Philippe Falardeau

2000
La moitié gauche du frigo 67
[ This faux-vérité film about an unemployed engineer’s struggles to find work is both a character study/showcase for actor Paul Ahmarani and a Michael Moore-style leftist treatise about the failings of the capitalist system. Good stuff. ]

2006
Congorama 89
“Ich Bin Ein Quebecer!”
When a misunderstood Belgian inventor (Olivier Gourmet) learns from his sick old father (Jean-Pierre Cassel) that he’s adopted, having been born in a barn in Ste-Cécile, he flies to Canada to find his biological parents. His journey takes him to a nun (Janine Sutto), a priest (Gabriel Arcand) and another inventor of sorts (Paul Ahmarani) and then… Ha! I wouldn’t dare divulge all the surprises this highly clever little picture packs.

“Des diamants, un père disparu, une invention révolutionnaire…”
Falardeau’s film is a joy of every moment, marvellously telling an original, absurd, slyly moving story. Many scenes are replayed from different angles, as we learn more about Gourmet and Ahmarani’s characters (who form a superb comic duo, apart or together) and the things that bring them together. The movie also offers a refreshing vision of Quebec, celebrating both its more traditional/provincial side (the Catholic Church, country music, Molson beer) and a growing overture towards the world (Expo 67, relations with Belgium and Congo, natch). This is all very enjoyable, but it doesn’t stop there: ultimately, this tale of fathers and sons is downright biblical!

2008
C’est pas moi, je le jure! 82
[ Ce ne sont pas les qualités qui manquent dans ce troisième long métrage de Philippe Falardeau, une chronique drôle et touchante de l’été 1968 tel que vécu par un gamin pas comme les autres : l’irréprochable travail d’André Turpin à l’image, la musique planante de Patrick Watson (que complètent des chansons de Karkwa et de Sigur Rós), la reconstitution d’époque convaincante sans attirer l’attention sur elle outre mesure… Reste qu’à leur sortie de la salle, les spectateurs n’auront probablement qu’une seule chose en tête : l’extraordinaire performance du jeune Antoine L’Écuyer, une véritable révélation dans le rôle de l’explosivement espiègle Léon. Voleur, menteur, vandale et suicidaire, Léon est bien loin des enfants insupportablement gnangnans que le cinéma nous sert trop souvent, et ses innombrables répliques cinglantes déclenchent les rires à profusion tout le long du film. En même temps, on ressent beaucoup d’empathie pour ce petit démon blond et l’on comprend sa révolte, lui qui a passé presque toute sa courte vie à souffrir des constantes engueulades de ses parents (Suzanne Clément et Daniel Brière, très justes dans des rôles difficiles) et qui, tôt dans le film, voit sa mère carrément abandonner le navire. Une amourette avec une voisine (Catherine Faucher, émouvante) elle aussi aux prises avec une situation familiale difficile viendra le réconforter quelque peu, mais rien n’égale une bonne dose de coups pendables pour vraiment changer le mal de place! S’inspirant des romans de Bruno Hébert et de sa propre enfance, Philippe Falardeau signe avec “C’est pas moi, je le jure!” un film plus accessible que ses précédents, mais qui s’inscrit néanmoins en continuité avec ceux-ci, si ce n’est que par l’intelligence de la mise en scène et la cohabitation heureuse du drame et de la comédie qu’il y établit. ]

2011
Monsieur Lazhar 89
[ In this adaptation of Évelyne de la Chenelière’s play, Philippe Falardeau depicts how a group of sixth-graders try to cope with the self-inflicted death of their teacher through the help of her replacement, Bashir Lazhar, a fundamentally decent, wise and caring Algerian refugee who has some grief of his own to deal with. There is much to love in this film: the confident storytelling, which lets the characters breathe without forcing them into a conventional plot structure; the elegant cinematography by Ronald Plante, editing by Stéphane Lafleur and music by Martin Léon; Fellag’s immensely engaging lead performance and, perhaps more than anything, the exceptionally natural and touching performances by Sophie Nélisse, Émilien Néron and the other child actors. ]

2014
The Good Lie 62
[ review ]

2015
Guibord s’en va-t-en guerre 85
[ Après être allé tourner le film américain The Good Lie, avoir porté au grand écran une pièce d’Evelyne de la Chenelière dans Monsieur Lazhar et avoir adapté le livre C’est pas moi, je le jure! de Bruno Hébert, Philippe Falardeau réalise avec Guibord s’en va-t-en guerre un film à partir de son scénario original pour la première fois depuis Congorama. De fait, on retrouve avec bonheur la grande intelligence et l’humour fin du cinéaste dans cette comédie politique dont l’idée de départ a été esquissée par André Turpin et qui a bénéficié de la collaboration de Stéphane Lafleur à l’écriture. Falardeau, Turpin, Lafleur… Un vrai Dream Team! Un Patrick Huard plus sympathique que jamais joue le rôle de Steve Guibord, le député fédéral indépendant du comté de Prescott-Makadewà-Rapides-aux-Outardes, qui s’étend sur des centaines de kilomètres dans le nord du Québec. Préocuppé surtout par des questions régionales, Guibord se retrouve impliqué malgré lui dans une crise d’envergure internationale lorsqu’un concours de circonstances fait qu’il aura la balance du pouvoir lors d’un vote pour décider si le Canada partira en guerre. Sur les conseils de son nouvel assistant fraîchement débarqué de Haïti, Souverain (l’irrésistible Irdens Exantus, qui vole le film), Guibord prend cette opportunité pour ouvrir une “fenêtre de démocratie directe” et aller consulter les membres de son comté pendant la semaine précédant le vote au Parlement… Une des plus grandes qualités de Falardeau est la confiance qu’il démontre dans sa façon de raconter une histoire. Guibord s’en va-t-en guerre a un momentum narratif indéniable, mais c’est aussi un film qui respire, laissant le spectateur s’imprégner de l’univers où l’action se déroule et n’hésitant pas à prendre des détours et à faire des arrêts inattendus au cours du récit. La réalisation dynamique de Falardeau et la superbe direction photo de Ronald Plante, tout comme la musique très accrocheuse de Martin Léon, s’assurent de rendre la course à obstacles qu’est le film toujours captivante. Simultanément, Falardeau jongle habilement avec différents enjeux et des personnages secondaires multiples, dont la femme (Suzanne Clément) et la fille (Clémence Dufresne-Deslières) du député, qui ont des opinions opposées sur la décision qu’il devrait prendre, ainsi que des camionneurs (dont Robin Aubert), des mineurs, des politiciens locaux (dont Micheline Lanctôt),des autochtones… Mention spéciale à Paul Doucet, hilarant dans le rôle du premier ministre “harperesque”! Dans l’esprit, on pourrait comparer Guibord s’en va-t-en guerre à La Grande séduction, une autre comédie se déroulant en région qui savait être drôle et intelligente à la fois. Souhaitons à Falardeau que son film remporte autant de succès! ]