorsque le frère de Lucy, Maxwell (Joe Anderson), est appelé à aller combattre au Viêt Nam, ils perdent rapidement leurs illusions. Tous ces développements passent à travers les chansons des Beatles, ce qui se fait de façon très naturelle, car après tout, elles ont en grande partie défini leur époque. Ce ne sont évidemment pas les hymnes à l’amour qui manquent (If I Fell, All You Need Is Love), ni les pièces faisant écho aux bouleversements sociaux (Come Together, Revolution). En fait, leur répertoire est si riche qu’il en vient presque à faire basculer le film. La plupart du temps, les numéros musicaux font avancer le récit et révèlent la vie intérieure des différents personnages. Mais à l’occasion, particulièrement lors du long passage psychédélique (I Am the Walrus, For the Benefit of Mr. Kite), on a l’impression que toute considération narrative est évacuée et que les chansons ne font plus que s’aligner aléatoirement. Toutefois, même à ces moments, Across the Universe demeure visuellement éblouissant, Taymor faisant preuve d’une inventivité apparemment intarissable à la fois en ce qui a trait aux techniques cinématographiques mais aussi à la scénographie et aux chorégraphies, ce qui nous rappelle qu’elle a débuté comme metteur en scène sur Broadway. D’autre part, l’interprétation et les arrangements des chansons des Beatles sont souvent surprenants, comme dans le spectacle Love du Cirque du Soleil. Enfin, les fans du Fab Four s’amuseront à repérer les innombrables clins d’oeil à son oeuvre et sa carrière. ]

(11 Sept) Un cri au bonheur (2007, 11 directors) hit and miss, but when it hits, whoa
[ Reviewed for Voir ]

(14 Sept) In the Shadow of the Moon (2007, David Sington) 80
[ Reviewed for Voir ]

(14 Sept) Death Proof (2007, Quentin Tarantino) [ review ] 93

(15 Sept) A History of Violence (2005, David Cronenberg) [ review ] 93

(17 Sept) Le Ring (2007, Anaïs Barbeau-Lavalette) 66
[ La ligne est mince entre réalisme brut et misérabilisme mais, dans l’ensemble, cette production de l’INIS tombe dans la première catégorie. Racontant sans fla-fla le quotidien d’un garçon d’Hochelaga-Maisonneuve qui rêve de devenir lutteur professionnel, Le Ring s’apparente à un film des frères Dardenne. Les idées exprimées dans le scénario ne sont pas toujours abouties, mais la mise en scène d’Anaïs Barbeau-Lavalette et le jeu des comédiens (surtout le jeune Maxime Desjardins-Tremblay) sont admirablement naturels. ]

(18 Sept) Commando – Director’s Cut (1985, Mark L. Lester) [ review ] 100

(19 Sept) December Boys (2007, Rod Hardy) 32
[ Daniel Radcliffe ain’t a kid no more. We’ve seen him grow up from film to film, now here he is in his first post-“Harry Potter”, non-fantasy role. “December Boys” has Radcliffe playing the eldest of four orphans from the Australian Outback who are sent on vacation to a coastal village, where they discover the adult world, girls and disillusion. This coming-of-age story is rather trite and generic, like “Les choristes” minus the songs. It’s nicely helmed and watchable enough, but instantly forgettable. And despite the fact that he gets to make out with and finger Teresa Palmer, Radcliffe doesn’t break his image of a harmless nice boy too much. ]

(20 Sept) Brand Upon the Brain! (2007, Guy Maddin) 74
[ Maladie, vengeance, inceste, ballet, hockey, avortement, bière, résurrection… Bienvenue dans l’univers de Guy Maddin. Étant originaire de Winnipeg, on peut imaginer que ses films apparaissaient comme de véritables ovnis quand il a commencé à y tourner au milieu des années 1980. Avec Brand Upon the Brain!, Maddin persiste et signe, continuant de développer sa vision singulière sans se soucier du goût du jour. Le film se déroule sur une île dont le phare est aussi un orphelinat, dirigé par une femme autoritaire (Gretchen Krich) et son mari (Todd Jefferson Moore), un scientifique affairé à de mystérieuses expérimentations. Un jour, Wendy (Katherine Scharhon), une adolescente détective déguisée en garçon, y vient pour enquêter sur la nature des trous que tous les orphelins ont derrière la tête et, un peu malgré elle, séduit la fille (Maya Lawson) et le fils (Sullivan Brown) des directeurs de l’orphelinat. Élément non négligeable, le fils s’appelle… Guy Maddin. De fait, malgré tous les éléments fantaisistes qu’il renferme, Brand Upon the Brain! est un film autobiographique. Regorgeant de trouvailles surprenantes et alternant entre candeur et cruauté, Brand Upon the Brain! s’apparente à un conte des frères Grimm, ce qui s’applique aussi aux jeunes années de Maddin. La facture visuelle de Brand Upon the Brain! est, comme c’est généralement le cas chez Maddin, inspirée du cinéma muet (noir et blanc, intertitres, effets d’iris). D’ailleurs, lors des premières représentations, le film était présenté sans aucune bande sonore préenregistrée, l’accompagnement musical, la narration et le bruitage étant performés en direct. Mais même sans toute cette mise en scène, Brand Upon the Brain! demeure une expérience cinématographique fascinant. ]

(21 Sept) Shake Hands with the Devil (2007, Roger Spottiswoode) 69
[ Reviewed for Voir ]

(23 Sept) Commando – Director’s Cut (1985, Mark L. Lester) [ review ] 100

(24 Sept) Into the Wild (2007, Sean Penn) 88
[ Dans une des scènes de Five Easy Pieces, le personnage de Jack Nicholson rencontre une autostoppeuse désirant s’exiler en Alaska parce qu’elle veut vivre dans un environnement plus propre, c’est-à-dire moins empoisonné par l’industrialisation et la surconsommation. En 1992, un jeune homme du nom de Christopher McCandless a entrepris de faire la même chose, pour sensiblement les mêmes raisons. Avec seulement une carabine, de l’équipement de camping et quelques bouquins, il s’est rendu dans un coin inhabité de l’état arctique et y a vécu pendant des mois, isolé du reste du monde. Son expérience a inspiré Into the Wild, un livre de Jon Krakauer basé sur le journal que McCandless a tenu pendant ses aventures, et maintenant ce film, réalisé par Sean Penn et mettant en vedette Emile Hirsch. Ce dernier, même s’il est souvent seul à l’écran, capture toujours notre attention avec sa vivacité et la façon dont il gère l’ambiguïté de son personnage, qu’on sent sincère dans sa volonté d’effectuer un retour à la nature, mais qui semble aussi vouloir désespérément fuir un passé orageux et un avenir étouffant. Quelques flashbacks de son enfance, alors que sa soeur (Jena Malone) et lui observaient tristement les incessantes disputes entre leurs parents (William Hurt et Marcia Gay Harden), en disent long à cet égard. Le scénario de Penn est habilement construit de façon non chronologique, alternant entre la découverte par McCandless des périls de la vie en région sauvage lors de son ermitage en Alaska, et les deux années passées préalablement à vagabonder à travers l’Amérique. Ceci donne lieu à toute une variété de nouvelles expériences et de personnages colorés, alors qu’on voit celui qui s’était rebaptisé Alexander Supertramp (!) se lier d’amitié avec un couple de hippies (Catherine Keener et Brian Dierker), travailler avec un fermier (Vince Vaughn) au Dakota, se rendre jusqu’au Mexique en kayak, vivre une amourette avec une adolescente (Kristen Stewart) dans un camp de roulottes dans le désert du Colorado, crécher avec un militaire à la retraite (Hal Holbrook), et ainsi de suite. Porté par les chansons d’Eddie Vedder, Into the Wild est un film riche et lyrique, avec lequel Penn s’impose plus que jamais comme un véritable cinéaste et non pas juste un “acteur qui réalise”. ]

(26 Sept) The Kingdom (2007, Peter Berg) 28
[ After a terrorist attack in which a number of Americans are killed, four FBI agents go to Saudi Arabia, but they’re constantly blocked by the local police and by their own superiors. Hence, nothing happens for nearly half the movie, which is made particularly dull by the fact that the agents played by Jamie Foxx, Jennifer Garner, Chris Cooper and Jason Bateman are all non-characters. Even once they manage to start their investigation, it’s still boring; as it’s been assessed elsewhere, beyond the exotic locale, this is as generic and inconsequential as an episode of CSI. The last act is more explosive, literally, with a lot of shit blowing up, shoot-outs, fights and a car chase. But while technically efficient, the action scenes aren’t extraordinary or anything (a Bourne flick this isn’t) and, most damningly, it feels like they’re milking the violent mayhem in the Middle East for cheap thrills, like “Team America: World Police” minus the satire. ]

(26 Sept) Hotel Chevalier (2007, Wes Anderson) 79
[ Part of the Directors Series ]

(27 Sept) We Own the Night (2007, James Gray) 77
[ Bobby (Joaquin Phoenix) gère le El Caribe, un club de Brooklyn appartenant à un riche importateur russe (Moni Moshonov) dont le neveu (Alex Veadov) est impliqué dans le trafic de narcotiques. Cela n’inquiète pas trop Bobby, jusqu’à ce que la police s’en mêle et fasse une descente au club. Surtout que le commissaire est son père (Robert Duvall), et l’officier en charge de l’enquête, son frère (Mark Wahlberg). Bobby se retrouve donc pris entre deux feux, déchiré entre sa loyauté envers son entourage peu recommandable et la force des liens du sang. We Own the Night est en quelque sorte une version inversée de The Godfather. Plutôt que de présenter un protagoniste qui, comme Michael Corleone, tente de faire sa vie hors du milieu criminel dans lequel baigne sa famille mais réalise qu’il est impossible d’y échapper, le film de James Gray (Little Odessa, The Yards) s’intéresse à un homme issu d’un clan de policiers dont il tente de s’éloigner autant que possible, mais que les évènements poussent à joindre à nouveau. De surcroît, comme le chef-d’oeuvre de Coppola (dont faisait d’ailleurs partie Duvall), We Own the Night est avant tout un drame familial, que les scènes d’action, aussi intenses soient-elles (la scène du laboratoire de cocaïne et la poursuite de voitures sous une pluie battante sont particulièrement mémorables), ne viennent que ponctuer. Le coeur du film est la rivalité entre les deux frères, l’un ayant suivi les traces de leur père, et l’autre ayant fait son propre chemin, au risque de s’égarer. Le scénario de Gray ne les étiquette pas comme étant le “bon fils” et le “mauvais fils”, choisissant plutôt de montrer comment tous deux évoluent dans des zones grises. Le récit est habité par un sentiment de fatalité, la vie de presque tous les personnages étant en danger à travers le film. Et comme c’est généralement le cas, chaque acte de violence en engendre un autre, ce qui crée un climat très tendu, flics et bandits surveillant constamment leurs arrières en attendant le prochain coup d’éclat du côté adverse. Sans réinventer le genre ni éviter les clichés, We Own the Night demeure un film policier bien ficelé. ]

(28 Sept) Les plus beaux yeux du monde (2007, Charlotte Laurier) 14
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(29 Sept) Notes on a Scandal (2006, Richard Eyre) 71
[ Somehow hadn’t seen this one until one. It is indeed a pretty great yarn, with impeccable performances from Judi Dench and Cate Blanchett, but it’s not quite the bitchy fun I was expecting. It’s actually mostly sad, the story of a lonely old lesbian spinster who tries to find companionship in all the wrong ways, and a younger woman who has a happy enough family life but who for some reason still feels the need to compromise it all for a little bit of teen hunk ass. Basically, it’s less “All About Eve” than “The Hours”… or maybe it’s just the Philip Glass score that’s giving me that impression? One way or the other, good show. ]

August / October

2007 log (8)

(1 Aug) L’Immeuble Yacoubian (2007, Marwan Hamed) 67
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(1 Aug) The Bourne Ultimatum (2007, Paul Greengrass) [ review ] 90

(2 Aug) Hot Rod (2007, Akiva Schaffer) 39
[ Le collectif The Lonely Island, formé du réalisateur Akiva Schaffer et des acteurs Andy Samberg et Jorma Taccone, s’est fait connaître avec ses vidéos diffusés à SNL et sur le Web tels que la sensation YouTube Lazy Sunday. Hélas, si l’on se fie à leur premier long métrage, ils sont incapables de soutenir leur humour plus de quelques minutes à la fois. Hot Rod, l’histoire d’un pseudo-cascadeur tentant de gagner le respect de son beau-père (Ian McShane), s’avère donc décousu, répétitif et complaisant. De plus, plusieurs gags copiant ceux d’autres comédies récentes, le film finit par n’être qu’un pot particulièrement pourri (pour reprendre une expression de RBO) de l’idiotie assumée des films de Will Ferrell, de la ringardise intentionnelle de Napoleon Dynamite, de l’absurdité de Tom Green et des exploits abrutis de Jackass. ]

(6 Aug) Rush Hour 3 (2007, Brett Ratner) [ review ] 66

(6 Aug) 2 Days in Paris (2007, Julie Delpy) 81
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(8 Aug) Contre toute espérance (2007, Bernard Émond) 68
[ “Breaking the Waves” without the sailor fucking and the True Believer innocence, this story of a woman’s struggle to cope with her disabled husband is rather depressing but not without a certain celebration of human will. There’s also a hardly subtle socio-economic message throughout, with the female protagonist having to deal with financial woes on top of her hubby’s state. Worth seeing mostly for Jean-Claude Labrecque cinematography and the affecting performances from Guylaine Tremblay, Guy Jodoin and my man Gildor Roy. ]

(8 Aug) Superbad (2007, Greg Mottola) [ review ] 84

(9 Aug) Sauf le respect que je vous dois (2007, Fabienne Godet) 45
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(10 Aug) Trapped in the Closet : Chapters 1-12 (2005, R. Kelly) 77
[ Watching this being projected (between a wonderful short musical documentary about dumpster diving called “Surfing the Waste” and the first two reels of Bollywood classic “Sholay”) at the gorgeous McAuslan Brewery terrasse by the Lachine canal was quite an experience. 43 minutes of overly dramatic singing in the same repetitive melody about the ridiculously complicated adulterous relationships between a man, his wife, a pastor, the pastor’s wife, the pastor’s male lover, a cop, the cop’s wife, a midget, etc. Can’t wait for Chapters 13-22 of this hip-hopera! ]

(12 Aug) Our Daily Bread (2005, Nikolaus Geyrhalter) 70
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(13 Aug) The Last Legion (2007, Doug Lefler) 31
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(14 Aug) Bluff (2007, Fecteau & Lavoie) 62
[ Avant de démolir un bâtiment, un ouvrier (Jean-Philippe Pearson) décide de faire une dernière ronde. En ouvrant la trappe du plancher d’un des logements, il fait une consternante découverte. Le propriétaire de l’immeuble (Raymond Bouchard), par contre, ne semble pas s’en inquiéter outre mesure. Pour cause, il affirme s’être résigné au fait qu’on ne sait jamais vraiment à qui on loue et qu’au cours des 15 dernières années, toutes sortes d’individus ont habité l’appartement en question… Cette ingénieuse amorce permet de raconter plusieurs histoires impliquant un grand nombre de personnages tout en n’utilisant qu’un seul lieu de tournage, ce qui sauve évidemment bien des soucis (et des dépenses) à la production. D’autre part, ceci introduit un certain suspense car, alors qu’on va et vient entre les différentes intrigues, on se demande laquelle finira tragiquement. Le film n’est toutefois pas dramatique du début à la fin, loin de là! Une autre qualité du concept est justement qu’il permet une variété de tons, certaines vignettes étant relativement réalistes alors que d’autres sont carrément absurdes. Thématiquement, elles se rejoignent toutefois dans la façon dont elles impliquent toutes des mensonges, de la manipulation et, oui, du bluff: un voleur (Marc Messier) cache à son complice (Nicolas Canuel) qu’ils sont en train de dévaliser son propre appartement; un boxeur amateur (Rémy Girard) tente de convaincre son gendre (Pierre-François Legendre) qu’il a déjà été un grand champion; un couple (Isabelle Blais et Alexis Martin) négocie avec un inconnu (Gilbert Sicotte) pour lui vendre une toile qu’ils ont perdue, et ainsi de suite. Bluff a été réalisé à quatre mains par Marc-André Lavoie et Simon-Olivier Fecteau, qui en sont tous deux à leur première expérience de long métrage après plusieurs années à faire des courts. La transition n’est pas trop drastique, considérant la structure en petits récits croisés, mais le “couple créatif” (pour citer Fecteau) s’efforce quand même de donner une unité formelle à l’ensemble. Ceci est particulièrement évident dans le montage, qui croise habilement les différentes trames en créant des échos entre elles, et dans l’excellente musique de Frédéric Bégin, qui donne au film son élan. On peut regretter la facture visuelle plus ou moins soignée, attribuable au budget modeste, mais ceci n’enlève rien aux nombreux gags réussis et aux réjouissantes performances des comédiens. ]

(15 Aug) The Invasion (2007, Oliver Hirschbiegel? James McTiegue?) 44
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(16 Aug) Paprika (2007, Satoshi Kon) 73
[ En seulement quatre films (plus une série télé, Paranoia Agent), Satoshi Kon s’est établi comme l’un des grands maîtres de l’animation japonaise. Mis à part le plus conventionnel mais néanmoins sympathique conte pour enfants Tokyo Godfathers, son oeuvre démontre qu’on peut faire du dessin animé foncièrement adulte, sans toutefois sombrer dans la démesure violente et sexuelle. Ce qui démarque les films de Satoshi Kon, c’est la finesse avec laquelle les personnages sont développés et, surtout, leur complexité narrative et visuelle.
Dans Perfect Blue, Millenium Actress et maintenant Paprika, les points de vue se multiplient, les limites entre les niveaux de conscience se brouillent, et il est souvent ardu de distinguer rêves, souvenirs et réalité. Ce type de jeu avec la perception est particulièrement approprié au cinéma d’animation, car cela permet d’expérimenter avec une variété de styles, allant d’un certain réalisme à l’imagerie la plus grotesque.
Paprika se déroule dans un futur rapproché, alors que des psychothérapeutes viennent de mettre au point un dispositif du nom de la DC Mini, qui leur permet non seulement d’observer les rêves de leurs patients mais d’y pénétrer. Lorsqu’un de ces appareils est subtilisé par un individu aux intentions malveillantes, la docteure Atsuko Chiba prend la forme de son alter ego Paprika pour aller enquêter dans le monde des rêves et débusquer le mystérieux terroriste du subconscient.
Les songes surréalistes qu’on découvre prennent diverses formes, dont celle d’une gigantesque parade de grenouilles jouant d’instruments de musique, d’électroménagers dansants, de statues de chats qui se font aller la patte et d’une foule d’autres objets, poupées et jouets. Plusieurs rêveries sont aussi littéralement cinématographiques, les personnages évoluant dans des films dans le film, plongeant à travers un écran ou une caméra, discutant de techniques filmiques… Satoshi Kon se permet même un clin d’oeil à ses films précédents.
Le tout est visuellement superbe, l’animation étant riche et inventive du début à la fin, mais l’histoire (inspirée du roman de science-fiction de Yasutaka Tsutsui) est tout aussi captivante, bien qu’elle porte souvent à confusion. Pour reprendre le cliché d’usage, Paprika exige qu’on adopte une logique onirique, où les émotions et les pensées qu’inspire une scène priment sur son contexte. D’une façon ou d’une autre, les fans du cinéaste seront ravis. ]

(17 Aug) Feast of Love (2007, Robert Benton) 48
[ Read my interview with Radha Mitchell ]

(18 Aug) La logique du remords (2007, Martin Laroche) 67
[ Bien que limité par un budget de seulement 3400 $, Martin Laroche s’affirme avec ce premier film comme un nom à surveiller – et à ne pas confondre avec celui du comédien, à qui il n’est pas apparenté: “L’an passé, raconte-t-il, j’ai travaillé sur le plateau de François en série, et parfois je pensais que c’était mon nom sur la feuille d’appel mais c’était le sien… J’aurais aimé avoir son salaire, mettons.” La Logique du remords met en scène une confrontation tendue entre deux hommes, isolés dans un sous-sol. L’un d’eux est le père (Antoine Touchette) d’une fillette ayant été violée et tuée, l’autre est le monstre (Denis Faucher) coupable de ces actes, attaché devant lui. À partir de cette prémisse, on pourrait ne s’attendre qu’à une simple histoire de vengeance, gravitant autour d’un interrogatoire et de diverses tortures, mais le récit que Laroche nous concocte est beaucoup plus fascinant. Débutant avec quelques mots en espéranto et une citation de Marc-Aurèle (“Les hommes sont faits les uns pour les autres, donc instruis-les ou supporte-les”), ce film d’horreur psychologique annonce d’emblée des intentions plus philosophiques que sensationnalistes. On découvre, à travers les retours en arrière qui parsèment le huis clos, que le père en deuil s’oppose intellectuellement et moralement à l’idée de se faire justice lui-même. Comment en vient-il à se rabaisser consciemment au niveau de quelqu’un capable de tuer froidement? La réponse risque de vous troubler profondément. Pour Laroche, le processus de création a été assez rapide: “L’idée a mûri dans ma tête pendant un bon bout, se rappelle-t-il, mais quand j’ai décidé de la coucher sur papier, je l’ai écrite en deux mois puis je l’ai tournée tout de suite après.” Il a appris que son film avait été accepté par le FFM tout aussi spontanément: “C’est Serge Losique qui m’a appelé et, sérieux, pendant à peu près 10 secondes, je me demandais lequel de mes amis me niaisait. Finalement, c’était vraiment lui; une chance que je n’ai pas dit: “Heille Alex, ferme donc ta gueule!”” ]

(19 Aug) Killing Zelda Sparks (2007, Jeff Glickman) 64
[ A pretty damn good little black comedy about a jealous and violent dude (Vincent Kartheiser) who, with the help of a journalist buddy (Geoffrey Arend), attempts to get even at last with the slutty, crazy bitch fatale (Sarah Carter) who broke his heart in high school. The storytelling makes deft use of ellipses and flashbacks and flashforwards, the visuals are dynamic, the performances are engaging… Good stuff. ]

(20 Aug) The Nanny Diaries (2007, Shari Springer Berman & Robert Pulcini) 30
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(21 Aug) Balls of Fury (2007, Robert Ben Garant) 52
[ Randy Daytona (Dan Fogler), un athlète inégalé dans sa discipline, est recruté par un agent du FBI (George Lopez) pour s’infiltrer dans un tournoi illégal organisé par le mystérieux Feng (Christopher Walken) et prouver que ce dernier est impliqué dans des activités criminelles. Si cette prémisse vous est familière, c’est que les scénaristes de Balls of Fury l’ont empruntée à Enter the Dragon, le classique du film d’arts martiaux mettant en vedette Bruce Lee. Seulement, ils y ont apporté une légère modification: ils ont retiré toutes les scènes de kung-fu et les ont remplacées par des matches de ping-pong! Il faut avouer que l’idée est rigolote, mais on court le risque de se retrouver devant une de ces comédies qui se contentent d’une seule idée centrale de ce type et continuent de l’exploiter longtemps après que le potentiel comique en soit épuisé. C’est en partie le cas ici, les scènes où les joueurs de ping-pong font de l’attitude et où la caméra multiplie les prises de vue à la Matrix devenant rapidement redondantes. L’offre humoristique varie tout de même quelque peu, y allant de références à Rocky ou The Karate Kid et, évidemment, se permettant plusieurs gags en bas de la ceinture, notamment lors d’une séquence assez délirante où les participants du tournoi se font offrir les services d’esclaves sexuels… mâles. Le film de Robert Ben Garant (mieux connu comme le créateur et une des stars de la série Reno 911!) ne brille pas par sa subtilité ou son intelligence, mais démontre un sens de l’absurde prononcé. Sur ce plan, le casting de Christopher Walken ne pourrait pas mieux convenir. Avec son air excentrique et ses intonations décalées, qui frisent souvent l’auto-parodie, en plus d’un accoutrement qu’on pourrait décrire comme un mélange de Fu Manchu, Dracula et Elton John, le vétéran acteur ne déçoit pas. Dans le rôle du champion de ping-pong obsédé par Def Leppard, Dan Fogler est aussi plutôt désopilant, même s’il donne parfois l’impression de n’être qu’un fac-similé de l’exubérant Jack Black. Et on ne peut passer sous silence la présence de la très, hum, athlétique Maggie Q. Alors, si vous êtes férus de tennis de table et de films de kung-fu ou que vous voulez simplement rigoler un peu, Balls of Fury devrait vous faire passer un bon moment. ]

(22 Aug) Silk (2007, François Girard) 86
[ Dans le documentaire François Girard en trois actes, de Mathieu Roy, Martin Scorsese avance que la musicalité est ce qui définit le plus le cinéma de François Girard. Ceci est évident dans Thirty-Two Short Films About Glenn Gould et Le Violon rouge, mais aussi dans Silk qui, bien que le sujet ne soit pas musical, semble construit comme une partition, avec des refrains et des mélodies qui reviennent. Vers 1860, Hervé Joncour (Michael Pitt), qui vit une existence paisible auprès de sa bien-aimée Hélène (Keira Knightley), est contraint de la quitter pour aller acheter des oeufs de ver à soie au Japon, où il tombe sous le charme d’une mystérieuse concubine (Sei Ashina). Voilà les grandes lignes du roman de Baricco, dont un des éléments les plus distinctifs est certainement la concision de la prose, où les images simples et fortes prédominent sur les longues descriptions. Plus qu’un drame romantique, Silk est une série de longs périples qui amènent Joncour à se rendre au bout du monde, dans un pays auquel très peu d’étrangers ont accès. Silk est un film plus impressionniste qu’anecdotique, et c’est la succession de tableaux beaux à couper le souffle (le directeur photo Alain Dostie mérite toutes les accolades imaginables), plus que le détail du récit, qui nous émeut. Le film de Girard se refuse en effet à la dictature du montage frénétique style vidéoclip, embrassant plutôt une certaine langueur. Le récit est pourtant très dense, relatant de nombreux voyages et racontant une histoire qui s’étale sur plusieurs années, mais les déplacements et le passage du temps se font de façon naturelle, comme le va-et-vient de la respiration. Par sa nature ouverte, Silk se prête à différentes interprétations, Girard laissant beaucoup de place à l’imagination du spectateur. ]

(22 Aug) Shoot ‘Em Up (2007, Michael Davis) [ review ] 68

(23 Aug) Cobrador, In God We Trust (2007, Paul Leduc) 51
(23 Aug) Vent mauvais (2007, Stéphane Allagnon) 75
(24 Aug) 53 dias de invierno (2007, Judith Colell) 43
(26 Aug) Body/Antibody (2007, Kerry Douglas Dye & Jordan Hoffman) 62
(26 Aug) Où vas-tu Moshé? (2007, Hassan Benjelloun) meh
(26 Aug) Family Motel (2007, Helene Klodawsky) 70
(26 Aug) Being Innu (2007, Catherine Mullins) ok
[ Reviewed for Voir ]

(28 Aug) Surviving My Mother (2007, Émile Gaudreault) 67
(Caroline Dhavernas, as always: 100)
[ Reviewed for Voir ]

(29 Aug) La Brunante (2007, Fernand Dansereau) 78
[ Reviewed for Voir ]

(30 Aug) Eastern Promises (2007, David Cronenberg) [ review ] 90

July / September